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VIH/sida : l'efficacité préventive des antirétroviraux confirmée

Un comprimé de Truvada
Radio-Canada

Les résultats complets de deux essais cliniques menés en Afrique sur des couples hétérosexuels sérodiscordants confirment l'efficacité des antirétroviraux pour éviter une infection par le VIH.

Une troisième étude effectuée au Kenya, en Afrique du Sud et en Tanzanie n'a montré pratiquement aucun effet protecteur. Les auteurs estiment toutefois que la faible observance des antirétroviraux par les participantes est en cause.

Ces trois essais sont publiés dans la revue New England Journal of Medicine.

Le saviez-vous?

Sérodiscordant est le terme utilisé pour définir un couple dont l'un des partenaires est séropositif et l'autre séronégatif.

Pour avoir une efficacité préventive, ces antirétroviraux doivent être pris oralement au quotidien sous forme de comprimés.

Le premier essai a été mené de 2008 à 2010 au Kenya et en Ouganda auprès de 5000 couples hétérosexuels dont l'un des partenaires était séropositif.

Les partenaires séronégatifs ont été divisés en trois groupes :

  • le premier a pris un seul antirétroviral, le Ténofovir (Viread)
  • le deuxième a pris une combinaison de Ténofovir et d'Emtricitabine (Truvada)
  • le troisième a pris un placebo

Les membres des deux premiers groupes ont vu leur risque d'être infectés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) réduit de 67 % et 75 % respectivement par rapport au groupe du placebo.

Le second essai a été effectué de 2007 à 2010 au Botswana auprès de 1219 hommes et femmes formant des couples hétérosexuels sérodiscordants.

Les partenaires séronégatifs ont été répartis en deux groupes dont l'un a pris du Truvada (Ténofovir + Emtricitabine) et l'autre un placebo.

Les participants traités avec le Truvada ont vu leur risque d'être infectés réduit de 62,2 %.

La troisième étude a été menée auprès de 2120 femmes séronégatives. Aucune différence n'a été constatée entre celles qui devaient prendre du Truvada et le groupe placebo. Cet essai a été arrêté plus tôt, en avril 2011, en raison du manque d'efficacité.

Dans un éditorial qui accompagne la publication des études, les docteurs Myron Cohen, de l'Université de Caroline du Nord, et Lindsey Baden, de l'Hôpital des femmes à Boston, se félicitent des résultats des deux premières études. Ils rappellent toutefois que les antirétroviraux pris de façon préventive par des séronégatifs ne devraient jamais être vus comme pouvant se substituer aux préservatifs.

Bien que nous n'ayons pas d'indication d'un usage moindre des préservatifs dans ces études, nous devons nous assurer qu'une prévention avec des antirétroviraux avant une exposition au virus n'encourage pas indirectement des comportements sexuels risqués.

Éditorial

Ils affirment cependant que cette méthode doit être considérée comme une partie de la stratégie de prévention de l'infection par le virus du VIH-sida.

Cet effet « protecteur » avait déjà été établi chez les homosexuels.

Avec les informations de Agence France-Presse

Santé