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L'algue Didymo toujours présente dans les rivières de l'Est du Québec

Riviere Bonaventure

Rivière Bonaventure

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La présence de cellules microscopiques de l'algue dydimo se confirme sur la plupart des rivières de l'Est du Québec. Le bas niveau des rivières et la chaleur intense semblent ralentir la prolifération de cette algue envahissante. Celle-ci pourrait cependant s'accélérer dès l'automne.

La biologiste Carole-Anne Gillis prépare une thèse de doctorat sur cette algue méconnue. Avec l'aide d'un réseau d'observateurs, elle scrute les cours d'eau de la région et recueille des données qui sont partagées avec d'autres chercheurs de la Nouvelle-Zélande, du Colorado et de Vancouver.

De la rivière Bonaventure à la pourvoirie Lechasseur au sud de Rimouski, la plupart des rivières de l'Est du Québec sont exposées, tôt ou tard, à une prolifération.

« Possiblement la Bonaventure risque d'avoir une saison assez tardive de prolifération, la Matapédia et sinon les tributaires qui sont récurrents en ce moment, la Mitis risque fort bien aussi d'avoir des proliférations automnales », affirme Carole-Anne Gillis.

Impacts de la prolifération

La prolifération de l'algue Didymo n'est pas une conséquence de la pollution ou d'un excès de phosphore dans l'eau, comme c'est le cas pour les cyanobactéries (algues bleu-vert). Elle ne rend pas non plus l'eau impropre à la consommation, puisqu'elle n'est pas toxique.

Amas de l'algue Didymo, en 2006, sur les rives de la rivière MatapédiaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Amas de l'algue Didymo, en 2006, sur les rives de la rivière Matapédia

Photo : Conseil de bassin versant de la rivière Matapédia

Dans des cas extrêmes, elle pourrait toutefois avoir des effets sur la chaîne alimentaire des cours d'eau et même modifier la composition des communautés d'invertébrés des rivières. En 2006, des études du ministère des Ressources naturelles et de la Faune n'avaient pas permis de démontrer que l'algue avait un impact quantifiable sur les populations de saumons juvéniles dans la rivière Matapédia, alors qu'une quantité importante d'algues Didymo y avaient été observée.

Carole-Anne Gillis surveille actuellement le comportement des saumons dans des zones où l'algue est bien présente. « Là on est en train d'étudier la sélection d'habitats, donc est-ce que les saumons juvéniles vont aller vers le tapis de dydimo pour s'alimenter ou est-ce qu'ils vont préférer les éviter et s'alimenter ailleurs », explique la biologiste.

Les chercheurs ignorent toujours ce qui déclenche la prolifération de l'algue dydimo. Une fois installée dans un cours d'eau, algue envahissante y demeure. Sa quantité ainsi que la vitesse avec laquelle elle se multiplie varient toutefois d'une année à l'autre. Cet été, c'est la chaleur qui l'aurait ralentie.

Ailleurs dans le monde

Plusieurs pays ont observé la prolifération de l'algue dydimo dans leurs cours d'eau depuis le milieu des années 1980. Des rivières de la Colombie-Britannique ainsi que des cours d'eau du versant est des montagnes Rocheuses en Alberta ont été touchées. Cette algue a aussi été retrouvée dans l'ouest des États-Unis ainsi qu'en Europe, dans des pays comme la Finlande, l'Irlande, la Norvège, la Pologne ou encore la Roumanie.

En Nouvelle-Zélande, l'algue Didymo a été déclarée officiellement « organisme indésirable », alors que plusieurs rivières ont été grandement perturbées par sa prolifération.

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