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Timothy Brown, le « miraculé » du sida, raconte son histoire

Yvan Côté présente le « miraculé » du sida.

Le seul homme à avoir guéri du sida, Timothy Brown, a attiré beaucoup d'attention lors de sa première rencontre de presse en marge de la 19e conférence internationale sur le sida, qui se déroule jusqu'à vendredi à Washington.

Diagnostiqué séropositif en 1995, Timothy Brown n'a plus montré de signe d'infection depuis 2007, année où il a reçu, dans un hôpital de Berlin, une greffe de moelle osseuse pour guérir une leucémie. Son donneur possédait une singularité génétique rarissime : ses cellules étaient résistantes au VIH.

Selon les estimations, 0,3 % de la population est doté de cette immunité naturelle au VIH qui provient de la mutation d'un gène dite CCR5. D'après Timothy Brown, cette proportion serait de 1 % parmi les populations européennes.

« Je crois vraiment être un miraculé », a affirmé à la conférence mardi l'américain de 47 ans, surnommé « le patient de Berlin », qui refuse toutefois d'être considéré comme un cas d'exception.

Timothy Brown annonçait d'ailleurs mardi le lancement de sa fondation, dont l'objectif est d'encourager la recherche qui vise à guérir la maladie.

Les experts divisés

Le cas de Timothy Brown divise cependant la communauté scientifique. Récemment, le virologue Steven Yukl, de l'Université de Californie à San Francisco, affirmait que de nouvelles analyses ont permis de détecter des fragments d'acide nucléique du virus dans le sang de M. Brown.

D'autres greffes de moelle osseuse ont par ailleurs été pratiquées sur neuf autres patients par la suite, chaque fois sans succès. Le traitement est en outre risqué et onéreux. En moyenne, 30 % des patients ne survivent pas à une greffe de moelle osseuse.

« Dans son cas, c'était nécessaire pour sauver sa vie contre la leucémie, mais en général, surtout dans les pays africains, c'est impossible de faire une transplantation sur tout le monde », affirme Mark Wainberg, professeur à l'Université McGill et directeur du Centre sida McGill, hébergé à l'Hôpital général juif de Montréal.

L'an dernier, le traitement et la prévention du sida ont coûté 17 milliards de dollars dans le monde.

Quelque 8 millions de malades dans les pays en développement sont sous traitement, mais ils sont presque autant à ne pas y avoir accès.

Mardi, plusieurs activistes ont défilé dans les rues de Washington pour réclamer un meilleur accès aux médicaments et pour dénoncer le monopole des grandes compagnies pharmaceutiques qui gonflent les prix.

Avec les reportages de Manon Globensky et Yvan Côté.

Avec les informations de Agence France-Presse

Santé