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Muguette Paillé attend toujours

Les préoccupations de Muguette Paillé n'ont pas changé depuis le débat des chefs fédéraux, en avril 2011.

Les préoccupations de Muguette Paillé n'ont pas changé depuis le débat des chefs fédéraux, en avril 2011.

Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Son intervention remarquée sur le chômage au débat des chefs lors des élections fédérales, il y a un an, l'a fait connaître aux quatre coins du Québec. Mais sa popularité instantanée ne l'a pas sortie de la précarité.

Muguette Paillé, résidente de Sainte-Angèle-de-Prémont, et maintenant militante active du Parti québécois dans la circonscription de Maskinongé, est toujours à la recherche d'un emploi dans une région où le taux de chômage est élevé et où plusieurs villages se dévitalisent.

« Moi je représente la réalité des chômeurs, des petits salariés, des personnes qui vivent dans la précarité. Mme Paillé, c'est seulement une personne parmi tant d'autres. Je reflète juste une triste réalité qu'on ne veut pas toujours voir, parce que c'est confrontant. C'est de dire aux élus "vous n'avez pas fait votre job. Vous n'avez pas stimulé l'économie dans ma région" », soutient-elle.

Le taux de chômage en Mauricie a été plus élevé que la moyenne québécoise au cours de la dernière décennie, sauf l'an dernier. Le taux est toutefois revenu au-dessus de la moyenne québécoise au cours des deux premiers trimestres de 2012.

Ces données ne reflètent toutefois pas les différentes réalités régionales, par exemple entre le milieu rural et le milieu urbain.

Bien qu'elle reconnaisse que les chefs de parti doivent s'adresser à l'ensemble de la population québécoise dans le cadre de la campagne électorale, Mme Paillé déplore que les attaques aient pris beaucoup de place lors des débats des chefs, au détriment des visions des partis.

« J'aimerais qu'ils me parlent de développement économique. J'aimerais qu'ils me parlent d'agriculture. J'aimerais qu'ils me parlent de tourisme. J'aimerais qu'ils me parlent d'emplois pour les 50 ans et plus parce que ça demeure encore très pertinent. Je suis dans la même situation [que lors du débat fédéral en 2011] », ajoute-t-elle.

Malgré son intervention remarquée sur la précarité des emplois pour les personnes d'expérience, notamment en région, lors du débat des chefs aux élections fédérales de 2011 (Nouvelle fenêtre), Mme Paillé note que « la seule usine qu'on avait à Sainte-Angèle a fermé ses portes ». En effet, l'usine Montpak, qui employait plus de 80 personnes au plus fort de sa production de viande, a cessé ses activités en décembre 2011.

« Ce n'est pas parce qu'on a des belles routes et qu'on fait des travaux routiers qu'on va faire prospérer l'économie. Il faut mettre de l'argent en agriculture, en tourisme, dans les usines de transformation de bois qui en arrachent », soutient-elle.

De l'importance d'un élu qui représente ses concitoyens

À la mairie de Sainte-Angèle-de-Prémont, la mairesse Barbara Paillé (aucun lien de parenté avec Muguette Paillé) explique que la petite municipalité de quelque 700 personnes est de plus en plus à la remorque du gouvernement.

« Pour créer ou maintenir les emplois, il faut l'aide des différents programmes gouvernementaux. Dans ce contexte rural, le rôle du député prend tout son sens. Il faut toujours qu'on ait quelqu'un qui nous écoute. Un député, quel qu'il soit, qui soit à l'écoute et toujours à l'avant-scène à nous accompagner partout dans tous les dédales de ces programmes-là », ajoute la mairesse.

