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Manitoba : journée d'action pour les femmes autochtones disparues et assassinées

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Selon Derek Nepinak, une enquête publique nationale aurait l’avantage de faire la lumière sur les conditions entourant la disparition des femmes autochtones.

Photo : Abdoulaye Cissoko

Radio-Canada

À l'occasion de la Journée nationale d'action pour les femmes autochtones disparues et assassinées, les leaders autochtones du Manitoba rappellent l'importance de lancer une enquête publique nationale sur le sujet.

L'Association des femmes autochtones du Canada dénombre au moins 600 femmes autochtones disparues depuis vingt ans, dont 80 au Manitoba.

« On veut plus de solutions tournées vers l'action », a déclaré David Harper, grand chef des Premières Nations du Nord du Manitoba.

Selon les chefs, une enquête publique nationale aurait l'avantage de faire la lumière sur les conditions entourant la disparition de ces femmes.

« Une enquête nationale est nécessaire pour mettre des mots sur la situation et briser la loi du silence », dit le grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba, Derek Nepinak.

La violence au quotidien

Selon Statistique Canada (2009), les femmes autochtones risquent trois fois plus d'être victimes de crime violent que les autres femmes au pays.

« J'aimerais que les gens puissent se mettre à ma place afin de mieux comprendre ce que nous vivons », explique Chantel Henderson.

Elle-même a été portée disparue lorsqu'elle avait 16 ans. Elle estime que trop de femmes autochtones vivent cette réalité et que la population canadienne n'est pas suffisamment sensibilisée à cette question.

« Je pense qu'il est vraiment temps que le gouvernement prenne cette cause au sérieux » dit Chantel Henderson, qui dit avoir craint pour sa vie à plusieurs reprises, en marchant dans la rue.

Le gouvernement fédéral a déjà fait savoir qu'il n'était pas en faveur d'une enquête nationale sur la disparition de femmes autochtones. Ottawa préfère miser sur l'éducation, avec un plan d'investissement de 25 millions de dollars répartis sur 5 ans.

Des Premières Nations exclues

Les 1er et 2 novembre, un Sommet national des femmes autochtones se tiendra à Winnipeg. Ce sera le troisième événement de ce genre à être organisé en 7 ans.

grand_chef_nepinakAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba, Derek Népinak.

Photo : CBC

Derek Nepinak a appris que le gouvernement du Manitoba ne comptait pas inviter l'Assemblée des chefs du Manitoba, car il n'y a pas de place pour les groupes régionaux et locaux à cette réunion.

« Il semblerait qu'il y ait une intention manifeste d'organiser un événement de grande envergure, avec des invités représentants des organismes autochtones nationaux, tout en excluant le point de vue des structures régionales, locales et communautaires, ce qui est inacceptable selon nous ».

Derek Nepinak, le grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba.

En guise de protestation, l'Assemblée des chefs des Premières Nations du Manitoba, en collaboration avec d'autres groupes, a l'intention d'organiser un événement en marge du Sommet.

Société