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Fusillade au Colorado : Barack Obama est attendu à Aurora

Un jeune garçon plante un drapeau à la mémoire des victimes de la fusillade, à Aurora, au Colorado.

Photo : AFP / CHIP SOMODEVILLA

Radio-Canada

Le président américain Barack Obama se rendra cet après-midi à Aurora, au Colorado, où il doit rencontrer les proches des victimes de la fusillade qui a fait vendredi 12 morts et 58 blessés dans un cinéma de la ville.

M. Obama est attendu à 15 h 40, heure locale, et devrait passer environ 2 h 30 sur place, selon la Maison-Blanche.

Lors de son allocution hebdomadaire à la radio et sur Internet samedi, Barack Obama a appelé les Américains à l'unité et à prendre le temps de la « prière et la réflexion pour les victimes de cette terrible tragédie ». Selon ses collaborateurs, M. Obama s'est entretenu samedi avec son conseiller à la sécurité intérieure John Brennan pour faire le point de l'enquête.

Les noms des victimes sont maintenant connus. La plus jeune, Veronica Moser, est âgée de 6 ans. Sa mère, qui a reçu une balle dans le cou, est toujours hospitalisée. Les autres victimes sont huit hommes et trois femmes, agés de 18 à 51 ans.

Vingt-six personnes sont toujours hospitalisées dont neuf sont dans un état critique. Les blessés sont soignés dans cinq hôpitaux différents de la région de Denver.

L'appartement du présumé tueur sécurisé

Par ailleurs, les forces policières et leurs spécialistes du déminage, appuyés par un robot, ont finalement sécurisé l'appartement de James Eagan Holmes, auteur présumé de cette tuerie dans un cinéma de la banlieue de Denver lors de la projection du dernier Batman, The Dark Knight Rises.

Les policiers tentent de neutraliser ce qui peut être dangereux dans l'appartement du suspect, samedi après-midi le 21 juillet 2012.

Les policiers tentent de neutraliser ce qui peut être dangereux dans l'appartement du suspect, samedi après-midi le 21 juillet 2012.

Photo : AFP / Chris Schneider

La police a réussi à désamorcer un premier engin incendiaire et à neutraliser un détonateur dans l'entrée du logement. L'engin avait pour objectif de tuer la personne qui ouvrirait la porte.

Selon une source policière officielle qui a préféré rester anonyme, le système d'explosifs aurait pu faire sauter l'immeuble au grand complet, s'il n'avait pas été désamorcé.

Une voisine du suspect a d'ailleurs raconté au réseau CNN qu'elle avait été ennuyée, vendredi, par une forte musique techno en provenance de l'appartement de Holmes. Elle s'est présentée à la porte de l'appartement qui était entrouverte, mais n'a pas osé entrer.

Holmes a déclaré lors de son arrestation, dans le stationnement du cinéma, que des explosifs étaient déployés chez lui.

La police a ensuite constaté, grâce à une caméra fixée au bout d'une perche, que le suspect avait installé une douzaine d'engins potentiellement dangereux avant de commettre le massacre du cinéma d'Aurora.

Les autorités ont identifié trois types d'agents explosifs dans l'appartement, des contenants d'accélérant, des produits chimiques qui, mélangés, peuvent exploser et une trentaine de grenades artisanales.

Ça a été un travail de longue haleine, méticuleux, qui a pris deux jours. Maintenant, les policiers peuvent passer à l'autre étape : passer au peigne fin l'appartement à la recherche d'indices qui pourraient faire avancer l'enquête. Mais surtout des indices qui pourraient permettre aux policiers d'enfin comprendre quels sont les motifs du présumé tueur.

Yvan Côté, envoyé spécial de Radio-Canada à Aurora.

La police a précisé que le suspect ne se serait pas approvisionné à même les ressources de l'université où il était inscrit. Elle a indiqué que les familles qui habitent les bâtiments voisins pourraient bientôt réintégrer leur appartement et que ceux qui habitent l'édifice de Holmes pourront le faire dimanche.

Le gouverneur de l'État a par ailleurs annoncé qu'un fonds de 200 000 $, jusqu'à présent, avait été amassé pour les victimes.

