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La motion visant l'étude des droits du foetus est rejetée

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La chambre  des communes (archives)

La chambre des communes (archives)

Photo : La Presse canadienne / TOM HANSON

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La motion du député conservateur Stephen Woodworth visant à redéfinir le moment où commence la vie humaine a été battue mercredi soir à la Chambre des communes, alors que 203 députés ont voté contre, et 91 pour, dont la ministre de la Condition féminine Rona Ambrose.

Le député ontarien d'arrière-ban souhaitait la mise sur pied d'un comité parlementaire qui aurait été chargé d'étudier à quel moment un foetus devient un « être humain ». Même s'il assurait que sa motion ne touchait pas la question de l'avortement, M. Woodworth admettait malgré tout que l'adoption de cette motion (M-312) aurait pour effet de déclencher un engrenage pouvant mener à la réouverture de ce débat.

Tandis que le premier ministre Stephen Harper a voté contre la motion, certains membres de son Cabinet ont voté pour. Il s'agit :

  • du ministre de l'Immigration Jason Kenney;
  • de la ministre des Travaux publics et de la Condition féminine Rona Ambrose;
  • du leader parlementaire du gouvernement Peter Van Loan;
  • du ministre de la Coopération internationale Julian Fantino;
  • du ministre du Commerce Ed Fast;
  • du ministre des Affaires intergouvernementales Peter Penashue;
  • du ministre de l'Agriculture Gerry Ritz;
  • de la ministre du Revenu national Gail Shea.

La position de Rona Ambrose apparaît étonnante dans ce contexte et elle n'a pas rencontré les journalistes à l'issue du vote pour expliquer son choix. Les partis d'opposition, eux, ont froncé les sourcils.

« La propre ministre [a tenté de faire] reculer les droits des Canadiennes qui ont été décidés il y a des décennies. C'est un message extrêmement préoccupant », s'est inquiétée la porte-parole néo-démocrate en matière de condition féminine, Niki Ashton.

Selon la députée du Bloc québécois Maria Mourani, Mme Ambrose a ainsi perdu la confiance de nombreuses femmes.

Ça envoie un message inquiétant que le ministère de la Condition féminine, au lieu de protéger le droit des femmes, est en faveur de rouvrir un débat qui, quant à moi, n'est plus d'actualité. On n'a pas le goût de se retrouver au Moyen-Âge.

Maria Mourani, députée bloquiste

Droit à l'avortement : le foetus dans les limbes

Pas de ligne de parti

Tant les conservateurs que les libéraux avaient choisi de ne pas imposer de ligne de parti pour le vote sur la motion, puisqu'il s'agissait d'une mesure d'initiative privée. Cette décision a été sévèrement critiquée par le Nouveau Parti démocratique, qui, comme le Bloc québécois, avait fait savoir qu'il voterait unanimement contre M-312.

Au final, quatre députés libéraux ont également accordé leur vote à M. Woodworth.

De l'avis de plusieurs, dont Stephen Woodworth, la proposition avait toutefois peu de chances d'aboutir, d'autant que le premier ministre Stephen Harper avait clairement indiqué qu'il allait voter non à la motion de son député.

Selon le chef intérimaire libéral Bob Rae, le vote à la Chambre des communes mercredi reflète la volonté des Canadiens de tourner la page. « À un certain point, vous devez reconnaître que certaines personnes sont très persistantes dans leur point de vue, mais vous devez comprendre que nous aussi sommes persistants », a-t-il expliqué.

M. Woodworth, qui s'est dit déçu par la défaite, a malgré tout assuré que le combat n'était pas terminé. « Mon souhait est que nous continuions tous de persuader les autres du fait que des préoccupations sur l'avortement ne devraient pas faire obstacle à d'autres thèmes importants », a-t-il conclu.

Au Québec

La ministre québécoise de la Condition féminine, Agnès Maltais, avait lancé plus tôt en journée un appel à tous les députés québécois siégeant à la Chambre des communes, les invitant à voter contre la motion et de respecter « la volonté du peuple québécois ».

« Comme vous le savez, le Québec a une position claire, manifestée à plusieurs reprises, quant à l'importance du libre choix et à l'accès aux services d'interruption volontaire de grossesse », avait-elle écrit dans un courriel envoyé aux parlementaires.

Elle rappelait que l'Assemblée nationale avait adopté à l'unanimité une motion pour demander au gouvernement fédéral de mettre fin à l'ambiguïté entourant la question. Aucun élu québécois n'aura finalement voté pour la motion de M. Woodworth.

Avec les informations de La Presse canadienne

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