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Réforme de l'assurance-emploi : des travailleurs saisonniers inquiets

Les changements à l'assurance-emploi inquiètent les travailleurs saisonniers dans l'Est du Québec
Radio-Canada

La saison touristique se termine et plusieurs travailleurs saisonniers se demandent quelles seront les conséquences de la réforme du programme d'assurance-emploi sur leur avenir.

La réforme de l'assurance-emploi proposée par le gouvernement Harper élargit la notion d'emploi convenable. Si ces changements sont adoptés, les travailleurs saisonniers en période d'inactivité pourraient devoir accepter un emploi dans un domaine autre que le leur.

Même si le Parti québécois, qui vient d'être élu, a promis de rapatrier la gestion du programme à Québec, cette promesse aura peu d'impacts dans les prochains mois.

Les travailleurs saisonniers comme Annie Beaulieu, serveuse à la marina de Rimouski, ne savent plus ce qui les attend. Elle se demande si elle devra se chercher un nouvel emploi cet automne lorsque son employeur fermera ses portes. « On ne sait pas, on ne sait rien! », lance Mme Beaulieu.

Son collègue, Gilbert Côté, croit que ce sont les employeurs qui risquent de perdre au change. « Si je vais travailler dans un autre domaine ou un autre restaurant: est-ce que je vais revenir ici? Pour l'employeur, c'est à risque cette loi-là », fait valoir Gilbert Côté.

L'auberge du Mange-Grenouille, au Bic, embauche chaque année 40 travailleurs saisonniers pendant la saison touristique qui dure un peu plus de 5 mois. Dans les cuisines de ce restaurant gastronomique réputé, les changements à l'assurance-emploi inquiètent aussi le personnel.

« J'ai un parcours professionnel que j'ai construit avec les années et je serai peut-être forcé de reculer pour aller m'éparpiller un peu partout dans toutes sortes de fonctions », indique le chef cuisinier, Richard Duchesneau.

Ça m'inquiète énormément parce que nous, on a décidé de faire un métier en restauration dans des saisons concentrées et on donne tout ce qu'on peut l'été. Là, le gouvernement Harper veut nous envoyer possiblement à une heure de notre résidence pour travailler dans un domaine où on a peut-être pas de compétence ou aucun intérêt à travailler. Nicolas Michaud, pâtisser à l'auberge du Mange-Grenouille.

La propriétaire, Carole Faucher, croit que la loi fragilisera la situation déjà précaire des établissements saisonniers. Plusieurs employeurs craignent que leurs employés, embauchés ailleurs, ne reviennent pas en poste pour la prochaine saison.

Enseignante à contrat en informatique à Rimouski, Guylaine Lavoie, voit d'un bon oeil la venue des pouvoirs en emploi à Québec. « Ça pourrait être intéressant parce qu'il y a certaines particularités que l'on a au Québec que les territoires de l'Ouest ne vivent pas », relève Mme Lavoie.

Le député péquiste de Rimouski, Irvin Pelletier est confiant et croit qu'Ottawa voudra négocier: « Le gouvernement fédéral devrait avoir une certaine ouverture parce qu'il y a des particularités au Québec qu'il faut respecter. »

Société