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Plus de dépenses et moins de revenus dans les coffres de Québec

Le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau.

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a fait le point sur la situation budgétaire du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Sans surprise, le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, et le président du Conseil du Trésor, Stéphane Bédard, dressent un portrait plus sombre de la situation budgétaire de la province que celui annoncé par le précédent gouvernement. Même s'ils disent avoir découvert que les dépenses avaient été sous-estimées et les rentrées surévaluées, ils promettent que l'équilibre budgétaire sera atteint en 2013-2014.

Le ministre Marceau soutient que le premier examen des finances publiques indique que les risques concernant la situation budgétaire sont « plus sérieux que ne l'avait laissé entendre [son] prédécesseur », Raymond Bachand. Les libéraux ont « lâché les commandes du navire » par électoralisme, précise son collègue, qui évoque une « situation inquiétante ».

Toutefois, M. Marceau précise que, « le gouvernement entend respecter les objectifs budgétaires malgré le ralentissement économique. Le déficit zéro sera donc atteint dès 2013-2014.

Le ministre Marceau ajoute que l'ancien ministre des Finances a sous-estimé les dépassements dans les dépenses. Évalués par les libéraux à 800 millions de dollars au 30 juin, ils sont en réalité de 1,1 milliard de dollars au 30 août, précise-t-il.

Il ajoute que la prévision de croissance économique a, elle, été surévaluée, créant ainsi « des pressions sur les revenus de l'ordre de 500 millions de dollars ».

Au total, résume le ministre, les risques s'élèvent à 1,6 milliard de dollars.

M. Bédard précise pour sa part que l'ensemble des ministères devrait respecter les objectifs de dépenses qui leur ont été fixés pour 2012-2013. La cible d'augmentation des dépenses était de 2 %.

Le Parti libéral sceptique et critique

Sam Hamad a exprimé de « sérieux doutes » quant à l'approche économique du PQ.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sam Hamad a exprimé de «sérieux doutes» quant à l'approche économique du PQ.

L'opposition officielle n'a pas manqué de critiquer le gouvernement de Pauline Marois. Le porte-parole du Parti libéral pour le Conseil du Trésor, Sam Hamad, a dit avoir de « sérieux doutes » quant au respect de l'équilibre budgétaire et du maintien du déficit prévu cette année.

Le gouvernement péquiste « propose un ralentissement économique », a-t-il soutenu. Au lieu d'encourager la croissance et d'inciter les entreprises à investir, il veut taxer les entreprises et arrêter la création d'emplois et ainsi que le développement économique, a argué le député de Louis-Hébert.

Ironiquement, depuis l'assermentation du Cabinet Marois, l'opposition et plusieurs acteurs économiques martèlent d'ailleurs que ce sont les promesses électorales du Parti québécois qui assombriront la situation budgétaire du Québec.

Des décisions qui auront un impact sur les finances publiques

Plusieurs récents engagements du gouvernement en poste depuis près d'un mois, auront des répercussions significatives sur les finances publiques, dont la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2, mais aussi l'annulation des hausses de droits de scolarité, l'élimination de la taxe santé ainsi que de nouvelles mesures fiscales pour taxer davantage les plus nantis.

Hydro-Québec a déjà prévu que la fermeture de Gentilly-2, qui cessera de produire de l'électricité d'ici au 28 décembre, allait engendrer une radiation d'actifs et, par conséquent, réduire le dividende versé à Québec. La province devrait recevoir environ 1,3 milliard de dollars de moins que prévu cette année de la part de la société d'État.

En plus, le gouvernement doit trouver des moyens de composer avec la perte de revenus d'environ 1 milliard de dollars qu'engendrera l'abolition de la taxe santé de 200 $ par année par contribuable. Le Parti québécois compte hausser les impôts des plus nantis, taxer davantage les gains en capital et réduire le crédit d'impôt sur les dividendes. Ces mesures devaient être toutes rétroactives à l'année d'imposition 2012.

Le taux d'imposition sur les revenus de plus de 130 000 $ à 249 000 $ passera de 24 % à 28 % et ceux qui gagnent plus de 250 000 $ par an seront imposés à 31 % plutôt que 24 %.

Depuis que ces propositions ont été décriées notamment par le milieu des affaires et des partis d'opposition, le ministre Marceau a indiqué qu'il pourrait modifier certaines mesures fiscales pour éviter que les moins nantis en fassent aussi les frais. Il n'a toutefois pas dévoilé plus de détails sur ses intentions.

Avec ces nouvelles mesures fiscales imposées aux plus nantis, certains particuliers et entreprises pourraient être tentés de chercher des moyens pour payer moins d'impôts au Québec, par exemple en déménageant. En début de semaine, l'Institut C. D. Howe avançait que cela pourrait se traduire par un manque à gagner allant jusqu'à 800 millions de dollars par an pour le Trésor québécois.

L'économie se dégrade ici comme ailleurs

La faible croissance économique dans la province pourrait aussi faire grimper le déficit budgétaire, estimé à 589 millions de dollars en mars dernier.

Le budget du précédent gouvernement tablait sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,5 % au Québec cette année. Depuis, les perspectives mondiales se sont assombries et les prévisions ont été revues à la baisse sur l'ensemble de la planète.

Le mois dernier, la Banque Royale misait sur une croissance de 1 % du PIB québécois. Cela pourrait se traduire par des revenus moins élevés pour Québec.

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