Des affiches électorales décorent un carrefour dans Maskinongé, la circonscription de Mme Paillé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des affiches électorales décorent un carrefour à Sainte-Angèle-de-Prémont, la municipalité de Mme Paillé

Préoccupations locales, argumentations nationales

Les citoyens interrogés dans les villages de la circonscription de Maskinongé ont tous les mêmes préoccupations quant à la dévitalisation du milieu rural, et tous s'entendent sur la nécessité d'investir dans les secteurs structurants pour la région. Mais, interrogés sur ce qu'ils retiennent de la campagne électorale et les enjeux sur lesquels ils prendront leurs décisions, ils passent rapidement aux enjeux nationaux, et aucun n'évoque les candidats locaux.

Jean-François Gaudet, qui a dû fermer son épicerie à Saint-Justin faute de clients, en a long à dire contre la charte de la laïcité, la souveraineté du Québec, les revendications étudiantes et sur l'usure du pouvoir. « Mario Dumont est probablement parti six ans trop tôt! », lance-t-il, sans dévoiler pour qui il entend voter.

Hang Jiang, propriétaire du dépanneur de Sainte-Angèle-de-Prémont, soutient de son côté que le Québec a besoin de changement, et se dit séduit par les engagements de la CAQ.

Marie-Christine Sirois, qui habite à Saint-Léon-le-Grand, un village qui n'a « plus de dépanneur, plus de station-service et même plus de bureau de poste », relativise l'importance de la hausse des droits de scolarité, alors que sa fille devra aller dans une classe qui regroupe différents niveaux scolaires.

Véronique, de Saint-Élie-de-Caxton, estime aussi que le conflit étudiant a pris une importance démesurée. « Vous savez, quand le prix de l'essence augmente, on voudrait bien manifester. Mais contrairement aux étudiants en grève, on n'a pas le temps! »

D'autres citoyens n'ont simplement pas envie de partager leur point de vue, soutenant que « les candidats sont tous pareils » et qu'ils voteront, peut-être, « pour le moins pire ».

Muguette Paillé lors de son passage remarqué au débat des chefs en avril 2011Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Muguette Paillé lors de son passage remarqué au débat des chefs en avril 2011

Photo : Radio-Canada

De la parole aux actes

Après avoir songé à devenir candidate l'hiver dernier, Muguette Paillé s'implique pour la première fois dans une campagne électorale en tant que bénévole pour le candidat du Parti québécois dans Maskinongé.

« Je vois comment ça fonctionne, comment tout ça s'opère. Et j'aime ça parce que je suis dedans. Je ne peux pas chialer. Je suis dedans et je m'implique », dit-elle.

Circonscription de Maskinongé

Après avoir été représentée par le libéral Yvon Picotte pendant 21 ans, la circonscription de Maskinongé, au nord du lac Saint-Pierre, a été représentée par le péquiste Rémy Désilets pendant 9 ans, par la libérale Francine Gaudet pendant 4 ans, par l'adéquiste Jean Damphousse pendant 1 an et par le libéral Jean-Paul Diamond depuis 4 ans.

Cette année, le libéral Diamond souhaite renouveler son mandat, tandis que l'ex-adéquiste Jean Damphousse se présente sous la bannière de la CAQ, et Patrick Lahaie brigue les suffrages pour le PQ.

Cinq candidates de partis considérés comme plus marginaux ont par ailleurs uni leur voix pour faire connaître certaines priorités communes et s'opposer au vote stratégique. « Nous sommes pour une représentation citoyenne, pour un mode de scrutin proportionnel, pour une représentation féminine de notre comté à l'Assemblée nationale, pour que vous alliez voter et nous dire quelles sont vos vraies préoccupations », ont signé à l‘unisson Marie Anny Gosselin de la Coalition pour la constituante, Laurence Requilé du Parti vert du Québec, Julie Veilleux de Québec solidaire, Linda Delmé du Parti de la classe moyenne du Québec et Émilie Viau-Drouin d‘Option nationale.

Les candidats locaux du PLQ, du PQ, de la CAQ, de QS, d'ON et du PVQ participeront à un débat le 23 août à 17 h à la Porte de la Mauricie.

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