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Des citoyens veulent libérer le nord du Mali

Une manifestation à Bamako au Mali
Une manifestation au Mali pour réclamer des armes afin de libérer le nord du pays. Photo: La Presse canadienne / Harouna Traore
Radio-Canada

Quelque 2000 Maliens du nord du pays réclament des armes pour libérer leur région occupée depuis plus de trois mois par des groupes armés dominés par des islamistes. Mercredi, les manifestants ont organisé un sit-in, place de l'Indépendance, à Bamako, pour appuyer leurs revendications.

Si l'armée ne veut pas faire la guerre, qu'on nous donne les moyens de libérer nos terres! [...] Nous demandons la libération de notre pays.

Un responsable de la manifestation, Oumar Maïga

Le député touareg Nock Ag Attia, l'une des personnalités présentes à la manifestation, a déclaré à l'AFP que les milices qui avaient pris possession du nord du pays ne représentaient pas les Maliens. « Au Mali, les Touaregs, les Peuls, les Songhoïs [des communautés du nord du pays] ne partagent pas les bêtises du MNLA [rébellion touareg], du MUJAO et d'Al-Qaïda [des groupes islamistes] », soutient M. Ag Attia.

Ces Maliens veulent lancer « un message fort aux autorités, pour qu'elles sauvent le Mali et le tissu social qui est fortement entamé », selon la présidente d'une ONG féminine malienne pour la paix, Fatoumata Maïga. « Les discours, les voyages ne vont pas résoudre les problèmes du Mali, il faut des actions concrètes », a-t-elle dit. De nombreux Maliens se sentent abandonnés par leur gouvernement qui tente de trouver un soutien international.

Bamako, au MaliBamako, au Mali

Le premier ministre malien du gouvernement de transition, Cheick Modibo Diarra, et plusieurs membres de son gouvernement ont multiplié les voyages à l'étranger pour plaider la cause du Mali. Ces efforts internationaux du gouvernement de transition s'effectuent pendant que le président par intérim Dioncounda Traoré est réfugié en France. Ce dernier y séjourne depuis le 23 mai après avoir été frappé et blessé dans son bureau par des manifestants opposés à son maintien au pouvoir pour diriger la transition d'un an.

Un coup d'État perpétré par des éléments de l'armée malienne a plongé le Mali dans le chaos, le 22 mars dernier. Le putsch qui a eu raison du président Amadou Toumani Touré a précipité la chute du Nord aux mains de divers groupes armés. Le gouvernement de transition mis en place lors du retrait des putschistes est demeuré incapable de mater l'insurrection.

Les groupes armés qui ont pris le contrôle du nord du Mali

  • Mouvement national de libération de l'Azawad (MLNA)
  • Ansar Dine (Défenseur de l'islam)
  • Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)
  • Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO)

Ansar Dine, AQMI et le MUJAO se sont retournés contre le MLNA, qu'ils ont mis en déroute le 27 juin dernier à la suite de violents combats qui ont fait 35 morts. Les groupes islamistes ont ainsi bouté le MLNA hors du Gao, l'une des trois régions administratives qui composent le nord du pays. Les deux autres régions administratives formant le Nord sont le Kidal et Tombouctou.

Des islamistes d'Ansar Dine près de Gao dans le nord du MaliDes islamistes d'Ansar Dine près de Gao dans le nord du Mali Photo : AFP / ROMARIC OLLO HIEN

Les islamistes ont ainsi renforcé leur emprise sur le Nord où de nombreuses exactions sont commises, selon des ONG locales et internationales. La région est abandonnée à ces groupes armés depuis que le gouvernement et l'armée - humiliée, démoralisée et sous-équipée - ont quitté la région.

Au cours des derniers jours, des hommes d'Ansar Dine ont détruit 7 des 16 mausolées de saints musulmans de Tombouctou, ville classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ils détruisent les lieux historiques « au nom de Dieu », selon une interprétation rigoriste de la charia, la loi religieuse islamique.

Devant l'impuissance du gouvernement malien, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) organise un mini-sommet à Ouagadougou avec des représentants du Mali pour former un gouvernement fort. La CEDEAO est disposée à déployer une force militaire au Mali, mais elle attend le feu vert des autorités maliennes et de l'ONU.

De leur côté, les islamistes se préparent également à une éventuelle intervention de la CEDEAO. Ils ont miné les alentours du Gao pour se prémunir contre une telle offensive ou une contre-offensive du MLNA.

Avec les informations de Agence France-Presse

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