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L'armée syrienne lance son offensive contre Alep

Des résident d'Alep, le 6 août 2012
Des résident d'Alep, le 6 août 2012 Photo: AFP / ACHILLEAS ZAVALLIS

L'armée syrienne et les rebelles se livrent une bataille sans merci mercredi pour le contrôle d'Alep, considérée comme le poumon économique du pays.

Les troupes régulières, appuyées par des chars et des blindés, ont lancé dès les premières heures du jour une offensive terrestre d'envergure et pénétré le principal quartier dissident d'Alep, Salaheddine.

« Il s'agit des combats les plus féroces autour du quartier et dans certaines rues de Salaheddine » depuis le début des affrontements à Alep le 20 juillet, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Le mouvement des insurgés devient difficile en raison de l'entrée des chars et du déploiement de tireurs sur les toits. « Nous nous sommes repliés, nous sommes partis », a même lancé un opposant à un journaliste de Reuters, disant que les rebelles syriens avaient dû battre en retraite et abandonner leurs positions.

Alep, le 7 août 2012 selon une vidéo diffusée sur YouTubeAlep, le 7 août 2012 selon une vidéo diffusée sur YouTube Photo : AFP

Une source au sein des services de sécurité syrienne a d'ailleurs confirmé la reprise du quartier de Salaheddine par les forces armées, ce qu'a réfuté un commandant local de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs de l'armée régulière.

« Les forces du régime ont avancé du côté de la rue Al-Malaab avec des chars et des blindés et des combats féroces se déroulent actuellement dans cette zone », a déclaré Wassil Ayoub, précisant toutefois que « les soldats du régime sont présents sur moins de 15 % du quartier ».

« Nous ne nous sommes pas retirés, nos hommes sont toujours là et la situation est en notre faveur. Nous avons seulement laissé un immeuble que nous occupions dans une des rues. Ce n'est pas comme si nous nous repliions », a souligné un autre membre de l'ASL, Abou Firas.

À environ un kilomètre de là, des hélicoptères survolaient un commissariat de police toujours entre les mains des rebelles. Le pilonnage « intense » de l'armée visait également les quartiers de Kartadji, Tariq al-Bab et Chaar, selon l'OSDH, où des explosions et des coups de feu étaient entendus.

Au moins 13 personnes, dont une femme et deux enfants, ont été tuées mercredi à Alep. Une treizième personne a été tuée par des tireurs embusqués dans la localité de Orm, a précisé l'organisation basée à Londres.

Ces images satellites montrent à Alep et dans la petite ville voisine d'Anadan plus de 600 cratères formés par l'impact d'obus d'artillerie, selon Amnistie internationale.Ces images satellites montrent à Alep et dans la petite ville voisine d'Anadan plus de 600 cratères formés par les impacts d'obus d'artillerie, selon Amnistie internationale. Photo : AFP / Amnistie internationale

Ces nouvelles violences surviennent au lendemain de l'engagement du président Bachar Al-Assad « à purger le pays des terroristes et à les combattre sans répit », ajoutant être déterminé à écraser la rébellion contre son régime qui dure depuis près de 17 mois.

Amnistie internationale dénonce de son côté la violence des bombardements de l'armée syrienne sur la ville d'Alep, poumon économique du pays, s'appuyant sur des images satellites qui confirment l'utilisation d'armes lourdes sur des zones résidentielles.

L'organisme précise que « toutes les attaques contre les civils seront documentées de manière à ce que leurs auteurs aient à rendre des comptes », tant du côté de l'opposition que du régime.

« L'armée syrienne et les combattants de l'opposition doivent des deux côtés adhérer aux lois humanitaires internationales qui interdisent formellement le recours à des tactiques et à des armes qui ne font pas la distinction entre les cibles militaires et civiles », a déclaré par voie de communiqué le responsable des opérations d'urgence auprès d'Amnistie internationale, Christoph Koett.

Rencontres au sommet

La France, qui présidera le Conseil de sécurité de l'ONU pendant le mois d'août, a confirmé qu'une réunion ministérielle du Conseil se tiendra le 30 août. La rencontre sera consacrée à la situation syrienne.

Il n'est cependant pas garanti que la Russie et la Chine participeront à cette réunion, qui sera présidée par Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères.

D'autre part, une douzaine de pays se réuniront jeudi à Téhéran, en Iran, aussi pour discuter de la Syrie. Le Liban et Kofi Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, ont tous deux affirmé qu'ils n'y enverraient pas de représentant.

Étant donné sa démission, le mandat de Kofi Annan se terminera le 31 août.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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