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Le Conseil de sécurité appelle la Turquie et la Syrie à la retenue

Conseil de sécurité de l'ONU le 11 juillet 2012

Conseil de sécurité de l'ONU le 11 juillet 2012

Photo : AFP / J.C. McIlwaine

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies condamne « dans les termes les plus fermes » les effectués par les forces syriennes contre un village turc. Les 15 pays membres du Conseil ont appelé les deux pays voisins « à la retenue ».

L'intervention jeudi du Conseil de sécurité survient au lendemain de tirs d'obus qui ont coûté la vie à cinq civils dans le . Le Parlement turc a d'ailleurs autorisé l'armée à conduire des opérations en Syrie « si nécessaire ». Réunie en session spéciale à huis clos, l'Assemblée nationale turque a adopté la motion avec l'appui de 320 députés contre 129.

Le feu vert ainsi accordé aux militaires turcs par leur gouvernement ne constitue cependant pas un mandat pour mener une guerre contre la Syrie, mais revêt plutôt un caractère « dissuasif », a indiqué le vice-premier ministre turc, Besir Atalay.

« Cette motion n'est pas une motion pour la guerre. »

— Une citation de  Besir Atalay

La motion permet au gouvernement turc d'ordonner des opérations militaires en sol syrien pour une période d'un an. « Les activités hostiles visant le territoire turc sont sur le point de devenir une attaque militaire (...) et, de ce fait, sont de caractère à menacer notre sécurité nationale », lit-on dans le texte de la motion.

Manifestation contre la guerre

La riposte armée de la Turquie contre la Syrie et l'autorisation donnée à l'armée de mener des opérations en sol syrien a provoqué des manifestations à Istanbul. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées pour dénoncer les actions du gouvernement.

« L'AKP [parti au pouvoir en Turquie] veut la guerre, le peuple veut la paix », scandaient les manifestants en passant devant les cordons de police. « Non à la guerre, la paix maintenant! », un sondage mené sur Internet par le journal Hurriyet démontre que 60 % des Turcs sont opposés à la guerre.

Excuses syriennes

Entre-temps, la Syrie a présenté ses excuses à la Turquie pour l'incident à l'origine de l'escalade des derniers jours entre les deux voisins. « La partie syrienne admet ce qu'elle a fait et s'excuse, a souligné le vice-premier ministre turc, M. Atalay. Elle assure qu'un tel incident ne se répétera pas. »

Damas se rend ainsi aux conseils de son allié, la Russie, qui lui suggérait de reconnaître le caractère accidentel des tirs.

« Nous avons parlé aux autorités syriennes qui nous ont assuré [...] que ce qui s'est produit à la frontière avec la Turquie était un tragique accident et que cela ne se reproduirait pas », avait d'ailleurs déclaré, mercredi, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors d'une visite à Islamabad.

Appels au calme unanimes

La déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU fait écho aux appels à la retenue de l'OTAN, des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni et d'Allemagne.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a, pour sa part, estimé que les tirs syriens constituaient « une menace sérieuse à la paix et à la sécurité internationales ».

Le chef de la diplomatie égyptienne, Mohamed Kamal Amr, a « appelé le gouvernement syrien à ne pas violer les frontières des pays voisins, avertissant contre les nombreux dangers pour l'ensemble de la région ».

« Les deux parties doivent tenir compte des extrémistes armés et des groupes terroristes dans la région (...) La sécurité de la région repose sur le renforcement du contrôle aux frontières de la Syrie », a dit enfin le ministre adjoint iranien des Affaires étrangères chargé des affaires arabes, Hossein Amir Adbolahian.

Le département d'État américain a qualifié toutefois la réplique turque aux tirs de mortiers syriens « d'appropriée et proportionnée » afin de prévenir de futures violations de son territoire par la Syrie.

L'OTAN saisie de l'affaire

La Turquie a pris l'attaque de mercredi très au sérieux, en réclamant une réunion d'urgence des membres de l'OTAN.

« L'organisation continue à soutenir la Turquie et demande l'arrêt immédiat de ce type d'actes agressifs contre un allié de l'OTAN », a déclaré l'Alliance atlantique, tout en appelant le régime de Bachar Al-Assad à « mettre un terme aux violations flagrantes des règles internationales ».

L'incident d'Akçakale

Des tirs d'obus syriens ont frappé mercredi le village d'Akçakale, dans le sud-est de la Turquie. Les tirs ont tué cinq personnes, deux femmes et trois enfants.

La Turquie a répliqué contre des cibles syriennes pour une deuxième journée consécutive jeudi.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), la riposte turque, a tué « trois soldats syriens ».

Selon la télévision turque NTV, la Syrie a annoncé l'ouverture d'une enquête sur l'origine d'un tir d'obus transfrontalier contre son voisin, et présenté « ses sincères condoléances » aux familles des victimes civiles.

Les grandes dates de l'escalade

2011

  • 29 avril : Arrivée dans le sud de la Turquie d'un premier groupe de réfugiés syriens fuyant les violences.
  • 13 septembre : « Le peuple syrien ne croit pas [Bachar] Al-Assad, moi non plus », déclare le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.
  • 21 septembre : Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, affirme que la Turquie a rompu son dialogue avec la Syrie.
  • 2 octobre : L'opposition syrienne annonce depuis Istanbul la création du Conseil national syrien (CNS), coalition de courants politiques opposés au régime.
  • 4 octobre : Le colonel Riad Al-Assaad -- qui avait annoncé sa défection fin juillet -- déserte en Turquie et forme l'ASL, une force composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes.
  • 15 novembre : Premières sanctions turques contre Damas, avec l'arrêt des explorations de pétrole. Le 30, série de sanctions économiques.

2012
  • 15 mars : La Syrie pose des mines à sa frontière pour empêcher le passage de réfugiés, selon un responsable turc.
  • 9 avril : Des tirs des forces syriennes atteignent un camp de réfugiés syriens en territoire turc.
  • 22 juin : Destruction d'un avion de chasse turc par la défense antiaérienne syrienne, alors que, selon Ankara, il se trouvait dans l'espace aérien international.
  • 19 septembre : Trois personnes sont blessées à Akçakale, en Turquie, par des tirs provenant du poste-frontière syrien de Tall al-Abyad, où les rebelles syriens affrontent les forces régulières.
  • 28 septembre : Un obus tiré du poste frontière syrien Tall al-Abyad blesse une personne et provoque des dégâts à Akçakale. Entre-temps, l'armée turque a déployé des canons et des missiles antiaériens à proximité du poste-frontière.
  • 3 octobre : Plusieurs obus tirés depuis la Syrie frappent Akçakale et tuent cinq civils, dont une mère et ses trois enfants. L'armée turque bombarde en représailles plusieurs « cibles » en territoire syrien. Selon une ONG syrienne, « plusieurs soldats syriens » sont tués.
  • 4 octobre : La Turquie poursuit ses bombardements sur la Syrie et sollicite le feu vert de son Parlement pour les poursuivre.
Avec les informations de La Presse canadienne, et Agence France-Presse

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