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Il « était temps » qu'Omar Khadr revienne au pays

Hélène Laverdière

Hélène Laverdière

Radio-Canada

L'annonce du rapatriement d'Omar Khadr au Canada suscite une vaque de réactions au pays, où la nouvelle est accueillie favorablement par ceux qui ont milité pour que l'homme âgé de 26 ans quitte la prison de Guantanamo. Ils pointent toutefois du doigt la lenteur d'Ottawa à se soucier de son cas.

Porte-parole du NPD pour les Amériques et les affaires consulaires, Hélène Laverdièrea été la première politicienne de l'opposition à réagir au transfert d'Omar Kahdr.

Elle a déclaré qu'il « était temps qu'Omar Khadr » revienne au pays. Elle a précisé qu'en vertu des ententes entre les gouvernements américain et canadien, Omar Khadr « aurait dû être rapatrié depuis un an ».

« Le gouvernement s'est traîné les pays dans ce dossier-là. Il a essayé de refuser d'obéir à ses engagements par toutes sortes de méthodes », a-t-elle souligné.

Par ailleurs, la députée du NPD estime que la lenteur du traitement du dossier de M. Khadr risque d'affecter les relations entre les États-Unis et le Canada.

Mme Laverdière a indiqué que son parti allait « suivre de près » l'évolution judiciaire du cas d'Omar Khadr.

Le chef libéral Bob Rae a déploré dans un communiqué que le retour d'Omar Khadr au Canada se soit « fait attendre longtemps. M. Khadr, un citoyen canadien, était un enfant soldat. C'est extrêmement malheureux de voir que le gouvernement ait pris tant de temps avant d'assumer ses responsabilités et de le ramener au Canada ».

Le député de Toronto-Centre se réjouit que M. Khadr puisse désormais purger le reste de sa peine sous la surveillance du système correctionnel canadien. « Nous pourrons ainsi lui assurer un traitement et une réhabilitation adéquats. »

« Khadr n'a pas eu un procès équitable »

Béatrice Vaugrante

Béatrice Vaugrante

« Enfin le Canada commence à réparer les droits d'Omar Khadr en le rapatriant au Canada », a réagi Béatrice Vaugrante, directrice générale de la section canadienne francophone d'Amnistie internationale.

« C'est un enfant-soldat. Il avait 15 ans au moment des faits. Il ne peut pas y avoir deux systèmes de justice juvénile au Canada selon la qualité du crime que vous avez commis », a indiqué Mme Vaugrante.

Elle a insisté sur ce point en disant qu'il existe au Canada « un système de justice juvénile pour les adolescents, les enfants qui ont commis des crimes [...], c'est un système de justice qui respecte le droit international avec les preuves, qui permet d'avoir des avocats et qui fait attention à ne pas accepter des informations qui auraient été obtenues sous la torture ».

La représentante d'Amnistie internationale estime qu'Omar Khadr n'a pas eu un procès équitable.

« Les commissions militaires à Guantanamo [...] ne respectent pas les normes de procès équitable, selon le droit international », a souligné Mme Vaugrante.

Le droit canadien va s'appliquer à Omar Khadr

Pascal Paradis, directeur général d'Avocats sans frontières Canada, se réjouit également du rapatriement d'Omar Khadr. « C'est la fin d'un douloureux épisode de la justice, c'est le retour de M. Kadhr dans une zone de droit, où les garanties judiciaires du système canadien vont s'appliquer à lui », a-t-il souligné sur les ondes du Réseau de l'information.

À partir d'aujourd'hui, rappelle M. Paradis, l'avenir d'Omar Kadhr repose entre ses mains et celles de ses avocats. « Ils vont évaluer comment et où purger sa peine, mais la bonne nouvelle, c'est que ça se fera en fonction du droit canadien », dit-il.

Le parcours d'Omar Khadr

  • Né à Toronto le 19 septembre 1986;
  • Grandit entre le Canada et le Pakistan. Son père, Ahmed Saïd Khadr, dirige des orphelinats au Pakistan et en Afghanistan. C'est là qu'il rencontre Oussama ben Laden et se joint au réseau Al-Qaïda;
  • À 11 ans, son père l'envoie s'entraîner dans les camps de Ben Laden, en Afghanistan;
  • Le père d'Omar Khadr lui ordonne de rester avec un groupe de combattants pour servir d'interprète, puisqu'il parle trois langues;
  • Capturé en Afghanistan le 27 juillet 2002, et emprisonné à Guantanamo le 28 octobre de la même année;
  • Le 8 septembre 2004, un tribunal conclut qu'il est un « ennemi combattant »;
  • En mai 2008, ses avocats canadiens affirment qu'il a besoin de soins médicaux et psychologiques;
  • Le 21 janvier 2009, son procès est reporté à la suite de la décision du président Barack Obama de suspendre temporairement les procédures;
  • Le 29 janvier 2010, la Cour suprême du Canada reconnaît que les droits d'Omar Khadr sont violés, mais n'exige pas du gouvernement son rapatriement;
  • Le 25 octobre 2010, Omar Khadr plaide coupable aux cinq accusations portées contre lui dans le cadre d'une entente conclue entre ses avocats et ceux du gouvernement américain. L'accord stipule qu'il passera huit années en prison et qu'il pourra faire une demande de transfert au Canada après une première année purgée aux États-Unis. Il est également prévu qu'il purgera la sentence la moins sévère entre l'entente et la sentence du jury, prévue quelques jours plus tard;
  • Le 31 octobre 2010, le tribunal américain d'exception condamne le jeune canadien à une peine de 40 ans de prison. Le lendemain, Ottawa indique qu'il respectera l'accord conclu entre Omar Khadr et le gouvernement américain;
  • Après son procès, les défenseurs d'Omar Khadr argent que sa reconnaissance de culpabilité était peut-être sa seule issue devant un procès qui ne remplissait pas les critères de justice.
Avec les informations de La Presse canadienne

Politique