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Les retraités présentent leurs doléances au futur gouvernement

Le reportage de Martine Biron

L'Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) a formulé vendredi une dizaine de demandes aux partis politiques dans le cadre de la campagne électorale.

Selon l'AQRP, les personnes âgées ne sont pas considérées à leur juste valeur dans les lieux de pouvoir québécois. C'est pourquoi l'AQRP se fait le porte-parole des personnes du troisième âge dans cette campagne.

« Nous adressons aux principaux partis politiques dix demandes pour les aînés du Québec. Ces demandes sont précises et représentent les besoins les plus criants des personnes âgées québécoises. Nous demandons aux principaux partis de s'engager à y répondre favorablement », écrit dans un communiqué la présidente de l'AQRP, Lyne Parent.

Selon l'AQRP, les personnes âgées peuvent contribuer, par exemple, de façon notoire aux problèmes économiques liés au marché du travail.

Un point de vue que partage le Réseau FADOQ (anciennement Fédération de l'Âge d'Or du Québec) qui souligne qu'il y a près de trois millions de personnes âgées de 50 ans et plus au Québec. Le Réseau demande lui aussi au prochain gouvernement de favoriser l'accès et la mise en valeur des travailleurs d'expérience sur le marché du travail.

Pour préparer le terrain, des représentants du Réseau FADOQ ont rencontré des membres du Parti libéral du Québec, du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec pour leur faire part de leurs revendications notamment sur les travailleurs d'expérience, l'accès aux technologies, les régimes complémentaires de retraite et le régime des rentes.

L'Association Québécoise des retraités des secteurs public et parapublic a par ailleurs critiqué vendredi la promesse du Parti libéral d'améliorer l'accès à un crédit d'impôt destiné aux travailleurs plus âgés.

Selon les libéraux, l'âge pour avoir accès à ce crédit d'Impôt passerait de 62 à 65 ans. Jean Charest espère ainsi attirer davantage de travailleurs âgés sur le marché du travail.

L'association estime qu'il s'agit d'un pas dans la bonne direction, mais que les élus devraient plutôt se pencher sur le vrai problème, celui des prestations de la CSST offertes aux aînés.

« Si vous tombez en accident de travail avant 65 ans, votre rente est amputée dès que vous passez 65 ans et la seule raison c'est l'âge », explique Luc Luc Vallerand, directeur général de l'AQRP.

Régimes de retraite et soins de santé

Archives(archives) Photo : IS / iStock

De son côté, l'AQRP entend dénoncer les injustices et les difficultés des régimes de retraite des secteurs publics et privés. L'accès aux soins de santé pour les personnes âgées est également un sujet de préoccupation pour l'AQRP qui demande plus d'investissements dans les soins de santé à domicile ainsi que dans le réseau de Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) qui subit actuellement « une forte pression ». « La possibilité de mourir dignement en compagnie de ses proches n'est pas offerte à tous les Québécois », estime l'AQRP.

Maltraitance

Les retraités de la fonction publique et parapublique demandent également au prochain gouvernement de resserrer le plan d'action contre la maltraitance des aînés. « Au contraire de nombreuses autres législatures au Canada et à l'étranger, le Québec n'a pas instauré de mécanisme obligatoire de dénonciation et de prise en charge de situations d'abus envers les aînés », rappelle l'AQRP.

Pour l'AQRP il est possible d'améliorer le sort des personnes âgées au Québec sans devoir y investir des fortunes. Pour y parvenir, l'AQRP préconise dix mesures. Les voici telles que présentées dans le communiqué de l'organisme :

1.(Inclure) un représentant des retraités au conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec;

2. Un représentant des retraités de l'État dans les négociations des régimes de retraite du secteur public;

3. Un représentant des aînés à la Commission des partenaires du marché du travail.

4. Rendre les régimes de retraite du secteur privé des créanciers prioritaires en cas de fermeture ou de relance d'entreprise ;

5. Corriger la désindexation des années 1982-1999 dans les régimes de retraite des secteurs public et parapublic afin de l'ajuster à la situation des années 2000 et suivantes;

6. Éliminer la clause de discrimination qui ampute l'indemnité de remplacement de revenu en cas d'accident du travail à partir de 65 ans à la CSST.

7. Attribuer 300 millions de dollars de plus par année pour les soins à domicile, de façon récurrente, dès la première année du prochain mandat;

8. Créer 5000 nouvelles places en CHSLD en 5 ans;

9. Créer 200 nouveaux lits de soins palliatifs, répartis dans les régions prioritaires et les zones rurales.

10. Rendre obligatoire la dénonciation des situations d'abus envers les aînés.

L'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic regroupe 28 000 membres au Québec.

Politique