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Les deux mains sur le volant en temps de crise économique

Jean Charest

Jean Charest au volant de son autobus de campagne (novembre 2008)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Lors de la campagne électorale de 2008, Jean Charest demandait aux Québécois d'avoir les « deux mains sur le volant » pour faire face à la tempête économique qui secouait alors la planète.

Le Parti libéral estime avoir tenu ses promesses au cours des quatre dernières années où il a formé un gouvernement majoritaire, malgré une récession en 2008-2009.

« Nous avons connu une performance exceptionnelle sur le plan économique pendant la période de la crise financière et économique », lançait le premier ministre lors de son bilan de fin de session, en juin dernier.

Le Québec a connu une période de croissance économique plus forte que celle de l'Ontario et de l'ensemble du Canada au cours des dernières années, s'est-il aussi vanté.

Mais au-delà de la rhétorique partisane, le Québec a-t-il vraiment mieux fait que les autres? Comment se compare le Québec avec les autres provinces canadiennes et d'autres pays dans le monde? Voici les faits.

Plus de chômeurs... et plus de travailleurs

Plusieurs fermetures d'entreprises ont fait la manchette dans les médias lors du dernier mandat des libéraux. On peut penser aux centres d'appels IQT Solutions, à Trois-Rivières et à Laval, à l'usine d'électroménagers Mabe, à Montréal, et aux ateliers d'entretien aéronautique d'Aveos, à Dorval.

Des conflits de travail ont aussi mis des travailleurs sur le trottoir, comme à l'usine de Rio Tinto Alcan, à Alma, à la papetière WhiteBirch, à Québec, et lors du lock-out au Journal de Montréal.

Si le taux de chômage a augmenté dans la province de 2008 à 2012, il est important de noter que de nombreux travailleurs se sont aussi remis à chercher un emploi durant cette période. Résultat : il y a aujourd'hui plus de Québécois sur le marché du travail.

En 2008, on comptait 3,9 millions de travailleurs à temps plein et à temps partiel, pour 307 000 chômeurs. En 2012, ils étaient 4 millions à travailler, alors que 331 000 autres se cherchaient du travail. Le taux de chômage au Québec a aussi augmenté moins rapidement que la moyenne canadienne, qui est passée de 6,6 % à 7,2 % au cours des quatre dernières années.

Par ailleurs, le Québec s'en est beaucoup mieux sorti que bon nombre de pays développés, touchés plus durement par la crise économique mondiale. Le taux de chômage était de 8,2 % aux États-Unis en juin 2012, alors qu'il était de 10,3 % pour l'ensemble de l'Union européenne.

Certains pays ont vu le nombre de chômeurs augmenter considérablement ces dernières années. C'est notamment le cas de l'Espagne, où un travailleur sur quatre est actuellement à la recherche d'un emploi.

Travailleur d'Aveos
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Travailleur d'Aveos

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Le retour des déficits

En mars 2009, la ministre des Finances Monique-Jérôme Forget présentait le premier budget déficitaire en 10 ans pour le Québec, touché par la crise économique mondiale. La baisse des impôts payés par les entreprises et les particuliers et la réduction des revenus tirés de la TVQ avaient réduit les revenus de la province.

Au même moment, le gouvernement annonçait qu'il injectait près de 800 millions de dollars pour soutenir l'économie québécoise et préparer la relance.

Depuis, le gouvernement travaille à réduire l'importance des déficits et à renouer avec l'équilibre budgétaire, ce qui devrait être fait en 2013-2014.

De toutes les provinces canadiennes, c'est au Québec que le fardeau de la dette est le plus important. Le poids de l'endettement en Ontario est deux fois moins important, alors que la dette d'Ottawa correspond au tiers de son PIB.

Mais encore une fois, le Québec peut se consoler en se comparant avec d'autres États développés. La dette du gouvernement américain équivaut maintenant à 100 % de son PIB, alors que la moyenne des pays de l'Union européenne dépasse les 80 %.

Le poids des politiques

Si la situation au Québec semble s'être détériorée à première vue, il ne faut pas oublier que 2008-2012 fut une période de fortes turbulences économiques et de lente reprise de la croissance. La crise économique mondiale, suivi de la crise de la dette en Europe, a gonflé les dettes publiques et garni les rangs des chômeurs.

Quelle est la part de responsabilité des politiques libérales dans l'évolution de l'économie québécoise ces dernières années? Quelle est la part de la conjoncture économique? Ça, c'est une tout autre question.

Sources : Eurostat, OCDE, Institut de la statistique du Québec, ministère des Finances du Québec, Statistique Canada.

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