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Syrie : bataille pour le contrôle de Damas

Des soldats de l'armée syrienne célèbrent la reprise du contrôle du quartier de Midane, à Damas.

Photo : AFP / LOUAI BESHARA

Radio-Canada

Pour une sixième journée consécutive, Damas est le théâtre de violents combats entre les rebelles et les forces loyales au régime de Bachar Al-Assad.

Après avoir repris le quartier de Midane aux mains des rebelles, l'armée syrienne a pris d'assaut les quartiers de Kafar Soussé et de Jobar, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Selon l'organisme basé à Londres, des perquisitions ont commencé dans certains secteurs de Jobar, quartier hostile au régime du président Al-Assad. Des combats sont aussi rapportés dans le quartier de Qaboun.

Quant aux rebelles, qui ont lancé en début de semaine la « bataille de libération » de la capitale syrienne, ils fêtaient dans un autre quartier la prise d'un édifice gouvernemental.

Les rebelles exerçaient par ailleurs vendredi le contrôle sur un poste frontalier avec la Turquie, pris aux mains de l'armée jeudi. Selon ce qu'a constaté un photographe de l'AFP, environ 150 rebelles lourdement armés contrôlent le poste de Bab Al-Hawa, à la frontière turque. Ce poste est situé en face du poste turc de Cilvegözü, dans la province de Hatay, qui abrite des camps de réfugiés syriens.

Quant à l'autre poste situé à la frontière de l'Irak, dont les rebelles se sont emparés, jeudi, des responsables de la rébellion affirmaient toujours le tenir, vendredi. Toutefois, un journaliste de l'AFP a constaté qu'il était aujourd'hui désert.

Après que l'Armée syrienne libre (ASL), formée de déserteurs et de civils armés, a pris le dessus sur l'armée, les Irakiens ont fermé leur poste-frontière, l'un des trois passages terrestres vers la Syrie sur cette frontière longue de 600 km.

Des rebelles au poste de Bab Al-Hawa, à la frontière de la Turquie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des rebelles au poste de Bab Al-Hawa, à la frontière de la Turquie.

Photo : AFP / BULENT KILIC

Un deuxième front à Alep?

Les militants antirégime ont appelé vendredi les Syriens à participer à des manifestations à travers le pays sous le slogan « le ramadan de la victoire sera écrit à Damas », après l'offensive lancée par les rebelles.

L'OSDH rapporte des manifestations dans certains quartiers de Damas, mais aussi à Alep, deuxième ville du pays. « Les forces de sécurité ont tiré sur une foule à Alep pour disperser une grande manifestation dans la ville », a ajouté l'organisme. Certains parlent d'un deuxième front, de combats d'une violence sans précédent ayant éclaté dans plusieurs quartiers de la ville.

« De violents combats se déroulent dans les quartiers Salaheddine, Aazamiyé Akramiyé et Ard el-Sabbagh entre l'armée régulière et des rebelles », a indiqué l'ONG, faisant état de « pertes humaines ».

Selon l'OSDH, au moins 74 personnes ont péri dans l'ensemble du pays vendredi, soit 59 civils et 15 rebelles.

Cette nouvelle journée de combats survient au lendemain de ce qui serait la journée la plus meurtrière depuis le début de l'insurrection contre le régime du président Bachar Al-Assad, en mars 2011.

Selon le décompte de l'OSDH, au moins 310 personnes ont été tuées en Syrie jeudi. De ce nombre, on comptait au moins 139 civils, 98 soldats et 65 rebelles, rapporte l'organisme.

On ignore toujours où se trouve le président syrien, Bachar Al-Assad. Après l'attentat de mercredi à Damas, il n'est réapparu que jeudi à la télévision étatique discutant avec Fahad Al-Freij, après son assermentation comme ministre de la Défense.

Le gouvernement a offert vendredi une « visite guidée » du quartier de Midane aux journalistes, quartier repris par les forces du régime de Bachar Al-Assad aux rebelles.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le gouvernement a offert vendredi une « visite guidée » du quartier de Midane aux journalistes, quartier repris par les forces du régime de Bachar Al-Assad aux rebelles.

Photo : AFP / LOUAI BESHARA

Flux de réfugiés vers les pays voisins

Selon la porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, jusqu'à 30 000 Syriens ont fui leur pays vers le Liban au cours des 48 heures.

« Des milliers de Syriens ont traversé la frontière du Liban hier. Selon les informations, ils sont entre 8500 et 30 000 à avoir passé cette frontière au cours des 48 dernières heures », a déclaré Melissa Fleming lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

La porte-parole a aussi ajouté que des Syriens fuyaient aussi vers la Turquie, la Jordanie et l'Irak, mais qu'il y avait un véritable exode vers le Liban.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés s'est déclaré dans l'incapacité de donner un chiffre précis du nombre de personnes déplacées en Syrie. La semaine dernière, il partait d'une estimation d'un million de personnes déplacées à l'intérieur du pays depuis l'éclatement du conflit.

Par ailleurs, un responsable turc a rapporté à Reuters qu'un général de brigade syrien et 20 autres officiers, dont 4 colonels, font partie des 710 personnes qui ont fui la Syrie et gagné la Turquie durant la nuit de jeudi à vendredi.

Selon cette même source, on compte désormais 22 généraux syriens déserteurs et plus de 43 000 réfugiés syriens en Turquie.

Mort d'un quatrième haut responsable de la sécurité

Le chef des renseignements syriens, Hicham Ikhtiar, qui avait été blessé lors de l'attentat contre le bâtiment de la sécurité nationale de mercredi, est mort des suites de ses blessures.

La chaîne de télévision officielle syrienne a rapporté la nouvelle vendredi, au moment où des funérailles nationales se déroulent à Damas pour les trois membres de l'état-major du régime de Bachar Al-Assad morts mercredi. La télévision d'État n'a toutefois pas montré d'images des funérailles du ministre de la Défense, Daoud Rajha, du vice-ministre et beau-frère de M. Al-Assad, Assef Chawkat, et Hassan Turkmani, le chef de la cellule chargée de réprimer la révolte qui secoue le régime depuis mars 2011.

Les Frères musulmans veulent créer un parti politique

Les Frères musulmans de Syrie, influente composante de l'opposition au régime du président Bachar Al-Assad, ont annoncé vendredi à Istanbul qu'ils allaient créer leur propre parti politique, défendant une vision islamique de la société syrienne.

« Nous sommes prêts pour l'après-Assad. Nous avons des plans pour l'économie, la justice, la politique », a souligné Mulhem Al-Droubi, porte-parole de la confrérie, précisant que les travaux techniques pour la création du parti étaient presque achevés.

Sur le plan diplomatique, le conseil de sécurité de l'ONU a voté à l'unanimité, vendredi, pour une prolongation de 30 jours de la mission des observateurs en Syrie. Hier, un double veto de la Russie et de la Chine a empêché l'adoption de sanctions contre le régime de Bachar Al-Assad.

Avec les informations de Agence France-Presse, La Presse canadienne, et Reuters

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