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PLQ : Rita de Santis, une immigrante qui veut «redonner à la société» ce qu'elle a reçu

Sophie-Hélène Lebeuf

Signe des temps, pour la première fois, un débat des chefs lié à une campagne électorale québécoise a opposé deux hommes... et autant de femmes. La politique québécoise n'en reste pas moins une arène très majoritairement masculine. À la dissolution de la Chambre, les femmes ne formaient que 28 % de l'ensemble de la députation. L'élection du 4 septembre ne devrait pas bouleverser la donne, puisque 254 femmes sur 894 candidats - une proportion de 28,4 % - briguent les suffrages. Radio-Canada.ca a interviewé cinq des candidates à l'assaut de cet univers aux luttes souvent féroces. Le thème? La politique au féminin.

Immigrante d'origine italienne et fille d'une couturière et d'un mécanicien, Rita de Santis dit croire en l'égalité des chances, notamment entre les femmes et les hommes. Si, à une époque, la politique québécoise fournissait peu de modèles féminins, elle-même a eu le privilège, lorsqu'elle était adolescente, d'avoir comme députée Claire Kirkland-Casgrain, la toute première femme élue à l'Assemblée nationale, première aussi à accéder au Cabinet. « Pour moi, c'était tout à fait normal que les femmes soient en politique », se rappelle-t-elle. Reconnaissante des chances que sa terre d'accueil lui a données, Mme de Santis se voit à son tour prête à sauter dans l'arène politique.

« Ça me semble tout à fait normal qu'à ce moment de ma vie, je prenne le [temps] de redonner un peu à ma société. C'est à mon tour d'aider. »

Rita de Santis

Soulignant les avancées réalisées par les Québécoises au cours des dernières décennies, elle dit des femmes de sa génération qu'elles ont grandi « dans un autre monde ». Cette avocate, que le Réseau des femmes exécutives a inscrite, en 2009, dans son palmarès des 100 Canadiennes les plus influentes, estime que le temps est maintenant venu pour elle de « penser plus grand ».

Trois mots ou expressions qui résument selon vous ce que les femmes apportent à la politique :

Les femmes font-elle de la politique autrement?

« C'est sûr qu'il faut se battre, mais on ne fait pas la politique de la même façon, comme on ne vit pas notre vie quotidienne de la même façon. Les femmes sont, la plupart du temps, beaucoup plus rassembleuses. »

Rita de Santis

J'ai siégé à certains conseils d'administration où les hommes croyaient que les choses devaient être faites d'une certaine façon. Mais chaque fois qu'il fallait aller vers les professeurs et les étudiants pour trouver des solutions, ils préféraient m'envoyer parce que ma façon de traiter les problèmes était différente et réussissait parfois beaucoup, beaucoup mieux que la façon qu'eux suggéraient.

« [Quand j'étais une jeune femme], il fallait faire beaucoup mieux que tous les autres pour réussir. Aujourd'hui, les jeunes sont confiantes, elles savent qu'elles peuvent réussir. »

Rita de Santis

Le traitement réservé aux politiciennes est-il pire que celui réservé aux hommes?
Je ne sais pas, je viens de me lancer en politique, je pourrai répondre à cette question peut-être dans deux ou trois ans!

« Les femmes ont beaucoup de choix et on ne devrait pas les "stresser" à prendre des décisions qu'elles ne veulent pas prendre. [...] Si une femme veut être une maman et rester à la maison, il faut honorer ce choix. »

Rita de Santis

Quel enjeu qui concerne les femmes vous touche particulièrement?
Je crois que les choses qui me touchent touchent aussi les hommes. Dans mon monde, les hommes et les femmes jouent des rôles complémentaires, dans la famille ou dans les entreprises.

Mais il y a peut-être une exigence de perfection, qui est davantage féminine.

« Certaines femmes croient qu'il faut toujours être parfaite pour réussir. Rien n'est parfait. Il faut accepter le fait qu'on va avoir des échecs et qu'après les échecs, il y aura la réussite. »

Rita de Santis

C'est une chose que les femmes doivent comprendre et accepter.

Quelle est la réalisation personnelle dont vous êtes le plus fière, particulièrement parce que vous êtes une femme?
Le fait que j'ai une famille, que je suis avec mon mari au centre de cette famille, me rend très fière.

Quel est le plus grand défi que vous avez dû relever en tant que femme?
Je parle encore comme une femme de ma génération, qui est née dans les années 1950 : je dirais avoir confiance en moi-même. Mais je trouve que j'avais beaucoup plus confiance en moi-même quand j'étais jeune qu'aujourd'hui. Ça me prend un peu plus d'énergie tous les jours pour dire : « OK, je vais accomplir cela. »

Qu'est-ce que la femme que vous êtes peut apporter à la politique québécoise ?

J'ai 31 années d'expérience en tant qu'avocate dans un grand bureau de Montréal et du Canada. Mais, au-delà de mon expérience professionnelle, je crois que je peux apporter mon expérience de vie sociale et mon attitude vis-à-vis des problèmes que M. et Mme Tout-le-monde vivent tous les jours.

Je suis immigrante. Je suis arrivée à l'âge de 4 ans. J'ai eu la chance, à travers les écoles publiques, de rencontrer des personnes qui m'ont toujours voulu du bien, qui ont fait en sorte que je sois toujours à la recherche de l'excellence, qui ont partagé beaucoup avec moi et de qui j'ai appris.

« Pour moi, l'éducation est très, très importante parce que ç'a été ma porte d'entrée dans ma société d'accueil, qui m'a ensuite permis de réussir dans la vie en tant que professionnelle dans une grande firme d'avocats et aussi de réussir ma vie affective, de rencontrer des gens de partout. »

Rita de Santis

Je ne crois pas qu'on soient nés égaux. Certains enfants sont nés à Saint-Henri et d'autres sont nés à Westmount. Il y a déjà une inégalité qui existe. Mais ce en quoi je crois sincèrement, c'est à l'égalité d'opportunités parce que, en tant que personne, j'y ai eu accès. Je veux m'assurer que d'autres ont aussi cette chance et redonner à la société un peu de ce que j'ai reçu.

Y a-t-il une députée d'un autre parti que le vôtre que vous admirez?
Même si je ne suis pas d'accord avec elle, j'admire Mme Marois parce que ça lui a pris énormément de courage pour aller en politique et pour devenir chef d'un parti qui n'est pas facile à gérer.

Y a-t-il une personnalité féminine qui est pour vous un modèle?
Ce que j'aimais de Golda Meir [première ministre d'Israël (1969-1974)], c'était le fait que, quand elle avait des décisions à prendre avec son cabinet, elle les invitait dans sa cuisine, elle préparait le repas et tout le monde s'assoyait autour d'une table pour prendre une décision. Je suis d'origine italienne, la table et la cuisine sont très importantes. Je voudrais faire la même chose!

Pour me joindre :

sophie-helene.lebeuf@radio-canada.ca

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