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PQ : Rosette Côté, une candidate qui veut défendre des idées tout en humanisant la politique

Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Signe des temps, pour la première fois, un débat des chefs lié à une campagne électorale québécoise a opposé deux hommes... et autant de femmes. La politique québécoise n'en reste pas moins une arène très majoritairement masculine. À la dissolution de la Chambre, les femmes ne formaient que 28 % de l'ensemble de la députation. L'élection du 4 septembre ne devrait pas bouleverser la donne, puisque 254 femmes sur 894 candidats - une proportion de 28,4 % - briguent les suffrages. Radio-Canada.ca a interviewé cinq des candidates à l'assaut de cet univers aux luttes souvent féroces. Le thème? La politique au féminin.

Cette entrevue est la dernière de cinq entrevues avec des candidates de partis différents.

Si le nom de Rosette Côté n'est pas connu de tous, son action a néanmoins contribué à améliorer les conditions de travail de dizaines de milliers de femmes travaillant dans la fonction publique, puisqu'elle a présidé la Commission sur l'équité salariale, dans les années 2000. Aujourd'hui consultante en leadership, elle affiche une impressionnante feuille de route : elle a oeuvré dans l'enseignement, la haute administration publique, le milieu syndical et des cabinets politiques. Le pouvoir au féminin, donc, elle le connaît. Pour l'avoir étudié, pour l'avoir enseigné, pour en avoir été témoin et pour y avoir elle-même participé dans des domaines divers.

« Il y a toujours un double standard qui guette les femmes. [...] Si elles mettent le poing sur la table, elles sont agressives. Si elles parlent doucement, elles ne sont pas décidées. Elles sont toujours aux prises avec une culture où elles doivent faire plus d'efforts pour prouver qu'elles sont bonnes. »

Une citation de :Rosette Côté

La politique doit se faire avec écoute et empathie, dit la candidate, qui souligne toutefois que le domaine restera toujours un lieu de débat. Ce « n'est pas une confrontation des personnes, c'est une confrontation des idées et souvent on confond les deux , analyse-t-elle. Si le Québec commence à voir des femmes dans les hauts lieux de pouvoir, il gagnerait à en avoir plus, poursuit-elle, nommant en exemple... sa chef. « Si Mme Marois est élue - et je crois qu'elle le sera - pour les jeunes et pour les femmes, ce sera un modèle différent », se réjouit-elle.

Trois mots ou expressions qui résument selon vous ce que les femmes apportent à la politique :

Pourquoi ne vous êtes-vous pas laissée arrêter par ces obstacles ?

Depuis quatre ans, j'invite les femmes à investir les lieux décisionnels du pouvoir et leur enseigne les stratégies pour être influentes et changer le fonctionnement et la culture politiques. Il était donc temps que j'applique mon enseignement à moi-même et que j'aille sur les bancs de la politique. Aussi, pour avoir côtoyé tant de femmes de qualité et compétentes, je crois qu'il est temps que nous ayons une femme première ministre pour que les jeunes aient enfin des modèles de leadership différents et qu'elles puissent dire : « Nous sommes aussi bien capables de gouverner que les hommes, autant dans des postes de pouvoir stratégiques que dans des lieux d'influence économiques et sociaux ». Dans l'atteinte de l'égalité hommes-femmes, il est maintenant temps que la société québécoise accorde sa pleine confiance aux femmes dans la gouvernance politique.

Récemment, Pauline Marois a affirmé qu'il y avait moins de femmes en politique parce que certaines d'entre elles souffraient d'un manque de confiance en soi. Vous partagez donc son opinion. Pouvez-vous m'en dire plus ?

Au cours des quatre dernières années, j'ai donné de la formation dans les municipalités de presque tout le Québec au sujet du leadership et des obstacles que les femmes vivent. Le manque de confiance en soi était ce que les femmes mettaient elles-mêmes en évidence - et ça rejoint l'ensemble des recherches dans le domaine à travers le monde, que ce soit auprès des femmes du milieu politique, du milieu des affaires ou dans d'autres postes décisionnels.

« Les femmes mettent toujours la barre très, très haute. On exige d'elles beaucoup de compétences. J'ai fréquenté des femmes de haut niveau qui, après avoir pris la parole en public, demandaient à leurs collègues : « est-ce que j'ai bien fait ça? ».

Une citation de :Rosette Côté

Plusieurs femmes ont besoin du regard de l'autre pour leur dire qu'elles sont bonnes, elles ont besoin de considération et d'approbation.

