Les actionnaires de Nexen approuvent l'offre d'achat de CNOOC

Installations de traitement des sables bitumineux de Nexen près de Fort McMurray, en Alberta (archives)
Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Les actionnaires de l'entreprise de pétrole et de gaz naturel Nexen (TSX:NXY (Nouvelle fenêtre)) ont accepté jeudi l'offre d'achat de 15,1 milliards de dollars présentée par la China National Offshore Oil Company (CNOOC). La transaction doit maintenant être autorisée par le gouvernement canadien.
L'offre est présentement examinée par Industrie Canada, qui doit déterminer si celle-ci se fait dans le meilleur intérêt du pays.
Les autorités canadiennes ont le droit d'examiner et de bloquer tout investissement étranger de plus de 330 millions de dollars canadiens si elles jugent que la transaction ne répond pas à ces intérêts. Même si le gouvernement conservateur veut faire passer ce seuil minimal à 1 milliard d'ici quatre ans, il a déjà fait savoir qu'il demanderait des garanties aux Chinois pour que Nexen continue ses activités selon les règles de l'économie de marché.
Le blocage de la transaction ne serait pas un précédent, mais ne serait que le troisième depuis 25 ans au Canada, les deux autres ayant également été décidés par le gouvernement Harper.
La proposition d'achat de la McDonald Detwiler Associates (MDA) de Vancouver par l'américaine Alliant Techsystems avait d'abord été refusée en mai 2008 pour des questions de sécurité. MDA est propriétaire des satellites Radarsat et du Canadarm.
Le Canada a ensuite bloqué en 2010 l'offre d'achat hostile de 39 milliards de dollars du groupe anglo-australien BHP Billiton pour Potash Corp, une société saskatchewanaise, numéro un de producteurs d'engrais.
Le dilemme d'Ottawa
« On a bien dit depuis le début que l'analyse se fait par le ministre de l'Industrie dans les meilleurs intérêts du Canada et j'ai confiance qu'on arrive aux meilleurs intérêts du Canada », a insisté Denis Lebel, ministre des Transports.
Bien qu'Ottawa se montre prudent, des voix se sont élevées contre le projet d'achat au sein même du gouvernement conservateur. Préoccupé par les habitudes chinoises sur les plans économiques et du respect des droits de la personne, le député conservateur de Calgary-Ouest, Rob Anders, s'oppose fermement à la vente des actifs canadiens de Nexen.
« Comment ça pourrait être de l'intérêt du Canada de vendre un avoir, une richesse naturelle à une nation étrangère? », s'est quant à lui interrogé le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair.
En revanche, une décision négative de la part d'Ottawa pourrait ternir la réputation du Canada à l'étranger, affirme Gordon Houlden, professeur à l'Université de l'Alberta, qui ne voit pas comment la transaction pourrait avorter.
De plus, un véto d'Ottawa pourrait nuire à la Banque Scotia, qui tente depuis des mois de mettre la main sur une banque chinoise, une transaction à laquelle Pékin n'a pas encore donné son approbation.
La Chine déjà implantée au Canada
Le Canada a déjà autorisé de multiples rachats de compagnies canadiennes dans le secteur des ressources naturelles par des entreprises chinoises. Ces transactions représenteraient une somme de 23 milliards de dollars depuis 2005.
L'achat de Nexen par CNOOC serait néanmoins la plus importante transaction effectuée entre la Chine et le Canada.
Reste que des rachats encore plus importants ont eu lieu sous le gouvernement conservateur. Ils ont par exemple accepté en 2007 que l'anglo-australienne Rio Tinto, deuxième producteur minier du monde, achète le géant canadien de l'aluminium Alcan pour 38 milliards de dollars.
Malgré cela, le ministre canadien délégué aux Finances, l'Albertain Ted Menzies, a déclaré plus tôt cette semaine qu'il entend de nombreux commentaires négatifs concernant l'acquisition d'un producteur de pétrole canadien si important par une entreprise étatique chinoise.
Pour sa part, le premier ministre Stephen Harper a affirmé plus tôt ce mois-ci que la Chine doit démontrer que ses entreprises gouvernementales respecteront les mêmes règles que celles auxquelles se plie le Canada.
Avec les informations de La Presse canadienne