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Legault défend la crédibilité de ses principales propositions

François Legault, en conférence de presse, lundi matin, au restaurant L'Expresso de Le Gardeur.

François Legault, en conférence de presse, lundi matin, au restaurant L'Expresso de Le Gardeur.

Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au lendemain de son premier débat électoral en tant que chef de parti, François Legault s'est adressé à la presse lundi pour défendre la crédibilité et le bien-fondé de son cadre financier et des politiques que la Coalition avenir Québec préconise en matière de santé et d'éducation. Il a aussi pressé la chef péquiste Pauline Marois de déposer son cadre financier.

Lors d'un point de presse tenu dans un restaurant de Le Gardeur, dans Lanaudière, François Legault s'est fait interroger sur plusieurs propositions-clés de la CAQ : garantir un médecin de famille à tous les Québécois d'ici un an, abolir 4000 postes chez Hydro-Québec, et abolir les commissions scolaires pour redonner plus de pouvoirs aux écoles.

« Lorsque j'étais ministre de la Santé, on avait consulté tous les experts pour établir combien un médecin de famille peut prendre en charge de patients », a fait valoir François Legault.

« Un médecin de famille qui ne fait pas d'hôpital, qui ne [passe] pas, comme la moyenne des médecins, 40 % de son temps à l'hôpital peut, si on a une bonne organisation, prendre en charge 1500 à 1600 patients. S'il va à l'hôpital 40 % de son temps, il peut prendre en charge 1000 patients. »

« Or, si vous faites le calcul, 8000 médecins fois 1000 patients, ça donne 8 millions de Québécois qui ont un médecin de famille », a plaidé François Legault. « Le seul parti qui peut vous garantir que chaque Québécois va avoir un médecin de famille, c'est la CAQ, parce qu'on va avoir le courage de réorganiser ce réseau qui fonctionne mal. »

« Je pense que tous les employés dans le réseau de la santé vont être contents de travailler dans un réseau qui va être fonctionnel, qui a une première ligne forte, où on a des médecins de famille, qui ont des corridors de services pour envoyer leurs patients qui ont besoin de spécialistes », a renchéri François Legault. « Un réseau fonctionnel, c'est bon pour les patients, mais c'est agréable aussi pour tous les travailleurs, les médecins. »

Réduire la taille de l'État par attrition

Le chef de la CAQ a par ailleurs précisé comment il compte abolir 4000 postes chez Hydro-Québec, dans le but de réduire les dépenses de la société d'État de 600 millions de dollars.

« D'ici 2018, il y aura 6000 personnes qui vont prendre leur retraite volontaire [chez Hydro-Québec]. Sur les 6000, il y en 4000 qui ne seront pas remplacées. Donc, ce ne sont pas des individus qui vont perdre leur poste; ce sont des postes qui vont être abolis », a-t-il dit.

« Il y a aussi des économies qui vont être faites dans les achats. M. Duchesneau nous disait il y a quelques jours qu'il y a aussi, dans les contrats qui sont donnés à Hydro-Québec, de la collusion entre ceux qui soumissionnent. Donc, il doit y avoir aussi des économies chez Hydro-Québec », a-t-il ajouté.

« En 2003, Jean Charest promettait de réduire les dépenses chez Hydro-Québec du même montant qu'on propose. Or, depuis que M. Charest est au pouvoir, les dépenses d'Hydro-Québec ont augmenté chaque année. Elles sont rendues à 2,6 milliards. Quoiqu'en dise M. Charest, il n'y a eu aucune réduction des dépenses », a déclaré François Legault.

La logique de la réduction des dépenses par attrition s'appliquera aussi dans le réseau de l'éducation. Le chef libéral Jean Charest compte lui aussi réduire le budget des commissions scolaires de 300 millions de dollars, souligne-t-il [...] « sauf que nous on dit la vérité, on dit ce que ça veut dire », a-t-il plaidé.

« C'est que sur les 4500 postes, il y en a 2000 qui vont être abolis. Qui vont être abolis comment? Par attrition, et certaines autres personnes vont être transférées dans les autres ministères, pour remplacer les personnes qui vont avoir quitté pour leur retraite. Donc, personne ne va perdre son travail », a-t-il réitéré.

« M. Charest ne dit pas qu'il y aura des pertes de postes : j'aimerais qu'il nous explique comment il va réduire de moitié le budget des commissions scolaires, sans toucher aux postes. Je pense que M. Charest cache des coupures de postes aux Québécois », affirme-t-il.

« Je pense que tous les travailleurs, chez Hydro-Québec, dans le réseau de la santé, dans le réseau de l'éducation, trouvent que c'est beaucoup plus agréable de travailler dans un environnement efficace. Donc c'est à l'avantage de tout le monde. »

Une citation de :François Legault

Legault presse Marois de dévoiler son cadre financier

M. Legault s'est par ailleurs défendu au sujet d'une hausse des tarifs d'électricité que Mme Marois l'a accusé de planifier. La hausse prévue, dit-il, a été annoncée par l'actuel gouvernement, et la CAQ ne fera que la maintenir.

« Dans le budget 2010, Raymond Bachand a annoncé que pour réduire la croissance de la dette, il y aurait une augmentation des tarifs d'électricité entre 2014 et 2018. Nous, par souci d'équité entre les générations, on a appuyé le gouvernement Charest », a-t-il expliqué.

François Legault avait d'ailleurs entrepris sa rencontre avec les journalistes en pressant Pauline Marois de dévoiler son cadre financier. Il souligne par exemple que la chef péquiste s'est engagée à indexer les droits de scolarité à l'université, mais sans dire comment elle augmentera le financement des universités le cas échéant, et à créer des milliers de nouvelles places en garderie, mais sans pour autant hausser les tarifs.

« Ce qui semble clair, c'est qu'à priori, [Mme Marois] va augmenter comme ça ne s'est jamais vu la dette au Québec, donc peut-être faire pire que M. Charest », a avancé le chef de la CAQ.

M. Legault critique aussi le fait que Mme Marois entend n'appliquer que 50 % des redevances sur les ressources naturelles non renouvelables au remboursement de la dette, contre 100 % pour son parti.

Le chef de la CAQ n'a pas épargné Jean Charest non plus. Il soutient que l'un des défis du reste de la campagne consistera à « tuer le mythe » selon lequel le chef libéral est un « champion en économie ».

« C'est vrai que pendant la récession, quand on tombe de plus bas, on se fait moins mal. Mais ce qui est important de dire, c'est qu'on est plus bas, et beaucoup plus bas depuis que M. Charest est là », a-t-il laissé tomber.

Prochaine étape : les autres débats télévisés

François Legault s'est dit soulagé d'avoir passé l'épreuve de son débat en tant que chef de parti. Il prévoyait regarder l'affrontement télévisé entre Pauline Marois et Jean Charest, lundi soir, au réseau TVA. Il affrontera lui-même Jean Charest mardi, puis Pauline Marois mercredi.

« C'est certain que d'être un à un, c'est plus facile de réagir. On l'a vu hier soir : à un moment donné, quand le temps est écoulé, on ne peut pas compléter l'échange. Donc, ça va peut-être être plus facile de compléter des réponses », a anticipé François Legault.

Le chef de la CAQ a donné un aperçu des attaques qu'il réserve à ses deux adversaires. « Est-ce que Mme Marois va nous dire enfin qu'elle a donné le contrôle de la date du référendum aux purs et durs pour arrêter la chicane au PQ? Est-ce que M. Charest va nous dire s'il est gêné ou non de ce qui est arrivé avec Mme Courchesne ou M. Tomassi? » a-t-il lancé.

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