« Aller en politique, c'est développer les deux approches : une approche combative, de débat, de confrontation, mais aussi une approche d'écoute, une capacité de se mettre dans les souliers de l'autre, de comprendre ce qui se passe chez l'autre, de consulter les autres, de dégager des consensus sinon une majorité, d'être préoccupé par les personnes, d'humaniser la politique. »

Une citation de :Rosette Côté

Le traitement réservé aux politiciennes est-il pire que celui réservé aux hommes ?
On ne fait pas de cadeau aux politiciennes. Je pense que c'est très difficile d'être une politicienne parce qu'on leur en demande toujours plus, même si on ne veut pas le dire. On se base beaucoup sur leur apparence pour les juger et on fait souvent appel à leur vie privée pour les juger aussi.

Quel est à vos yeux le principal problème auquel sont confrontées les femmes québécoises en 2012?

Je vais vous parler de ce que j'ai observé, notamment dans la relation que les femmes ont avec le pouvoir. L'enjeu qui confronte les femmes est vraiment la mixité dans les lieux de pouvoir et aussi l'apprentissage des stratégies politiques à avoir dans les milieux décisionnels, dans des bastions qui sont plus masculins. Nos stratégies sont différentes si nous sommes dans un milieu qui est plus féminin ou plus masculin.

Le bon leader, qui est recherché même par les chasseurs de têtes, est capable de marier des comportements féminins et des comportements masculins, de marier par exemple le coeur et la raison, en tenant compte du contexte et des personnes avec qui il échange. C'est comme ça que j'organisais mes formations.

« Je suis un peu comme toutes les femmes de la Terre. Je suis capable de me battre dans des lieux de conflit... mais je dois apprendre à ne pas prendre ça personnellement! »

Une citation de :Rosette Côté

En quoi êtes-vous particulièrement fière du Québec quant à la place des femmes ?

Ce dont on doit être le plus fier, je pense, c'est l'ensemble des outils qu'on a mis en place pour permettre aux femmes de concilier travail et famille, et pour leur permettre d'occuper des postes décisionnels. Le fait qu'on ait une politique de la petite enfance qui amène des garderies, qui a d'ailleurs été faite sous le gouvernement du Parti québécois, rend à la fois les femmes moins pauvres et leur permet de rester sur le marché du travail. Et ça permet aussi aux hommes d'intégrer toutes les responsabilités liées à l'éducation des enfants. On peut se réjouir aussi de commencer à avoir des modèles de femmes dans des lieux de pouvoir.

Quelle est la réalisation personnelle dont vous êtes la plus fière, particulièrement parce que vous êtes une femme ?
D'avoir été présidente de la Commission d'équité salariale et d'avoir permis aux femmes qui exerçaient des postes plus féminins d'avoir une reconnaissance des habilités qui étaient toujours méconnues.

Quel est le plus grand défi que vous avez dû relever en tant que femme ?
C'est d'être capable de fonctionner dans des milieux majoritairement masculins sans perdre l'objectif que je poursuivais, qui était de faire avancer des causes. L'autre chose que j'ai trouvée la plus difficile, c'est lorsque je suis entrée au gouvernement et que j'avais la responsabilité d'élaborer la loi sur la perception des pensions alimentaires. Il y en avait toujours un qui trouvait que ça n'avait pas de bon sens parce qu'il avait une pension alimentaire à payer et qu'il s'opposait à la perception automatique.

« Je suis une fille qui a toujours été considérée comme étant droite, parfois on disait même que j'étais "carrée" parce que je dis les choses comme je les sens et comme je les vis. Je ne veux pas répéter de cassette. »

Une citation de :Rosette Côté

Y a-t-il une députée d'un autre parti que le vôtre que vous admirez ?
J'aime toujours vérifier les comportements en rapport avec les valeurs prônées avant de donner ma confiance aux gens. Je donne donc le nom d'une députée que j'ai connue personnellement : Christiane Pelchat, qui a été députée du Parti libéral alors que nous siégions ensemble à la Commission Campeau-Bélanger [sur l'avenir constitutionnel de la province], en 1989. Nous avons fraternisé et, ensuite, je l'ai retrouvée au Conseil du statut de la femme. Là, elle ne s'est pas démentie et elle a eu des comportements conformes aux valeurs évoquées dans nos longues conversations antérieures, malgré le fait qu'elle défendait le fédéralisme et moi la souveraineté. Je lui lève donc mon chapeau!

Y a-t-il une personnalité féminine qui est pour vous un modèle ?
Au Québec, j'ai admiré Lise Payette. Cette femme-là a contribué beaucoup quand elle est arrivée au gouvernement. Ce n'était pas toujours facile avec l'équipe avec laquelle elle travaillait, et elle a réussi à tirer son épingle du jeu et à doter le Québec, notamment, d'un nouveau régime d'assurance-automobile.

Pour me joindre :

sophie-helene.lebeuf@radio-canada.ca (Nouvelle fenêtre)

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