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La Commission canadienne du blé aborde avec optimisme la fin de son monopole

Le nouveau logo de la CCB a été dévoilé mardi à Winnipeg.

Le nouveau logo de la CCB a été dévoilé mardi à Winnipeg.

Photo : Jacques Marcoux

Radio-Canada

Le président-directeur général de la Commission canadienne du blé (CCB), Ian White, a affirmé mardi que l'organisme abordait avec optimisme la fin de son monopole sur les ventes de blé et d'orge.

Au dernier jour du contrôle exercé depuis des décennies par la CCB sur les exportations de blé de l'Ouest canadien, M. White a indiqué que la CCB avait plusieurs raisons d'être confiante face à l'avenir.

Le dirigeant a expliqué que l'organisme allait extraire de la valeur du marché au profit des agriculteurs et qu'il avait un bilan financier équilibré grâce au soutien fourni par le gouvernement canadien, simplifié ses activités et négocié des accords commerciaux qui l'aideraient à réussir, ajoutant que la voie choisie par la CCB était « résolument tournée vers l'avenir ».

Les spécialistes de la commission prédisent des prix très élevés pour le blé et les autres grains, cette année, en raison d'importantes sécheresses dans d'autres régions productrices comme les États-Unis. De plus, l'état des cultures à la grandeur de l'Ouest canadien est qualifié de bon.

La Loi sur libre choix des producteurs de grains en matière de commercialisation entre en vigueur le 1er août, mettant fin à 76 ans de monopole de la CCB.

Le ministre de l'Agriculture, Gerry Ritz, a donné une conférence de presse mardi à Saskatoon à quelques heures de la fin du monopole de la CCB.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de l'Agriculture, Gerry Ritz, a donné une conférence de presse mardi à Saskatoon à quelques heures de la fin du monopole de la CCB.

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

En conférence de presse en début d'après-midi à Saskatoon, le ministre fédéral de l'agriculture Gerry Ritz s'est dit convaincu que la fin du monopole de la CCB générerait de belles occasions d'affaires pour les agriculteurs de la Saskatchewan et de l'Ouest canadien en général.

Tous ne sont pas de cet avis et une quinzaine d'agriculteurs manitobains ont voulu le faire savoir publiquement en ce jour charnière en marchant symboliquement jusqu'au siège social de la CCB à Winnipeg.

L'organisme les Amis de la CCB espère de son côté faire renverser la vapeur sur la fin du monopole. Le 26 juillet, le groupe signalait son intention de contester devant la Cour suprême du Canada une décision de la Cour d'appel donnant raison au ministre Ritz.

La décision de la Cour d'appel infirmait un jugement de première instance qui stipulait que le ministre de l'Agriculture avait enfreint la loi en retirant à la CCB son monopole sur la vente de grains sans tenir de plébiscite sur la question auprès des fermiers.

De son côté, le gouvernement albertain a mis sur pied deux nouvelles commissions pour la vente du blé et de l'avoine.

La CCB se dote d'un nouveau logo

Par ailleurs, la Commission canadienne du blé a dévoilé sa nouvelle identité visuelle.

Son président-directeur général, Ian White, a indiqué mardi en conférence de presse que la commission était prête à faire face à un nouveau marché compétitif.

Un accord de manutention a également été conclu avec Louis Dreyfus Canada pour le grain que les agriculteurs voudront commercialiser par le biais des comptes de mise en commun de la CCB, a-t-il indiqué.

D'autres accords du même type devraient être dévoilés sous peu, selon lui.

La CCB a aussi avancé qu'elle s'attendait à ce que de 30 à 40 % des fermiers de l'Ouest fassent affaire avec elle cette année.

Agriculteurs saskatchwanais

La fin du monopole de la CCB ne réjouit pas tous les agriculteurs de la Saskatchewan. Selon Gilbert Ferré, un producteur de Zenon Park, la déréglementation de la vente du grain dans l'Ouest mettra fin à la collaboration entre les fermiers et les privera d'une voix.

« Nos coûts de production et de transfert vont augmenter (...) Déjà que les chemins de fer ont augmenté nos tarifs ferroviaires pour envoyer nos grains vers le port, une augmentation de 9 ou 10 %, il n'y a plus personne qui parle au nom des agriculteurs. La CCB est pour ainsi dire affaiblie », affirme-t-il.

Tous ne sont pourtant pas de cet avis Donald Jeanneau, un producteur agricole de Prud'Homme qui fait affaire avec la CCB depuis six ans, affirme avoir toujours cru que les prix proposés par la CCB étaient inférieurs à ceux offerts aux États-Unis. Il se réjouit ainsi d'avoir plus de liberté en ce qui a trait à la commercialisation du grain.

Un peu d'histoire

Créée pendant l'entre-deux-guerres, la CCB avait été établie par le gouvernement fédéral à la demande des agriculteurs de l'Ouest canadien qui désiraient avoir plus d'influence sur le secteur agricole national et international.

D'abord société d'État à participation volontaire, elle était devenue l'unique comptoir de mise en marché du blé de l'Ouest canadien en 1943, puis de l'orge et l'avoine en 1949.

Fin 2011, le gouvernement conservateur a mis fin à ses monopoles. La CCB a maintenant cinq ans pour se convertir en une entreprise privée, autonome.

Avec les informations de La Presse canadienne

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