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Les partis se préoccupent-ils suffisamment des aînés?

Un couple de personnes âgées prend une marche
Bruno Maltais

Tandis que les formations politiques prennent des engagements en faveur des aînés, certains groupes qui représentent ces derniers restent sur leur appétit et s'interrogent sur l'importance accordée au vieillissement de la population du Québec.

Pour améliorer la qualité de vie des aînés et diminuer les coûts associés au vieillissement de la population, la Coalition avenir Québec (CAQ) s'engage à inverser la proportion des dépenses consacrées aux aînés vivant à domicile par rapport aux dépenses dans les centres d'hébergement.

Présentement, le gouvernement du Québec consacre 20 % des dépenses pour le soutien à domicile et 80 % pour l'hébergement institutionnel, selon le dernier rapport de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux. Le ratio passerait donc à 80 % des dépenses pour les soins à domicile et 20 % pour l'hébergement institutionnel.

Si la mesure de la CAQ est plus précise que celle des autres partis, le parti de François Legault n'est toutefois pas le seul à vouloir améliorer les soins à domicile.

Par exemple, le Parti québécois s'engage à « prioriser les soins et les services à domicile en s'appuyant notamment sur les entreprises d'économie sociale » et « adopter une véritable politique de soins à domicile et mettre en place une assurance autonomie », tandis que Québec solidaire s'engage à « mettre en place un soutien à domicile élargi ».

Option nationale n'a pas de mesure spécifique pour les aînés dans sa plateforme électorale, mais propose différentes mesures en santé qui auraient directement et indirectement un effet sur la qualité de vie des aînés. De son côté, le Parti libéral du Québec n'a pas encore pris d'engagement à ce sujet.

« On ne peut pas être contre la vertu, mais... »

Le Réseau FADOQ, qui regroupe 235 000 membres de 50 ans et plus, se réjouit des engagements de la CAQ et des autres partis pour améliorer la qualité de vie des aînés, mais déplore le manque de vision globale des principales formations politiques.

« On ne peut pas faire autrement qu'accueillir positivement les mesures qui peuvent aider, mais quand on parle de maintient à domicile, ce n'est pas juste le fait qu'on n'est pas en bonne santé et qu'on veut rester dans notre maison », soutient Lyne Rémillard, directrice adjointe de la FADOQ. La capacité financière de rester à domicile, le maintien au travail et l'accès aux services sont autant d'éléments qui doivent être pris en considération pour maintenir les aînés à domicile, souligne l'organisme qui défend les 3 millions de Québécois de 50 ans et plus.

Par exemple, Mme Rémillard s'inquiète que la CAQ propose d'aider les aînés vivant à domicile tout en s'engageant à supprimer 7000 postes dans la fonction publique et à abolir les commissions scolaires et les agences de la santé, des mesures qui pourraient pousser prématurément certains travailleurs à la retraite.

Jusqu'à maintenant, « il n'y a aucun des trois principaux partis qui a dit "OK, il y a un phénomène [de vieillissement de la population] au Québec, et voici comment on entend fonctionner au cours des prochaines années". C'est un peu déplorable », affirme Mme Rémillard. « Sans vouloir être trop péjorative, on a l'impression que les partis nous donnent des bonbons », ajoute-t-elle. « On parle beaucoup de corruption, des étudiants, et oui il faut essayer d'assainir la politique et s'occuper des étudiants, mais ce n'est pas tout », renchérit-elle.

De son côté, l'Association québécoise des retraités du secteur public et parapublic (AQRP) soutient que « c'est un faux débat que d'avoir à choisir entre les soins à domicile et l'hébergement en CHSLD. La clientèle n'est pas la même. [...] Il y a 4300 personnes au Québec qui attendent une place en CHSLD, et ces gens-là n'obtiendront pas les soins dont ils ont besoin si on les maintient à domicile », a réagi Mathieu Santerre, porte-parole de l'association qui représente 28 000 membres.

L'AQRP demande aux partis de s'engager à attribuer 300 millions de dollars de plus par année pour les soins à domicile, de façon récurrente, dès la première année du prochain mandat, à créer 5000 nouvelles places en CHSLD en cinq ans, et à créer 200 nouveaux lits de soins palliatifs, répartis dans les régions prioritaires et les zones rurales.

Quelques chiffres

Cette année, 16 % des Québécois ont 65 ans et plus. En 2031, l'Institut de la statistique du Québec prévoit qu'ils seront 25 %.

En 2007, l'Institut canadien d'information sur la santé estimait que les sommes consacrées aux personnes âgées de 65 à 69 ans étaient d'environ 5000 $, tandis que celles pour les aînés de 85 ans et plus étaient de plus de 20 000 $.

Présentement, environ 2 % de la population a 85 ans et plus, et cette proportion devrait atteindre 3,7 % en 2031, selon l'Institut de la statistique du Québec.

Dans un rapport publié l'an dernier, l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux souligne par ailleurs que « contrairement à ce que l'on pourrait croire, entre 1998 et 2007, les dépenses en santé pour l'ensemble des personnes de 65 ans et plus n'ont pas été marquées de façon significative par l'augmentation de la population âgée ».

Aux élections générales de 2008, le taux de participation des personnes âgées de 65 ans était de 74,01 %.

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