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La pétrolière chinoise CNOOC achète Nexen

Un Chinois devant le siège social de CNOOC

Un Chinois devant le siège social de CNOOC (archives)

Photo : La Presse canadienne / AP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le groupe pétrolier chinois CNOOC offre 15,1 milliards de dollars américains pour acquérir l'entreprise de pétrole et de gaz naturel Nexen (TSX:NXY (Nouvelle fenêtre)) de Calgary.

Ce montant équivaut à 27,50 $US par action, soit une prime de 61 % par rapport au cours de clôture du titre vendredi. La transaction a été approuvée par le conseil d'administration de Nexen. Elle pourrait être conclue d'ici la fin de l'année.

La société CNOOC, qui est contrôlée par l'État chinois, précise que cette acquisition renforce sa présence au Canada, au Nigeria, dans le golfe du Mexique ainsi que la mer du Nord et « diversifie sa base de croissance ».

L'équipe de direction et les employés de Nexen resteront en poste, assure le groupe chinois, qui compte d'ailleurs installer son siège social pour l'Amérique du Nord à Calgary. CNOOC a aussi fait part de son intention d'inscrire ses actions à la Bourse de Toronto.

À la fermeture, lundi, l'action de Nexen avait bondi de 52,4 %, à 26,35 $, à la Bourse de Toronto.

Lire aussi Talisman Energy vend des actifs à la chinoise Sinopec.

Installations de traitement des sables bitumineux de Nexen près de Fort McMurray, en AlbertaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Installations de traitement des sables bitumineux de Nexen près de Fort McMurray, en Alberta (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Au cours des dernières années, Nexen a fait face à de nombreux défis, éprouvant entre autres des difficultés lors du lancement de son projet de sables bitumineux de Long Lake, dans le nord de l'Alberta.

La production de l'entreprise albertaine s'établissait en moyenne à 207 000 barils de pétrole par jour au deuxième trimestre 2012. À la fin de l'an dernier, ses réserves probables de pétrole étaient estimées à 1,12 milliard de barils.

Le groupe chinois CNOOC est présent au Canada depuis 2005. Il a investi dans les entreprises de Calgary MEG Energy et OPTI Canada ainsi que dans Northern Cross, une société du Yukon.

Feu vert attendu d'Ottawa

Le ministre canadien de l'Industrie, Christian Paradis, a confirmé lundi que la proposition d'acquisition devra faire l'objet d'un examen de la part du gouvernement, conformément à la Loi sur Investissement Canada.

De son côté, le Nouveau Parti démocratique a demandé la tenue d'audiences publiques sur le projet d'acquisition.

Les autorités canadiennes ont le droit d'examiner et de bloquer tout investissement étranger de plus de 330 millions de dollars canadiens, une somme peu élevée dans le jeu des fusions et acquisitions mondiales, si elles jugent que la transaction ne répond pas aux intérêts du pays.

Le Canada a notamment fait usage de cette disposition en 2010, en bloquant l'offre d'achat hostile de 39 milliards de dollars du groupe anglo-australien BHP Billiton pour Potash Corp, numéro un des producteurs d'engrais.

Toutefois, le ministre Paradis a annoncé en mai que ce seuil minimal pour lancer un processus d'examen passera de 330 millions à 1 milliard de dollars d'ici quatre ans, un geste qui doit contribuer à rassurer les compagnies étrangères quant aux possibilités d'investissement au Canada.

« Je pense qu'Industrie Canada va accepter cette offre. Le seul obstacle que j'envisage, c'est qu'Industrie Canada demande à Nexen de vendre ses actifs à l'étranger et de conserver ses actifs au Canada », a dit en entrevue Robert A. Schulz, professeur de gestion du territoire pétrolier à l'Université de Calgary.

Une tendance qui se dessine

Les rachats de compagnies canadiennes dans le secteur des ressources naturelles par des entreprises chinoises depuis 2005 représentent une somme de 23 milliards de dollars, selon la firme de recherche Dealogic.

Cette offre d'achat annoncée lundi est un signe de la tendance à venir, la Chine cherchant à s'assurer des approvisionnements en énergie nécessaire pour alimenter sa croissance économique, affirment des spécialistes.

« La Chine continue d'être un pays à croissance très rapide », a indiqué Fred Ketchen, responsable des opérations sur actions chez Scotia Capitaux.

« Vous pouvez toujours importer [des produits de base tels que le pétrole et le gaz], a-t-il dit. Mais à un certain moment, vous devez vous demander : "Pourquoi devrais-je continuer d'importer ça et de payer quelqu'un d'autre? Pourquoi ne pas acheter les lieux et ensuite alimenter notre trésor?" »

Il n'est pas inhabituel pour les pays comme la Chine - qui cherchent à s'assurer des produits de base - de regarder du côté du Canada, a fait remarquer M. Ketchen.

« Nous sommes un pays de ressources naturelles, et de ce point de vue, nous sommes attrayants », a-t-il affirmé.

Wenran Jiang, un spécialiste de la Chine qui conseille le ministère de l'Énergie de l'Alberta, entre autres, a indiqué que les sociétés d'État chinoises - comme CNOOC et Sinopec - qui s'intéressent aux ressources canadiennes avaient beaucoup retenu l'attention, mais que les entreprises privées étaient également susceptibles de se manifester.

« Je crois que nous ne devrions pas perdre de vue le fait que les investissements chinois au Canada en sont encore à un stade peu avancé, même avec la prise de contrôle de Nexen », a-t-il affirmé.

Avec les informations de Agence France-Presse, La Presse canadienne, Reuters, et Wall Street Journal

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