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En campagne, Obama et Romney ciblent plus que jamais les indécis

Mitt Romney et Barack Obama

Mitt Romney et Barack Obama

Photo : AFP / FILES

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À l'approche des conventions démocrate et républicaine, Barack Obama et Mitt Romney cherchent à raviver la flamme de leurs fidèles tout en séduisant la frange d'électeurs indécis.

Depuis une semaine, un débat musclé s'est engagé sur le programme de santé publique destiné aux personnes âgées, Medicare, reléguant temporairement l'économie et l'emploi au second plan. Mitt Romney a accusé Barack Obama de mener une campagne basée sur la haine. Ce dernier a réitéré ses attaques concernant les déclarations d'impôts de Mitt Romney. Et la question des dépenses publiques est revenue sur le tapis.

Autant de sujets visant les indécis comme les électeurs convaincus, que les républicains retrouveront lors de leur convention à Tampa (Floride) du 27 au 30 août, une semaine avant les démocrates qui se réuniront à Charlotte (Caroline du Nord) du 4 au 6 septembre.

Le choix de Mitt Romney de prendre comme colistier le représentant du Wisconsin Paul Ryan, très à droite, a réveillé la motivation de ses partisans, au-delà de leur profonde antipathie vis-à-vis de Barack Obama.

Accusant son adversaire de vouloir diviser le pays, Mitt Romney a flatté l'aversion des républicains pour le président en exercice et essayé d'attaquer l'un des points forts d'Obama, sa popularité, même parmi les électeurs qui réprouvent sa politique ou doutent de sa réussite en tant que président.

Romney a ainsi exhorté Obama à « ramener [sa] campagne de division, de colère et de haine à Chicago ». Des accusations que le clan Obama a jugées « démentielles ».

Barack Obama ne s'est en tout cas pas privé de qualifier Paul Ryan d'incarnation d'une politique budgétaire insensée, qui ne profiterait qu'aux riches au détriment de la classe moyenne. Son équipe a également mis au défi Mitt Romney de prouver son affirmation selon laquelle il n'a pas consacré moins de 13 % de ses revenus aux impôts sur une période de 10 ans.

« Ils vous demandent de payer davantage d'impôts non pas pour réduire le déficit, augmenter le nombre d'emplois ou investir dans l'éducation, mais pour offrir 250 000 $ de réduction d'impôts à ceux qui gagnent 3 millions de dollars par an ou plus », a dénoncé Barack Obama.

6 % d'indécis parmi les électeurs

Les conseillers de Romney pensent que les appels répétés pour une implication moins forte de l'État fédéral touchent les électeurs indépendants, en particulier les femmes indécises vivant dans les zones résidentielles.

Les républicains ont martelé ce thème en 2010 pour reconquérir la Chambre des représentants. Entre 2008 et 2010, le point de vue des électeurs indépendants sur la question a beaucoup bougé, selon les sondages. En 2008, 43 % d'entre eux pensaient que le gouvernement devait faire plus, contre 49 % pensant le contraire. En 2010, ces chiffres étaient passés respectivement à 28 % et 65 %.

Mais cette stratégie comporte des risques, avouent des conseillers républicains. Les électeurs indécis sont favorables à une discipline budgétaire accrue lorsqu'elle est liée à la croissance économique, mais ils la rejettent lorsqu'elle signifie l'austérité.

Les indécis représentent environ 6 % des électeurs, selon des sondages récents. Environ 19 % des électeurs déclaraient pouvoir changer d'avis, selon un sondage Washington Post/ABC News datant du mois dernier. Des chiffres à comparer avec les 10 % d'indécis et les 25 % d'électeurs déclarant pouvoir changer d'avis à la même époque en 2008.

Selon le sondeur pro-Romney Neil Newhouse, le nombre d'indécis est souvent plus important dans une élection sans candidat sortant, comme en 2008. Là, le défi de les convaincre revient au seul candidat républicain, affirme-t-il. « Les électeurs ont un avis clair concernant Barack Obama. Ils sont indécis quant à Mitt Romney », résume-t-il.

Les républicains motivés

Les sondages montrent en tout cas que les républicains sont davantage motivés par l'élection de novembre que les démocrates. Obama doit donc trouver un moyen de susciter une motivation égale dans son camp. « L'un des défis est que la base républicaine semble plus motivée que la base démocrate. C'est un gros défi pour le président », reconnaît Doug Hattaway, stratège démocrate et conseiller d'Hillary Clinton lors des primaires de 2008.

Au quartier général de Mitt Romney à Boston, le choix de Paul Ryan comme colistier a été clairement conçu pour mobiliser les conservateurs dubitatifs quant à l'ancrage idéologique de Romney, faire passer un message fiscal aux indécis et améliorer globalement l'image de Romney.

« Ils s'adressent à leur base, mais l'enjeu de cette élection est de convaincre la classe moyenne, les travailleurs », avertit le sondeur pro-Obama Joel Benenson.

Romney récolte 7 millions de dollars en deux jours

Pendant deux jours, vendredi et samedi, le candidat républicain Mitt Romney a sillonné son État du Massachusetts, où il a collecté près de 7 millions de dollars pour sa campagne électorale.

Pour parvenir à cette somme, l'équipe républicaine a organisé des événements qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Sur l'île de Martha's Vineyard par exemple, où M. Romney a participé à un repas, les invités avaient tous déboursé 50 000 $ pour déguster des fruits de mer et voir le candidat républicain de près.

Parmi d'autres activités, le clou du spectacle était un dîner en bord de mer sur l'île de Nantucket, au sud de Cape Cod, où les convives avaient déboursé chacun 75 000 $.

En juillet, M. Romney avait bénéficié de plus de 100 millions de dollars de dons. Pour le troisième mois consécutif il faisait mieux que M. Obama, qui avait levé 75 millions de dollars sur la même période.

Avec AFP


Associated Press

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