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Porc : les producteurs du Manitoba craignent la menace d'une pénurie du grain d'élevage

Des pourceaux de l'entreprise Hylife, au Manitoba, le lundi 27 août 2012

Des pourceaux de l'entreprise Hylife, au Manitoba.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les producteurs de porc du Manitoba craignent l'effet de la sécheresse (Nouvelle fenêtre) qui sévit aux États-Unis, laquelle rend incertaines les récoltes du maïs qui est servi à leurs animaux.

Claude Vielfaure, copropriétaire de l'entreprise Hylife, accuse déjà des pertes cette année, mais craint surtout l'année qui vient.

« Les producteurs qui passent au travers des pertes dans les six prochains mois, qu'est-ce qu'ils vont faire l'été prochain? Il n'y a pas de grain à donner. Ça va être une grosse crise », s'est-il inquiété lundi.

Les producteurs craignent une menace à leurs profits sur deux fronts. D'un côté, leurs coûts de production risquent d'augmenter en raison de la hausse du prix du grain d'élevage. De l'autre, le prix de vente de leurs bêtes à l'abattage risque de diminuer, selon les prévisions du Conseil canadien du porc.

« On perd probablement 10, 15 $ aujourd'hui sur les porcs. Ça va augmenter quand le prix de la viande descendra et les prix du grain augmenteront. Ça va causer des pertes jusqu'à 35 ou 50 $ au pire », explique-t-il.

Plus globalement, le Conseil manitobain du porc parle de millions de dollars de pertes pour les prochains mois.

« Durant les prochains six à neuf mois, les transformateurs vont tenter de hausser les prix des viandes [à la vente aux détaillants ou aux consommateurs], parce qu'ils ont besoin d'avoir assez d'argent pour payer les producteurs, afin de demeurer en affaires », a expliqué lundi le directeur général du Conseil, Andrew Dickson.

« Nous perdrons potentiellement jusqu'à 130 ou 140 millions de dollars durant cette période », a-t-il précisé.

Discussions avec les producteurs américains

Le Conseil manitobain du porc a indiqué que ses hauts dirigeants ont eu une discussion téléphonique avec leurs homologues des conseils du porc de l'Iowa et du Minnesota au cours de la semaine dernière. La question de la disponibilité du grain y a été abordée.

Tandis que dans le sud de l'Iowa, la sécheresse fait craindre davantage pour l'eau que pour le grain, les récoltes au Minnesota semblent bien portantes. Toutefois, les deux organisations américaines ont rapporté qu'aucune initiative n'avait encore été mise en place pour leurs membres.

« Durant la dernière sécheresse, les États-Unis avaient de grands stocks disponibles. Ils ne disposent plus de ces stocks maintenant », a résumé M. Dickson.

Concurrence pour un grain qui pourrait se faire rare

En outre, les conseils manitobain et américains ont partagé leurs inquiétudes quant à la proportion de maïs consacrée à la production d'éthanol, et non à la nourriture porcine. Ils entendent surveiller conjointement la situation.

« Nous [les producteurs] devons faire concurrence pour l'accès au maïs d'élevage, par exemple à la production d'éthanol, à l'industrie du boeuf, celle du poulet et celle du fructose », a énuméré M. Dickson.

L'industrie porcine représente quelque 750 millions de dollars pour la province.

Prévisions sur le prix de vente du porc et sur le coût de la nourriture par animal, selon le Conseil canadien du porcAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Prévisions sur le prix de vente du porc et sur le coût de la nourriture par animal, selon le Conseil canadien du porc.

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