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Francophonie dans l'Ouest : la forme des grandes assemblées discutée

Carte des organismes de représentation des francophones au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta, en Colombie-Britannique et au Yukon.

Les francophones de l'ouest canadien sont entre autres représentés par la Société franco-manitobaine (SFM), l'Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), l'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA), la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB) et l'Association franco-yukonnaise (AFY).

Radio-Canada

Chaque année, tous les regroupements provinciaux de francophones dans l'ouest du Canada font le même exercice, ils tiennent leur assemblée générale annuelle. Celle-là n'a toutefois plus son lustre d'antan au Manitoba.

Durant les années 1970, en pleine effervescence de la revendication linguistique, les francophones de la province se déplaçaient en masse pour assister à ces réunions et participer au développement de leur communauté.

Ce qui durait auparavant une semaine prend aujourd'hui la forme d'un 5 à 7 pour l'assemblée générale annuelle de la Société franco-manitobaine (SFM).

« Ce n'est plus une question sociale ou une réunion sociale maintenant. Il s'agit d'une réunion d'affaires où l'on doit rendre compte à la communauté de nos activités. Et c'est de cette façon qu'on a décidé de le faire », justifie le PDG de la SFM, Daniel Boucher.

Autres formules en Saskatchewan, en Alberta et au Yukon

La SFM semble toutefois faire bande à part, alors qu'ailleurs dans l'Ouest, les organismes qui représentent les francophones privilégient des formules plus festives et surtout plus longues pour leur assemblée annuelle.

En Saskatchewan, le Rendez-vous fransaskois aura lieu du 9 au 11 novembre prochain et servira d'assemblée annuelle à la Fondation fransaskoise. Des consultations publiques ont été menées toute l'année pour souligner l'année des Fransaskois.

De son côté, l'Assemblée communautaire fransaskoise ne tient plus d'assemblée générale annuelle en tant que telle. L'assemblée des députés communautaires qui a lieu en juin peut être considérée comme l'AGA, puisque c'est à ce moment que le rapport financier est déposé.

En Alberta, le congrès Rond Point, prévu cette année pour le 13 octobre, se déroule aussi pendant trois jours et a été couronné de succès l'an dernier.

Pour sa part, l'Association franco-yukonnaise (AFY), qui connaît une forte hausse du nombre de ses membres, tient cette activité sur une journée.

« Francophonie bureaucratisée », selon un commentateur

Pour l'historienne Jacqueline Blay, c'est le retour du balancier, après l'époque où « le Manitoba français connaissait sa vitalité ».

« Cette vitalité, c'était [...] les grandes années, les grands dossiers et tout ça. Les moments de gloires, les moments difficiles. La Saskatchewan et l'Alberta n'avaient pas cette histoire-là », explique l'historienne du Manitoba.

Selon le politologue manitobain Raymond Hébert, qui a souvent été commentateur lors des assemblées, la multiplication des organismes de soutien aux francophones est en partie responsable du désintéressement de la population aux assemblées.

« On est devenu passablement bureaucratisé. On parle maintenant des bureaucrates de la francophonie [...] Alors le risque, c'est qu'on devienne embourgeoisé, que l'on s'assoie sur nos acquis, si vous voulez, et qu'on perde le contact avec la base », avance-t-il.

Ce qui manque, c'est l'élément rassembleur. L'élément où tous les francophones manitobains peuvent se rassembler, [...] peut-être pas autour d'une table commune, mais d'un évènement commun.

Raymond Hébert, politologue

Cette critique n'est pas nouvelle, puisque même durant les belles années, le fonctionnement des assemblées annuelles était remis en cause, rappelle Réal Sabourin, qui dirigeait la SFM de 1985 à 1987.

« Vous savez, des assemblées annuelles, c'est tellement business, c'est tellement rigide. Je pense que ça nuit un peu à la volonté de créer un dialogue », partage M. Sabourin.

La solution doit être efficace, martèle la SFM

Raymond Hébert suggère que la SFM tienne un « congrès de peut-être deux ou trois jours », tous les cinq ans.

« Un congrès assez long, où il y aurait des activités culturelles. Il y aurait une visibilité, une grande visibilité pour les francophones dans la ville de Winnipeg », propose-t-il.

La SFM n'est pas contre le principe d'un congrès, mais vise avant tout l'efficacité.

On ne veut pas avoir une discussion pour avoir une discussion. Ça ne donne absolument rien. On veut une discussion pour arriver à des solutions et des résultats. Les gens sont un peu tannés des consultations.

Daniel Boucher, PDG de la Société franco-manitobaine

L'historienne Jacqueline Blay rappelle en outre que la remise en question des organismes centraux comme la SFM est incontournable.

« Elle a un mandat très large. Elle travaille par défaut dans l'ombre, souvent. C'est la nature de la bête ».

D'après un reportage de Louis-Philippe Leblanc

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