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Allégations de corruption : Tremblay a « la conscience en paix »

Gérald Tremblay en conférence de presse, lundi

Radio-Canada

Même si l'opposition a réitéré ses appels à la démission (Nouvelle fenêtre) du maire de Montréal à la suite d'allégations-chocs formulées lundi à la commission Charbonneau, Gérald Tremblay entend rester à la tête de la ville.

« Je n'ai pas l'intention de démissionner », a lancé le maire, dont le parti, Union Montréal, a été éclaboussé par les déclarations de l'ex-entrepreneur en construction Lino Zambito. En matinée, celui-ci a affirmé qu'une partie de l'argent qu'il remettait à Nicolo Milioto (un intermédiaire entre les entrepreneurs en construction et le clan Rizzuto selon l'enquêteur Éric Vecchio) était destinée au parti du maire. Il a soutenu qu'Union Montréal récupérait 3 % de la valeur des contrats accordés.

Le maire Tremblay a refusé de commenter ces allégations, se contentant de rejeter toute responsabilité.

Je ne veux pas me cacher, je ne veux pas vous donner l'impression que j'ai quoi que ce soit à me reprocher, j'ai ma conscience en paix et je ne peux pas toujours répondre à des allégations.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay

« La commission va suivre son cours, il y a des choses qui vont se dire, il va y avoir d'autres témoins, attendons les conclusions et les recommandations de la commission avant de porter un jugement de quelque nature que ce soit sur les affirmations d'une personne », a poursuivi Gérald Tremblay.

« J'ai souhaité la commission Charbonneau pour que toute la lumière soit faite sur ces allégations de collusion dans l'industrie de la construction », a-t-il répété à plusieurs reprises.

Le maire a ajouté que le directeur général des élections (DGE) vérifiait chaque année les états financiers d'Union Montréal et qu'il « n'a jamais porté de plainte de quelque nature que ce soit ».

Un porte-parole du DGE joint par Radio-Canada a confirmé que le bureau du directeur général des élections n'avait rien trouvé d'illégal lors de son examen des rapports financiers soumis par Union Montréal. Il a indiqué que le DGE n'enquêterait pas sur ces allégations pour le moment et qu'il laisserait la commission Charbonneau faire son travail.

La tenue d'une enquête à l'issue des travaux de la commission n'est cependant pas exclue, a précisé le porte-parole.

Pas de vérification en vue à Union Montréal

Union Montréal n'a pas l'intention de procéder à une vérification interne à la suite des allégations de Lino Zambiton devant la commission Charbonneau. « Le DGE procède à des vérifications chaque année et nous avons toujours eu un excellent dossier », a déclaré à Radio-Canada.ca la responsable des communications à la permanence du parti, Louise Fournier. « Nous, nos affaires sont très claires, précise Mme Fournier. Nous recevons les dons qui passent par le bureau du DGE. »

« Nous savons que M. Milioto n'a pas fait de dons au parti », poursuit Mme Fournier pour qui toute vérification supplémentaire serait inutile. « Ce ne sont que des allégations. Nous verrons à la fin de la commission », résume-t-elle.

L'opposition réclame la démission du maire

Louise Harel et Richard Bergeron ont aussitôt appelé le maire Tremblay à démissionner.

« Le temps de la démission de Gérald Tremblay est arrivé. Il a perdu toute crédibilité pour gouverner », a déclaré la chef de Vision Montréal.

La démission du maire s'impose maintenant. Le temps de l'innocence est révolu. Le temps de l'aveuglement volontaire est révolu. Le temps de la démission de Gérald Tremblay est arrivé.

Louise Harel, chef de l'opposition officielle au conseil municipal de Montréal

Louise Harel a exprimé de sérieux doutes sur l'intégrité du maire alors que l'ex-responsable du financement d'Union Montréal, Bernard Trépanier, alias « Monsieur 3 % », et que son bras droit, Frank Zampino, sont tous deux l'objet d'accusations criminelles.

« Ça n'a plus de bon sens, les Montréalais n'en peuvent plus. [...] Nous sommes en colère, nous voulons que ça finisse », a poursuivi Louise Harel.

« On ne pourra pas tolérer les 13 prochains mois dans cette rupture totale de confiance », a de son côté martelé Richard Bergeron.

Le chef de Projet Montréal croit qu'il faut faire un « ménage général » à la Ville de Montréal, ce qui exige que « les élus se serrent les coudes et aient la volonté de faire le ménage ». Selon M. Bergeron, il faut offrir « des perspectives plus intéressantes aux Montréalais » et déclencher des élections partielles aussi tôt que possible.

Il s'est en outre insurgé des sommes qui, selon Lino Zambito, ont été remises à Union Montréal.

Si c'est bien 3 % [de commission au parti du maire Tremblay], c'est supérieur à ce que prenait la mafia. Il faut quand même le faire.

Richard Bergeron, chef de Projet Montréal

Les prochaines élections municipales sont prévues pour novembre 2013.

La Presse a aussi annoncé lundi que des dirigeants de SNC-Lavalin seraient soupçonnés d'avoir fait des paiements douteux de 22 millions de dollars pour obtenir le contrat de construction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Société