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L'ADN non codant n'a rien d'une poubelle

Un foetus
Photo: iStockphoto
Radio-Canada

L'ADN non codant, improprement qualifié par le passé d'ADN poubelle, joue un rôle essentiel dans la régulation de l'activité des gènes et dans l'apparition de maladies, montrent les données publiées dans le cadre du projet ENCODE dont l'objectif est de déterminer les fonctions de toutes les parties de notre génome.

Selon les généticiens qui ont participé aux travaux, la majorité de l'ADN non codant serait en quelque sorte un centre de contrôle, doté de millions d'interrupteurs, qui régule l'activité de nos gènes. Ainsi, sans ces interrupteurs, les gènes ne fonctionneraient pas et des mutations dans ces régions induiraient des maladies.

Cette découverte permet donc d'établir l'importance de l'ADN non codant qui est essentiel à la vie.

C'est presque aussi important que la publication de la séquence du génome de l'homme.

Pierre Tambourin, Génopole de Evry

L'ADN humain est composé de 3,3 milliards de paires de bases, qui programment les instructions pour synthétiser les molécules qui forment chacun des cellules, des tissus ou des organes humains.

La médecine avait déjà établi par le passé que seulement 2 à 3 % de ce matériel était codant, c'est-à-dire utilisé pour la synthèse des protéines de l'organisme, soit une très faible fraction du génome humain.

Le saviez-vous?

Le séquençage du génome humain avait permis au début des années 2000 d'identifier quelque 22 000 gènes dans le cadre du projet Génome humain.

Le reste du génome, soit 3,25 milliards de paires de base, avait été qualifié au départ d'« ADN poubelle » parce que les chercheurs l'avaient jugé inutile.

Toutefois, en décryptant ces séquences non codantes, les équipes de recherche ont identifié 4 millions d'interrupteurs génétiques.

Le Pr Ewan Birney du Laboratoire européen de biologie moléculaire et de bio-informatique explique que notre génome est en vie grâce à ces millions d'interrupteurs qui déterminent si un gène doit être « allumé » ou « éteint ».

Les travaux d'ENCODE ont montré que pas moins de 80 % du génome avait une fonction active, avec un grand nombre d'interrupteurs spécifiques à l'homme ou aux primates.

Il reste maintenant à comprendre à quoi servent les 20 % restants et à comprendre comment agissent les interrupteurs.

Dans la plupart des cas, nous savons quels gènes jouent un rôle dans une maladie, mais pas quels interrupteurs sont impliqués.

Iam Durham LEBM-IEB

Il est toutefois évident que ces nouvelles connaissances sont prometteuses pour la découverte de mécanismes-clés dans les maladies.

Le décodage de l'ADN est publié dans Science, Nature et 24 autres revues. Pas moins de 442 scientifiques de 32 laboratoires dans le monde ont participé au projet.

Science