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Entente historique entre Québec et les Cris

Le grand chef du Grand Conseil des Cris, Matthew Coon Come, et le premier ministre Jean Charest.
Le grand chef du Grand Conseil des Cris, Matthew Coon Come, et le premier ministre Jean Charest. Photo: La Presse canadienne / Clement Allard
Le reportage de Josée Thibeault

Le premier ministre Jean Charest et le grand chef du Grand Conseil des Cris, Matthew Coon Come, ont signé mardi une entente sur la gouvernance du territoire d'Eeyou Istchee, dans la région de la baie James.

L'entente, ratifiée dans le Salon rouge du parlement, à Québec, a été qualifiée d'historique par les deux parties. Elle prévoit la création d'un nouveau gouvernement régional avec la participation des Cris et des Jamésiens, qui auront un nombre égal de votes.

La nation crie obtiendra donc une plus grande autonomie sur ses ressources et sur ses terres traditionnelles. Le territoire visé par la nouvelle entente couvre une superficie de plus de 330 000 kilomètres carrés, soit 10 fois la taille de la Belgique.

Nous pouvons dire mission accomplie. La signature de l'Entente sur la gouvernance dans le territoire d'Eeyou Istchee-Baie-James marque la reconnaissance de la capacité d'une nation d'exercer des responsabilités de gestion significatives sur une vaste superficie des terres publiques. Elle constitue l'amorce d'un niveau de coopération et de collaboration jusqu'ici inégalé.

Jean Charest

Ce nouveau gouvernement régional, qui sera composé d'Autochtones et de non-Autochtones, remplacera la municipalité de Baie-James. Il aura les mêmes compétences, fonctions et pouvoirs que ceux qui sont actuellement conférés à une municipalité locale, à une municipalité régionale de comté (MRC), à une conférence régionale des élus et à une commission régionale des ressources naturelles et du territoire.

Par ailleurs, les Cris auront l'exclusivité du développement de projets hydroélectriques de 50 mégawatts et moins, ainsi que des projets éoliens sur certaines portions du territoire.

Une entente « unique et créative »

Pour le chef du Grand Conseil des Cris, jamais une telle approche de gouvernance, « unique et créative », n'a été mise en oeuvre au Canada.

« Le temps est venu, et nous avons démontré qu'en tant que nation, nous sommes capables de gérer, d'administrer nos propres programmes. Nous n'avons pas peur de nous asseoir avec nos voisins pour développer des plans et de nous asseoir avec le gouvernement. Travailler ensemble est beaucoup mieux. Oui, nous aurons nos différences, mais je suis prêt à tenter le coup. », a déclaré Matthew Coon Come.

Monsieur le premier ministre, aujourd'hui, nous faisons une contribution majeure à l'histoire du Québec et à l'histoire des peuples autochtones du Canada.

Matthew Coon Come

Cette entente est, selon le premier ministre Charest, un « fruit du Plan Nord ». « Les Cris le reconnaissent eux-mêmes, et les Jamésiens le reconnaissent : c'est donc la démonstration que le Plan Nord va donner des résultats », a dit M. Charest en point de presse.

Ce dernier croit que cette entente vient changer radicalement une vision des choses et une façon de faire bien ancrées dans notre histoire. « Ça vient corriger une situation qui, avec un peu de recul, est une situation qui ne devrait pas être maintenue, celle de diviser les Premières Nations de ceux qui ne sont pas Autochtones et qui partagent le même territoire », a ajouté le premier ministre.

Jean Charest a également affirmé que cette annonce n'a aucun lien avec la possible tenue prochaine d'élections. Selon lui, les négociations en vue de l'entente ont simplement suivi leur cours.

Les bases de cet accord avaient été jetées en mai 2011. On prévoyait alors un délai d'un an pour que l'accord-cadre devienne une entente formelle.

À ce moment, Matthew Coon Come avait estimé que cette entente mettait fin à l'exclusion des Cris des structures décisionnelles datant de la Convention de la Baie James et du Nord québécois, il y a 35 ans. M. Coon Come avait aussi comparé l'accord à la Paix des braves, cette entente signée en 2002 dont l'objectif était d'établir une nouvelle relation entre le gouvernement du Québec et les Cris du Québec.

Avec les informations de La Presse canadienne

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