•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

XL Foods : cas d'E. coli à Terre-Neuve et Labrador

L'usine de XL Foods à Brooks, en Alberta

L'usine de XL Foods à Brooks, en Alberta, emploie 2200 travailleurs syndiqués.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un nouveau cas d'infection à l'E. coli lié à l'usine XL Foods de Brooks en Alberta a été signalé à Terre-Neuve et Labrador, confirme l'Agence de la santé publique du Canada.

La personne atteinte de la bactérie est hors de danger.

Au moins cinq cas d'intoxication à la bactérie E. coli liés à la consommation de produits de boeuf XL Foods ont été confirmés par l'Alberta. Quatre autres cas d'intoxication à la bactérie E. coli faisaient l'objet d'une enquête dans la province.

L'usine de Brooks fermée jusqu'à nouvel ordre

En conférence de presse jeudi, le ministre fédéral de l'Agriculture a déclaré que l'usine de XL Foods ne serait pas rouverte tant et aussi longtemps que le président de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), George Da Pont, n'aurait pas acquis l'assurance que tous les problèmes de salubrité des aliments y sont réglés.

En Saskatchewan, les autorités sanitaires rapportent pour leur part 13 cas d'intoxication alimentaire à l'E. coli mais sans nécessairement les relier à la consommation de produits de boeuf.

Le retrait massif de 1800 produits de boeuf s'est bien entendu fait sentir dans les étalages des épiceries du pays où certains rayons étaient à court de boeuf ces derniers jours. Une manne inespérée pour les boucheries indépendantes et artisanales vers qui se sont tournés de nombreux consommateurs.

Des règles sanitaires bafouées à l'usine albertaine

Le syndicat représentant les employés du transformateur de viande XL Foods ainsi que d'anciens travailleurs affirment que la sûreté des aliments était souvent compromise à l'usine de Brooks.

La semaine dernière, l'ACIA a ordonné la suspension temporaire des opérations à l'usine albertaine en raison de la présence de la bactérie E. coli dans la viande de boeuf. Cette contamination a engendré le plus important rappel de viandes de l'histoire du pays.

Tom Hesse, négociateur pour les Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce Canada (TUAC), affirme que des employés se sont confiés au syndicat à propos de certains problèmes pouvant mener à la contamination de la viande.

Le syndicat a rencontré une douzaine d'employés de XL Foods durant la semaine.

« Quelques travailleurs nous ont dit " Non, je ne mangerais pas ce qui est produit par mon propre lieu de travail " », rapporte M. Hesse. « Ils nous ont dit que les dirigeants avaient un manque d'intérêt pour les pratiques sanitaires en alimentation », ajoute-t-il.

Des employés ont rapporté que les couteaux n'étaient pas stérilisés entre chaque coupe de viande et que lorsqu'ils tentaient de le faire, ils ne pouvaient plus suivre la cadence de travail, explique M. Hesse.

Un homme qui travaillait pour une entreprise faisant affaire avec XL Foods a aussi révélé à CBC que lors d'un de ses passages à l'usine de Brooks, il avait aperçu un employé de l'usine aller aux toilettes en portant ses vêtements de travail.

« [Je l'ai vu] lançant [ses vêtements de travail] sur le plancher des toilettes, devant les urinoirs », a expliqué l'homme dont l'identité est protégée par CBC/Radio-Canada. « Il s'est soulagé, puis a ramassé ses vêtements sur le plancher. Il a pris sont fourreau à l'aide de ses couteaux et est retourné dans l'aire de production de l'usine. »

XL Foods assume l'entière responsabilité

Par ailleurs, la direction du transformateur albertain de viande XL Foods a admis jeudi sa responsabilité à la suite de l'éclosion de la bactérie E. coli dans ses produits.

Dans un communiqué, l'entreprise assure qu'elle fera tout ce qui est nécessaire pour corriger les problèmes dans son usine de transformation de Brooks, en Alberta, qui demeure fermée jusqu'à nouvel ordre par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).

