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Logements sociaux ou jardin communautaire?

Le jardin communautaire Georges-Vanier.

Le jardin communautaire Georges-Vanier.

Lili Boisvert
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ombre d'un projet de construction plane sur un petit jardin communautaire en plein centre-ville de Montréal.

Les jardiniers amateurs, citoyens de l'arrondissement de Ville-Marie, ont décidé de se mobiliser pour tenter de sauver leur potager, entretenu par une flopée de bénévoles.

Le projet de construction en question est une coopérative d'habitation de logements sociaux de 10 étages, destinée à accueillir des familles. La Coop de la montagne verte empiétera sur une importante partie du jardin communautaire, situé entre les rues Saint-Jacques et de la Montagne.

Or, dans ce quartier, les tours et les stationnements sont nombreux, alors que les espaces verts se font rares, exposent les résidents. C'est d'ailleurs dans ce secteur, juste à côté du Centre Bell, que plusieurs projets de construction de tours d'habitation ont été annoncés cet été.

Dans le cas du jardin Georges-Vanier, une partie du terrain sur lequel gît le potager appartient à la Ville, et une autre partie appartient au ministère des Transports du Québec. « C'est découpé de façon diagonale. Et donc, pour que la coop puisse se construire, ils voudraient prendre tout le terrain de la Ville de Montréal et couper de moitié notre jardin de fleurs ».

« Vu que c'est une bâtisse de 10 étages, ça nous enlèverait beaucoup de soleil dans la partie de fleurs, et potentiellement dans la partie des jardins potagers. »

— Une citation de  Franck Delache, président du comité de jardin

« Ça me décourage », se désole James, l'un des jardiniers. « On ne veut pas ça. J'ai peur qu'ils disent qu'ils vont prendre la moitié, puis qu'après, ils prennent l'autre moitié [aussi] », s'inquiète-t-il.

Des jardiniers.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des jardiniers.

Photo : Luc Lavigne

« Pour nous, ça veut dire la destruction complète de ce jardin-là parce que pour ce qui est du reste, ça va être à l'ombre. »

— Une citation de  Cécile, jardinière

Les citoyens qui se portent à la défense du jardin communautaire précisent qu'ils ne n'opposent pas au projet dans son entièreté. L'objectif de la Ville d'attirer des familles dans l'arrondissement en leur offrant des logements sociaux leur semble justifié. Par contre, ils ne comprennent pas le choix de l'emplacement désigné pour un tel projet, puisque les enfants des familles qui s'installeront dans les 88 unités résidentielles n'auront accès à aucun espace vert ou à un quelconque parc à l'extérieur du bâtiment.

Le président du comité de jardin, élu par les 62 jardiniers du potager, dit qu'il est actuellement « en dialogue » avec la coopérative. Le projet est à l'étape d'ébauche et n'a pas encore été proposé au conseil d'arrondissement.

L'agriculture urbaine, entre mobilisation et consultation

La semaine dernière, un couple de Drummondville a attiré l'attention sur son jardin en contestant un règlement municipal qui le contraignait à détruire une partie de son potager. À Montréal, la question de l'harmonisation des règlements municipaux en matière d'agriculture urbaine a fait l'objet de consultations publiques au printemps.

L'enjeu des jardins communautaires menacés par des projets immobiliers a notamment été porté à l'attention de l'Office de consultation publique de Montréal dans le cadre des discussions.

Le dépôt du rapport de l'office est prévu d'ici la fin de l'été.

Un texte de Lili Boisvert.

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