•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Banque centrale européenne interviendra sur le marché de la dette

Les bureaux de la BCE à Francfort, en Allemagne

Les bureaux de la BCE à Francfort, en Allemagne

Photo : AFP / JOHANNES EISELE

Radio-Canada

Comme l'attendaient les marchés, la Banque centrale européenne (BCE) s'engage à acheter des titres de dette de certains pays de la zone euro dans l'espoir de faire diminuer les taux d'emprunt élevés de certains pays.

Le président de la banque, Mario Draghi, a confirmé jeudi un nouveau programme baptisé OMT pour « Outright monetary transactions ». La BCE achètera sur le marché secondaire des obligations de un à trois ans, sans se fixer de « limite quantitative ». Elle renoncera par ailleurs à son statut de créancier privilégié sur ces obligations d'État.

Ces interventions sur le marché de la dette sont nécessaires en raison « des perturbations graves observées sur le marché des obligations publiques qui proviennent de craintes infondées de la part des investisseurs sur la réversibilité de l'euro », a indiqué M. Draghi.

Des opérations stérilisées

« La BCE a insisté sur deux choses : sur le fait que ces opérations seront stérilisées : c'est-à-dire qu'il n'y aura pas une augmentation de la masse monétaire en Europe, donc ils vont vendre d'autres actifs pour acheter ces actifs-là. Et, deuxièmement, ces achats-là sont quand même sujets à des conditions, il faut que les gouvernements en question se soient engagés à maintenir leur déficit fiscal dans certains paramètres », souligne Carlos Leitao, économiste en chef et Stratège Valeurs mobilières à la Banque Laurentienne.

L'économiste croit qu'avec cette action, « la banque centrale européenne est en train de limiter les scénarios les plus néfastes », soit « le scénario d'une implosion, par exemple, de l'économie espagnole où, ultimement même, la déconfiture de l'euro ».

Pour nous, ici en Amérique du Nord, ça nous donne potentiellement des marchés financiers plus calmes si ces risques extrêmes sont éliminés.

Carlos Leitao, économiste à la Banque Laurentienne

Des taux d'emprunt de pays de la zone euro étaient en baisse après l'annonce de la BCE. Le taux de référence à 10 ans de l'Espagne reculait à 6,065 % jeudi après-midi, contre 6,409 % la veille à la fermeture des marchés. Celui de l'Italie est passé en quelques heures de 5,514 % à 5,315 %.

Des taux directeurs inchangés

Les principaux taux directeurs de la BCE n'ont pas été modifiés jeudi. Son taux de refinancement reste donc à 0,75 %, soit le niveau auquel il avait été abaissé d'un quart de point en juillet. Il s'agit d'un creux jamais atteint depuis la création de la monnaie unique en Europe.

De plus, le taux de prêt marginal de la BCE reste à 1,5 %, tandis que le taux de la facilité de dépôt reste nul. Ces deux taux avaient aussi été réduits de 25 points de base au début juillet.

Par ailleurs, la BCE s'attend maintenant à un recul de 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2012, contre une baisse de 0,1 % lors de sa précédente estimation, en juin. L'an prochain, la banque centrale table sur une croissance de 0,5 %, contre 1 % prévu en juin.

Un appel à agir de l'OCDE

Jeudi, l'OCDE pressait d'ailleurs la BCE à intervenir sur le marché de la dette pour ramener les taux d'emprunt des pays de la zone euro à des niveaux « justifiés ».

Avec les informations de Reuters

Économie