« Nous croyions que XL Foods était un leader dans l'industrie de la transformation du boeuf en matière de sécurité alimentaire, mais nous avons appris que ce n'était pas assez. Nous assumons l'entière responsabilité des procédés de fabrication et de la qualité des produits qui sortent de notre usine », écrit la direction de XL Foods dans le communiqué.

XL Foods assure les consommateurs qu'elle travaille activement en collaboration avec 48 inspecteurs de l'ACIA pour mettre en place des mesures de contrôle plus rigoureuses et « élever le système de contrôle de qualité de son usine au-dessus des normes actuelles pour rétablir la confiance des consommateurs canadiens ».

L'opposition réclame la démission de Gerry Ritz

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Gerry RitzAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre fédéral de l'Agriculture Gerry Ritz

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Pendant ce temps, à la Chambre des communes, les partis d'opposition ont réclamé la démission du ministre de l'Agriculture, Gerry Ritz.

Le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair, a accusé le ministre Ritz d'avoir volontairement retenu de l'information dans cette affaire.




Délais inexplicables

Il s'est en effet écoulé une douzaine de jours entre le moment où on a découvert la présence de la bactérie E. Coli dans les produits de XL Food et celui où l'Agence canadienne d'inspection des aliments a ordonné le rappel de ces produits.

Les Américains d'abord

Le chef libéral intérimaire, Bob Rae, a de son côté demandé au gouvernement Harper comment il se faisait que les produits suspects aient été retirés des stocks destinés à l'exportation aux États-Unis, à la mi-septembre, avant même que les consommateurs canadiens aient été prévenus des risques de contamination.

« Comment se fait-il qu'on se préoccupe davantage de la sécurité des Américains que de celle des Canadiens? », a demandé Bob Rae au gouvernement Harper.

Le ministre Ritz a rétorqué que l'ACIA et son ministère avaient agi le plus rapidement possible à partir des informations dont ils disposaient à ce moment. Le ministre a également réitéré l'engagement de son ministère de veiller à ce que « les Canadiens soient bien servis par l'industrie alimentaire ».

Selon Bob Rae, il est clair que les compressions budgétaires du gouvernement Harper à l'ACIA ont joué un rôle dans ce raté à l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Ce que dément le gouvernement Harper qui assure avoir investi d'importantes sommes dans l'ACIA depuis 2006 pour l'embauche d'inspecteurs en alimentation.

Rappel des événements

Ce vaste rappel de produits de viande de boeuf suit la découverte, par les services sanitaires frontaliers américains et l'ACIA, de la présence de bactéries E. coli dans des produits de viande de XL Foods, le 4 septembre dernier.

Le 12 septembre, les autorités américaines ont découvert la présence d'E. coli dans deux autres échantillons de viande en provenance de XL Foods. Le lendemain, l'ACIA interdisait à XL Foods d'exporter des viandes aux États-Unis, sans toutefois ordonner de rappel de produits.

Or, ce n'est que le 17 septembre que la direction de XL Foods a volontairement décidé d'ordonner un rappel massif de ses produits de boeuf au Canada. Cela suscite de nombreuses questions sur la lenteur de l'ACIA à réagir dans cette affaire.

La transformation du boeuf au Canada

L'industrie de la transformation des viandes est une activité économique d'importance au Canada. La transformation du boeuf, du veau, du porc et de l'agneau génère chaque année des revenus de 16,3 milliards de dollars et assure plus de 46 000 emplois au pays.

C'est en Alberta qu'on retrouve les plus importants élevages de boeufs au Canada. En 2003, l'industrie de la province transformait plus de 2,7 millions de boeufs chaque année, ce qui représente 72 % des viandes traitées par l'industrie canadienne du boeuf.

Outre XL Foods, les grands transformateurs de viande au Canada sont Maple Leaf, Cargill Foods et Tyson Foods.

Source: Association des producteurs de boeuf de l'Alberta

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !