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L'examen de la juge Douglas ajourné jusqu'en décembre 2012

Les membres du comité d'examen du Conseil canadien de la magistrature (CCM) sur la conduite de la juge Lori Douglas, à Winnipeg

La présidente du comité d'examen, la juge en chef Catherine Fraser (deuxième à gauche), soutient que le comité peut passer par son avocat pour poser des questions à un témoin afin d'éclaircir certains aspects.

Radio-Canada

Le comité du Conseil canadien de la magistrature (CCM) qui examine la conduite de la juge manitobaine Lori Douglas à Winnipeg a ajourné ses audiences jusqu'en décembre prochain, après avoir entendu les témoignages de deux personnes qui ont participé à l'analyse de la candidature de la juge à la magistrature.

Réunissant plusieurs avocats issus d'autres provinces, dont le très connu avocat québécois Guy Pratte, le processus reprendra durant l'hiver afin de se plier aux agendas disparates, a précisé le comité.

L'audience s'est entamée vendredi, en mettant fin au suspense qui entourait la poursuite de ses activités.

L'avocate de la juge dont le nom est lié à un scandale sexuel avait demandé la veille que les membres du comité se désistent, en raison d'une apparence de partialité.

La juge en chef Catherine Fraser a fait valoir vendredi que l'organe d'enquête du CCM qu'elle préside n'avait pas agi de manière inappropriée en passant par son avocat pour poser des questions au mari de Mme Douglas, l'avocat Jack King, alors qu'il témoignait plus tôt cette semaine.

Témoignage d'une ex-directrice du Commissariat à la magistrature fédérale

Vendredi, Margaret Rose Jameson, ancienne directrice des nominations à la magistrature fédérale de 2003 à 2009, a décrit son rôle au comité d'examen.

Elle agissait comme agente de liaison entre le ministre fédéral de la Justice et les comités consultatifs pour la magistrature des différents provinces et territoires, dont celui du Manitoba.

Mme Jameson a affirmé avoir parlé brièvement à Lori Douglas en 2005, qui lui a parlé de photos d'elles circulant sur le web. L'aspirante juge lui avait alors fait comprendre que l'affaire avait été réglée au moyen d'une entente de confidentialité et auprès de la Société du barreau du Manitoba.

Celle-ci enquêtait déjà sur les faits rapportés à propos de Mme Douglas et de M. King à l'époque, mais a par la suite formellement accusé M. King de faute professionnelle en 2010. L'avocat a reconnu sa faute en mars 2011.

Selon Mme Jameson, Mme Douglas n'aurait pas fait mention d'un site pornographique dédié aux relations interraciales lors de leur entretien en 2005.

Le président du comité ayant analysé la candidature de la juge Douglas comparaît

L'audience de vendredi a aussi permis d'entendre le témoignage de Martin Freedman, qui présidait le comité consultatif pour la magistrature du Manitoba à l'époque où Lori Douglas a déposé sa candidature pour être juge à la Cour du Banc de la Reine.

Parmi les quatre accusations que doit examiner le comité, l'une d'elles concerne les allégations voulant que la juge ait omis de parler de l'affaire d'ordre sexuel lors du processus d'embauche pour sa nomination judiciaire en 2005.

M. Freedman a exposé que son comité consultatif a recueilli des informations au sujet de Mme Douglas et d'autres candidats auprès de la communauté juridique et du grand public, comme à l'accoutumée.

La juge Lori Douglas

La juge Lori Douglas

Photo : CBC

Toutefois, il a admis avoir « entendu dire » à l'été 2003 que Jack King avait tenté de solliciter un rapport sexuel à trois avec sa femme auprès de son client de l'époque, Alex Chapman, et que des photos de Mme Douglas nue se trouvaient sur le web.

En outre, M. Freedman a raconté avoir discuté de la candidature de Mme Douglas avec le juge en chef du Banc de la Reine de l'époque, Marc Monnin, en avril 2005. M. Monnin lui aurait alors expliqué qu'il s'était opposé à une candidature précédente de Mme Douglas, par crainte que la candidate se retrouve dans l'embarras ou soit victime de chantage.

Cette opposition se serait ensuite dissipée, car le juge Monnin considérait que suffisamment de temps s'était écoulé, que les photos avaient été détruites, que l'affaire n'émergerait pas et que Mme Douglas était une victime, a affirmé M. Freedman.

Jack King, le mari de Lori Douglas.

Jack King, le mari de Lori Douglas.

Photo : CBC

Lori Douglas a déjà clamé qu'elle ignorait tout des machinations de son mari, et celui-ci a répété à maintes reprises durant sa comparution que sa femme avait été la victime de ses fantasmes.

M. Freedman a également fait valoir qu'il ignorait que Jack King affichait des photos sur un site web dédié aux relations sexuelles interraciales, ainsi que des annonces en ligne pour trouver des partenaires sexuels à sa femme. Il a aussi affirmé qu'il ignorait à l'époque que la Société du barreau du Manitoba enquêtait sur l'avocat.

Manitoba

Justice et faits divers