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La Lune est bel et bien née dans la tourmente

Théia frappe de plein fouet la Terre

Théia frappe de plein fouet la Terre

Photo : NASA/JPL-Caltech

Radio-Canada

Une collision entre la Terre et un corps céleste est bel et bien à l'origine de la création de la Lune, confirme une étude américaine.

Le Français Frédéric Moynier et son équipe de l'Université Washington à Saint-Louis ont découvert la preuve, selon eux, du choc des deux astres : un léger excès de zinc lourd, découvert dans des roches lunaires.

Les scientifiques tentaient de vérifier cette hypothèse depuis que les premières missions américaines Apollo avaient rapporté des échantillons de Lune dans les années 1970.

La théorie de l'impact géant

D'après la théorie de « l'impact géant », la Lune a été créée il y a 4,5 milliards d'années lorsque la Terre primitive a été violemment percutée par un corps céleste baptisé Théia (mère de la Lune, Séléné, dans la mythologie grecque).

Cet objet était probablement aussi massif que la planète Mars, pensent les chercheurs. À titre comparatif, l'astéroïde qui aurait bien plus tard provoqué la disparition des dinosaures avait seulement la taille de Manhattan.

L'impact a libéré tellement d'énergie que Théia a fondu et s'est évaporée, au même titre qu'une grande partie de l'enveloppe terrestre.

Par la suite, une partie du nuage de roches vaporisées se serait de nouveau agrégée à la Terre, tandis que l'autre se serait solidifiée non loin de là, donnant naissance à la Lune.

Cette théorie est devenue de plus en plus populaire depuis quelques années parce qu'elle est compatible avec des simulations informatiques et les données recueillies par l'analyse d'échantillons lunaires très pauvres en éléments volatils (qui s'évaporent facilement), comme le sodium, le potassium, le plomb ou le zinc.

Mais si ces roches étaient dépourvues d'éléments volatils après avoir été vaporisées durant l'impact géant, on aurait aussi dû trouver un fractionnement entre les différents isotopes (variantes) d'un même élément, seuls les plus lourds demeurant dans la roche.

Frédéric Moynier

Ce fractionnement isotopique n'avait pas été mis en lumière jusqu'à présent sur le seul satellite naturel de la Lune.

L'équipe du chercheur Moynier a donc analysé 20 échantillons de roches prélevés en différents points de la Lune pour les comparer avec des roches terrestres et 10 météorites martiennes.

La planète Mars est comme la Terre, elle est très riche en éléments volatils, notamment en zinc, contrairement à la Lune.

Les résultats de ces travaux, publiés dans le magazine Nature, montrent que le zinc découvert dans les échantillons lunaires comporte des variantes atomiques beaucoup plus lourdes que le sol terrestre ou Mars.

Tout indique donc, selon les chercheurs, que les conditions qui prévalaient au moment de la formation de la Lune ont provoqué une volatilité et un fractionnement très supérieur à ceux de la Terre ou de Mars.

La raison : la fusion à grande échelle provoquée par un impact géant, estiment les auteurs.

Le saviez-vous?

Sans l'influence stabilisatrice de la Lune qui orbite autour de notre planète, la Terre serait en effet bien différente et moins propice à l'épanouissement de l'humanité. Elle tournerait plus rapidement, les jours seraient plus courts, et le climat moins stable.

Avec les informations de Agence France-Presse

Science