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Marois élue à la tête d'un gouvernement minoritaire

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Sophie-Hélène Lebeuf

Après neuf années passées dans l'opposition, le Parti québécois a renoué avec le pouvoir, mardi soir, au terme d'une campagne riche en rebondissements, aucun n'étant cependant aussi dramatique que celui qui est venu ponctuer la fin de la soirée.

Au beau milieu du discours de victoire qu'elle prononçait au Métropolis, à Montréal, Pauline Marois a été emmenée loin de la scène par ses gardes du corps, devant des partisans et des journalistes ébahis. À l'extérieur de l'édifice, les policiers ont arrêté un suspect armé qui a tué une personne, en plus d'en laisser une autre dans un état critique.

Lors de son arrestation, l'homme a crié que « les Anglais se réveill[aient] ». Pauline Marois venait, quelques minutes plus tôt, de promettre de respecter les droits des anglophones.

À neuf sièges d'une majorité

Malgré le plaidoyer qu'elle a lancé à de multiples reprises ces derniers jours, Pauline Marois n'a pas obtenu la majorité qu'elle demandait, et a raté son objectif de neuf sièges.

La députée de Charlevoix a tout de même réussi à écrire une page d'histoire en devenant la toute première femme à accéder au poste de premier ministre du Québec.

Le chef libéral, Jean Charest, qui a rapidement concédé la victoire, a donc perdu son pari de remporter un quatrième mandat, s'inclinant même devant le péquiste Serge Cardin dans sa circonscription de Sherbrooke. À quatre sièges du PQ, sa formation a toutefois beaucoup mieux fait que ne le laissaient présager les sondages, ce qu'il n'a pas manqué de souligner lors de son allocution devant ses partisans.

Répartition des sièges par parti

Une participation nombreuse

Les électeurs ont été nombreux à répondre au rendez-vous auquel ils étaient conviés. Selon le Directeur général des élections, le taux de participation a atteint 74,61 %, le plus élevé depuis 1998.

Les formations se sont livré une lutte à trois, que ne reflète pas la répartition des sièges. Seules quelque 209 000 voix séparent le PQ de la CAQ.

Pourcentages des partis

Vétérans et nouveaux venus

Pour composer son Cabinet, Pauline Marois aura donc le choix entre 53 députés - 52 si on exclut le plus jeune d'entre eux, Léo Bureau-Blouin, qu'elle a d'emblée écarté au cours de la campagne. Bernard Drainville (Marie-Victorin), Nicolas Marceau (Rousseau), Véronique Hivon (Joliette), Agnès Maltais (Taschereau), Marie Malavoy (Taillon), Stéphane Bédard (Chicoutimi), Stéphane Bergeron (Verchères), Bertrand Saint-Arnaud (Chambly) et Maka Kotto (Bourget) comptent parmi les députés réélus.

Le caucus s'enrichira de nouveaux venus comme l'ancien journaliste Pierre Duchesne (Borduas) ainsi que l'ex-chercheur et blogueur Jean-François Lisée (Rosemont). À 20 ans, M. Bureau-Blouin (Laval-des-Rapides), ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), devient le plus jeune député de l'histoire de l'Assemblée nationale. Il a battu le ministre délégué aux finances, Alain Paquet, qui avait participé aux négociations avec les leaders des associations étudiantes.

La circonscription de Crémazie, qui était représentée par l'ex-députée péquiste Lisette Lapointe, devenue indépendante et qui a choisi de ne pas se représenter, a par ailleurs été remportée par la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane de Courcy.

Pauline Marois devra cependant se passer de Nicolas Girard (voir plus bas (Nouvelle fenêtre)) et de Monique Richard (Montarville), deux députés sortants qui étaient pressentis comme des candidats ministrables. L'intellectuelle Djemila Benhabib (Trois-Rivières), dont les prises de position en faveur de la laïcité ont défrayé les manchettes au cours de la campagne, a été battue de justesse.

Pauline Marois, première femme à la tête du Québec

Lisez le portrait de la nouvelle première ministre du Québec.

Le Parti libéral, opposition officielle

Pauline Marois

Si Jean Charest a perdu la circonscription qu'il représentait depuis 1998, encaissant ainsi un premier revers électoral en 28 ans de carrière, 16 des 21 ministres qui briguaient un nouveau mandat ont cependant réussi à conserver leur siège. C'est le cas, notamment, de Jean-Marc Fournier (Saint-Laurent), Christine Saint-Pierre (L'Acadie), Lise Thériault (Anjou-Louis-Riel), Pierre Moreau (Châteauguay), Raymond Bachand (Outremont) et Robert Dutil (Beauce-Sud).

