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Les manifestations antiaméricaines font 17 morts au Pakistan

Des manifestants en colère dans les rues de Dhaka, au Bengladesh.

Des manifestants en colère dans les rues de Dhaka, au Bengladesh.

Photo : AFP / MUNIR UZ ZAMAN

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

D'importantes manifestations contre le film islamophobe L'innocence des musulmans et les caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo ont fait 17 morts et des centaines de blessés, vendredi au Pakistan.

Dans plusieurs pays du monde musulman, où la colère contre l'Occident peine à s'estomper à la suite de ce qui est perçu comme une grave insulte envers l'islam, les autorités religieuses ont appelé les fidèles à manifester leur colère dans les rues. C'est le cas au Pakistan, au Bangladesh, en Inde, au Liban, en Malaisie et en Indonésie.

Si dans la majorité des pays tout semble s'être déroulé dans le calme, les affrontements entre policiers et manifestants portent à 19 le nombre de morts recensés au Pakistan depuis le début des manifestations contre le film, la semaine dernière.

Deux cinémas de Peshawar et trois autres à Karachi ont aussi été incendiés et saccagés par des manifestants en colère.

La journée de vendredi a été déclarée fériée et baptisée « Journée de l'amour du prophète Mahomet » par le gouvernement pakistanais, qui a appelé les citoyens à manifester pacifiquement tout en vilipendant les insultes proférées contre le prophète.

Manifestations dans le monde entier contre L'innocence des musulmans (notre album photo) :

Au Bangladesh, des milliers de gens sont aussi descendus dans les rues de la capitale, Dacca, pour manifester contre les États-Unis et la France. Des rassemblements se sont aussi déroulées en Indonésie, devant les sièges sociaux d'entreprises américaines et françaises. Les musulmans ont aussi envahi les rues en Inde et en Malaisie.

Appel au meurtre des acteurs du film

Au Liban, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la ville de Baalbeck pour manifester contre les États-Unis et Israël à l'appel du mouvement chiite Hezbollah.

Dans une mosquée de Saïda, au sud du pays, l'imam cheikh Maher Hammoud réclamait une fatwa autorisant le meurtre de tous ceux qui ont participé au film réalisé par un Américain.

« Tous ceux qui ont osé porter atteinte à l'islam et au prophète Mohamed ne peuvent pas rester en vie. [...] Chacun d'entre eux doit être tué », a déclaré l'imam lors de la prière du vendredi à laquelle participaient quelque 300 fidèles.

Des milliers de personnes ont marché dans les rues en Malaysie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des milliers de peronnes ont marhcé dans les rues en Malaysie.

Photo : AFP / SAEED KHAN

Interdiction de manifester en Tunisie

En Tunisie, le gouvernement a interdit toute manifestation dans le pays vendredi. Le chef du parti au pouvoir, Rached Ghannouchi, a déclaré qu'il comptait être plus dur envers les salafistes djihadistes, qui seraient derrière l'attaque de l'ambassade américaine et le saccage d'une école américaine à Tunis, le 14 septembre dernier.

La police et des soldats tunisiens montent la garde devant l'ambassade française à TunisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La police et des soldats tunisiens montent la garde devant l'ambassade française à Tunis

Photo : AFP / FETHI BELAID

M. Ghannouchi craint que la publication par l'hebdomadaire Charlie Hebdo de caricatures de Mahomet ne mette le feu aux poudres et entraîne des violences contre les représentations de la France dans le pays.

Les affrontements qui ont suivi la publication d'extraits du film ont déjà fait 47 morts dans le monde au cours des deux dernières semaines. Parmi ces morts figure l'ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens, tué lors d'un assaut contre le consulat de Benghazi, mardi dernier.

Les États-Unis et la France ont renforcé la sécurité autour de leurs représentations diplomatiques et annoncé que leurs ambassades et autres institutions seraient fermées dans certains pays en raison des craintes de violences.

Les autorités musulmanes françaises calment le jeu

En France, où la publication de caricatures du prophète Mahomet dans les pages du magazine Charlie Hebdo crée d'importantes tensions, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a lancé un appel au calme.

Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulmanAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman

Photo : AFP / THOMAS SAMSON

Demandant aux musulmans de France de « prendre de la hauteur », le président du CFCM, Mohammed Moussaoui, a exhorté les imams et la communauté musulmane française à affronter « cet acte irresponsable » avec retenue.

« Ce n'est pas manifester dans les rues qui est la solution », a déclaré M. Moussaoui sur les ondes de Radio France Internationale.

Le président du CFCM privilégie en effet la voie des tribunaux et l'ouverture.

Selon lui, les musulmans français doivent « multiplier toutes les initiatives qui permettent de faire connaître le message du prophète de l'islam [...], de mettre fin à ces provocations ».

Mohammed Moussaoui a ajouté que le CFCM envisageait par ailleurs la possibilité de porter plainte devant la justice française et européenne contre le magazine Charlie Hebdo pour « volonté délibérée d'offenser les musulmans ».

Paris interdit les manifestations

Le gouvernement français, de son côté, a adopté la ligne dure en interdisant vendredi toute manifestation ou rassemblement concernant ce sujet.

« Aucune dérogation, aucune exception ne sera tolérée », a prévenu vendredi le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls.

« Le critère retenu est bien évidemment le trouble à l'ordre public. Le pays a besoin de rassemblement et d'apaisement autour des valeurs de la République et de la laïcité », a expliqué le ministre Valls.

Une manifestation qui devait avoir lieu samedi devant la Grande Mosquée de Paris a déjà été interdite par la police. Les locaux de Charlie Hebdo, quant à eux, sont toujours sous haute surveillance policière.

« Il n'y a pas de place en France pour s'attaquer à des édifices publics, nationaux ou de pays amis qui n'ont rien à voir avec la diffusion d'un film médiocre ou avec les caricatures d'un hebdomadaire qui librement a fait ce choix et qui devra aussi assumer ses responsabilités », a poursuivi le ministre de l'Intérieur.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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