La fusillade a aussi eu des répercussions sur la campagne présidentielle américaine. Les deux candidats, Barack Obama et Mitt Romney, ont suspendu leurs activités politiques vendredi.

Lisez notre texte rapportant les témoignages de victimes et notre biographie du présumé tueur, James Holmes : un jeune homme réservé et solitaire.

Le suspect de 24 ans a été arrêté dans le stationnement de l'établissement à la suite de la fusillade. Il devrait être présenté à la justice lundi. Entre temps, il été placé en isolement dans la prison, afin de le protéger des autres détenus. Il doit comparaître brièvement lundi matin devant un tribunal local.

« Maladie mentale »

James Holmes était candidat au doctorat en neuroscience à l'Université du Colorado. Il avait cependant récemment laissé tomber les études.

En entrevue à Radio-Canada, André Luyet, psychiatre et chef du département de psychiatrie à l'Hôpital Louis-H. Lafontaine à Montréal, a estimé que « [tout] nous porte à croire qu'on est dans le registre de la maladie mentale ».

Son niveau d'études n'est pas contradictoire avec une maladie mentale. « Il a eu un bon niveau de fonctionnement antérieur », explique le psychiatre. « Et on voit à un moment donné qu'il y a comme un glissement dans sa vie. Il prend une tendance qui ne ressemble pas du tout à ce qu'était sa vie antérieurement. »

« Est-ce qu'on est dans la schizophrénie, dans le trouble délirant paranoïde, est-ce qu'on est dans la psychose toxique... Tout nous porte à croire qu'on est dans le registre de la psychose », a analysé M. Luyet. « Le fait que son geste ait été bien planifié n'exclut absolument pas [la maladie mentale] ».

Une femme allume une chandelle pour honorer la mémoire des victimes de la tuerie du cinéma d'Aurora, au Colorado

Une femme allume un lampion pour honorer la mémoire des victimes de la tuerie du cinéma d'Aurora, au Colorado

Photo : AFP / KEVORK DJANSEZIAN

« Je suis le Joker »

Une trentaine de minutes après minuit, dans la nuit de jeudi à vendredi, l'auteur présumé de la fusillade est apparu devant l'écran de cinéma, un masque à gaz sur le visage, puis a jeté un engin fumigène dans la salle. Il a ensuite commencé à tirer sur les spectateurs alors que se déroulait aussi un échange de coups de feu dans le film.

Le suspect se serait teint les cheveux en rouge en référence au Joker, un personnage de la série Batman.

D'après certains témoins, l'homme en tenue voyante a pu pénétrer dans la salle, car plusieurs spectateurs étaient eux-mêmes déguisés en personnages du film.

Holmes semble avoir acquis ses armes, dont un fusil d'assaut, et ses munitions de manière légale au cours des deux mois précédents. Il aurait acheté quatre armes ainsi que 6000 balles, a indiqué le chef de la police d'Aurora, Dan Oates.

Le réalisateur du film, Christopher Nolan, a qualifié la tuerie de « tragédie insensée ». La première parisienne du film a été annulée et la promotion du film suspendue. Les mesures de sécurité entourant les prochaines présentations de The Dark Knight Rises ont été renforcées aux États-Unis, en Europe et au Canada.

S'il y a quelque enseignement à tirer de cette tragédie, c'est qu'elle nous rappelle que la vie est très fragile.

Barack Obama

En outre, le drame d'Aurora a sans surprise relancé le débat sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis.

Le suspect de la fusillade d'Aurora, James Holmes.

Le suspect de la fusillade d'Aurora, James Holmes.

Photo : Université du Colorado Denver/EVN

La famille de James Holmes, qui habite San Diego en Californie, a publié un communiqué demandant aux médias de respecter son intimité et celle de leur quartier. James Holmes a quitté la Californie l'an dernier pour la région de Denver où il s'était inscrit à l'Université du Colorado.

La fusillade rappelle le douloureux souvenir de la tuerie de Columbine aux résidents de la région de Denver. En 1999, deux élèves avaient ouvert le feu dans leur école secondaire, tuant 12 élèves et un professeur.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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