La formation a également réussi à faire élire de nouvelles recrues, comme Robert Poëti (Marguerite-Bourgeoys), ancien relationniste à la Sûreté du Québec, ainsi que l'ex-bâtonnier du Québec Gilles Ouimet (Fabre).

Les luttes des ministres

Pour plus de détails, consultez notre article Le combat des ministres libéraux.

La CAQ réalise des percées

Jean Charest

Jean Charest

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La Coalition avenir Québec, pour qui c'était un premier test électoral après sa fondation, en 2011, a multiplié par deux sa députation, jusque-là composée de députés élus sous d'autres bannières.

Trois ans après avoir démissionné comme député, le chef de la formation, François Legault, fera un retour à l'Assemblée nationale, mais à l'issue d'une lutte serrée. L'ex-ministre péquiste a devancé son plus proche rival par moins de trois points de pourcentage.

Au cours de son discours, il a dit envisager « l'avenir avec beaucoup d'optimisme ».

L'ancien chef de la défunte Action démocratique du Québec, Gérard Deltell (Chauveau), ainsi que ses collègues Sylvie Roy (Arthabaska), et François Bonnardel (Granby) ont de leur côté remporté sans difficulté le combat des urnes, tout comme les anciens adéquistes ensuite devenus indépendants, Éric Caire (La Peltrie) et Marc Picard (Chutes-de-la-Chaudière).

À l'exception de Daniel Ratthé (Blainville), les transfuges péquistes ont connu un sort moins heureux. Le député sortant de La Prairie, François Rebello, qui se présentait dans la nouvelle circonscription voisine de Sanguinet, et Benoît Charette (Deux-Montagnes) ont tous deux mordu la poussière, les électeurs leur préférant les candidats péquistes.

Quelques nouveaux venus, dont le candidat-vedette Jacques Duchesneau (Saint-Jérôme) ainsi que l'avocate et ancienne journaliste Nathalie Roy (Montarville), ont remporté leur pari.

Dans Fabre, Dominique Anglade, présidente de la CAQ, a toutefois perdu le sien, tout comme le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Gaétan Barrette, dans Terrebonne, qui lui a préféré le député péquiste sortant, Mathieu Traversy.

Malgré les espoirs que laissaient présager les sondages dans les banlieues nord et sud de Montréal, la CAQ n'aura fait qu'un gain en Montérégie, deux dans les Laurentides et un dans Lanaudière, tous aux dépens du Parti québécois.

Québec solidaire double le nombre de ses députés, Option nationale perd le sien

François Legault a reçu le soutien de son épouse Isabelle Brais lors de son discours de fin de soirée.

François Legault a reçu le soutien de son épouse Isabelle Brais lors de son discours de fin de soirée.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Auréolée de sa performance au débat des chefs, la coporte-parole de Québec solidaire (QS) Françoise David fera son entrée à l'Assemblée nationale aux côtés d'Amir Khadir, qui était jusqu'ici le seul député solidaire à l'Assemblée nationale.

L'ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec a ravi la circonscription de Gouin au député sortant Nicolas Girard, à sa troisième tentative depuis 2006. La circonscription était dans le giron péquiste depuis 1976.

L'autre coporte-parole de QS Amir Khadir, qui en 2008 n'avait devancé son adversaire péquiste que par 810 voix, a cette fois-ci signé une victoire plus que convaincante. Le député sortant de Mercier a devancé le candidat péquiste, Jean Poirier, ancien porte-parole du syndicat de l'entreprise d'entretien aéronautique Aveos, par plus de 7000 voix.

Lors de son allocution, Françoise David a assuré qu'elle accorderait son soutien au PQ chaque fois qu'un projet de loi irait « dans le sens du progrès social, de l'égalité entre les hommes et les femmes, de l'écologie et de la souveraineté ». Elle a en outre souligné l'élection de la première femme première ministre au Québec.

Jean-Martin Aussant, qui a délaissé le navire péquiste, n'a de son côté pas réussi à convaincre les électeurs de le suivre dans l'aventure d'Option nationale, le parti qu'il a fondé en 2011. Il a été défait par le caquiste Donald Martel - qui défendait les couleurs péquistes lors de la campagne électorale de 2007 - et qui s'est faufilé entre les deux souverainistes.

En tout, 892 candidats se faisaient la lutte dans les 125 circonscriptions, dont certaines ont été redécoupées en 2011.

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Françoise David

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