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Le maire Tremblay dévoile sa liste de demandes aux partis politiques

Le reportage de Jacques Bissonnet
Radio-Canada

Le maire de Montréal demande aux partis politiques de dévoiler les investissements qu'ils comptent effectuer dans la métropole pour réaliser des projets qu'il évalue à 3 milliards de dollars pour les prochaines années.

Dans une conférence de presse tenue lundi après-midi, le maire Gérald Tremblay a dressé une liste de cinq dossiers pour lesquels il souhaite connaître les intentions des principaux partis en lice.

Il demande ainsi aux partis :

  • de dévoiler le plan d'investissement pour poursuivre la remise en état des infrastructures, notamment pour le réseau d'eau et les travaux de voiries;
  • de dire s'ils sont prêts à investir dans le prolongement du Quartier des spectacles jusqu'à la rue Saint-Hubert;
  • de dire s'ils sont prêts à bonifier le fonds dédié au développement économique de Montréal, déjà doté de 175 millions de dollars;
  • de dire s'ils privilégient une augmentation de la taxe d'accise sur l'essence, une augmentation des frais d'immatriculation ou l'instauration d'un péage régional pour financer le développement du réseau de transport collectif;
  • de dévoiler leur plan par rapport au développement de l'Est de Montréal, notamment en ce qui concerne la décontamination des anciens sites industriels et le désenclavement du boulevard L'Assomption, afin de contribuer à désengorger le boulevard Notre-Dame.

Le maire Tremblay, lui-même un ancien ministre libéral, a précisé qu'il n'appuie aucun parti en particulier, puisque ses commettants sont de toutes les tendances politiques.

Le maire contre un débat de structure

Il a cependant commenté les plus récentes propositions de la Coalition avenir Québec, qui soutient que le développement de Montréal et de son réseau de transport collectif est freiné par la lourdeur des structures administratives en place dans la métropole.

Le parti de François Legault propose de réduire le nombre de conseillers de 103 à moins de 50, de redonner à la Ville des pouvoirs actuellement dévolus aux arrondissements et de remplacer l'Agence métropolitaine des transports par une société d'État chargée de planifier, financer et réaliser les travaux d'infrastructures.

« Montréal a besoin de stabilité », a soutenu le maire de Montréal, qui s'est résolument prononcé contre un éventuel débat de structure susceptible « de déstabiliser Montréal, de retourner 10 ans en arrière ».

Selon le maire Tremblay, les Montréalais ne veulent pas de ce débat non plus. Qui plus est, une réduction du nombre d'élus dans la métropole ne permettra pas de sauver des deniers publics, avance-t-il, puisque les élus seraient remplacés par des attachés politiques.

Le maire a aussi souligné que les 205 000 citoyens des villes liées à Montréal sont représentées par 113 élus. La CAQ déplore que Montréal soit représentée par 103 élus, alors que Toronto et New York, qui sont plus populeuses, sont respectivement gouvernées par 45 et 57 élus.

Selon Gérald Tremblay, Montréal doit plutôt continuer d'investir dans son développement économique, social, culturel et durable, en partenariat avec la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

« Le 450 et le 514 parlent maintenant d'une seule voie », a déclaré le maire, qui a dit vouloir éviter que les partis divisent la ville centre et ses banlieues pour des considérations électoralistes.

On ne peut plus isoler Montréal. Montréal ne peut pas réussir seule. Montréal doit réussir avec les 82 villes de la CMM.

Gérald Tremblay

Le maire Tremblay admet que le cadre financier actuel du gouvernement du Québec ne permet pas de financer tout à la fois le prolongement du métro de Montréal et le développement des trains de banlieue.

C'est précisément pourquoi les partis doivent dire s'ils préconisent une augmentation de la taxe d'accise sur l'essence, une augmentation des frais d'immatriculation ou l'instauration d'un péage régional pour y parvenir.

« Si on peut faire ça, à ce moment-là, on est capable de réaliser le prolongement du métro, et on est capable de faire le train de l'Est et le train de l'Ouest », a indiqué le maire Tremblay.

« Donnez-nous, les élus municipaux, la responsabilité de réaliser nos ambitions au niveau du transport collectif », a-t-il dit. « La solution n'est pas de prioriser l'un plutôt que l'autre. L'important, c'est qu'on puisse le financer. »

L'hôtel de ville de MontréalL'hôtel de ville de Montréal Photo : Luc Lavigne

Les propositions de la CAQ divisent l'opposition

Vision Montréal, qui forme l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, se réjouit pour sa part de la réduction proposée du nombre d'élus sur l'île, a fait savoir la mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc Extension, Anie Samson.

« Depuis 2002, on est passé de 51 élus avant la fusion à 103 élus. On a doublé le nombre d'élus, on a doublé les structures administratives, finalement, on a fait le contraire de ce que la fusion devait donner », soutient-elle.

« Ça fait depuis la création de la nouvelle ville qu'on dit que ce n'est pas en donnant plus d'élus qu'on va régler les problèmes, c'est justement en [le] diminuant, en rendant ça beaucoup plus efficace », poursuit Mme Samson.

Le parti de Richard Bergeron, Projet Montréal, dénonce plutôt le fait que la CAQ mise sur le développement de trains de banlieue plutôt que sur celui du métro, notamment dans l'est de Montréal.

Il soutient qu'avec cette approche, la CAQ cherche à courtiser l'électorat des banlieues de Montréal, mais que cela se fera au détriment des résidents de la métropole.

Le PQ ne veut pas « rejouer dans les structures »

Les propositions de François Legault ne trouvent pas davantage d'oreilles bienveillantes au sein du Parti québécois. En conférence de presse, lundi, la chef Pauline Marois a affirmé qu'elle n'a « pas l'intention de rejouer dans les structures » de Montréal.

« On a des projets beaucoup plus ambitieux au niveau du transport en commun, et de grandes politiques que l'on voudrait pouvoir appliquer sur la métropole, dont je vous parlerai un peu plus tard d'ailleurs », a-t-elle affirmé lorsqu'interrogée sur le sujet.

La chef péquiste convient que le modèle de gouvernance en place à Montréal est « lourd » et « complexe », une situation qu'elle impute au gouvernement libéral, « qui est revenu sur un travail que nous avions fait », mais n'a pas l'intention de s'en mêler pour autant.

« Il y a peut-être des améliorations qu'on peut apporter, mais je n'ai pas l'intention de rebrasser les structures, à moins que les gens fassent consensus sur Montréal pour souhaiter ces modifications. À ce moment-là, on travaillera avec le milieu », a-t-elle laissé tomber.

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