•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Autorité palestinienne accepte d'exhumer le corps d'Arafat

Yasser Arafat, en compagnie de sa femme, Suha, le 29 octobre 2004, à Ramallah.
Yasser Arafat, en compagnie de sa femme, Suha, le 29 octobre 2004, à Ramallah. Photo: AFP / Hussein Hussein
Radio-Canada

L'Autorité palestinienne accepte d'exhumer le corps de son défunt leader, Yasser Arafat. Cette décision est annoncée après que le réseau Al-Jazira eut divulgué que celui-ci pourrait avoir été empoisonné au polonium-210.

Saeb Erekat, ancien négociateur de l'Autorité palestinienne, a indiqué que l'Autorité palestinienne réclamait une enquête internationale sur « l'assassinat » de Yasser Arafat, comme celle qui a été mise sur pied pour enquêter sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri.

Les révélations de la chaîne qatarie, qui s'appuient sur des analyses effectuées à l'Institut de radiophysique de Lausanne, en Suisse, ont poussé la veuve de Yasser Arafat, Suha, à réclamer l'exhumation du corps de ce dernier à des fins d'autopsie.

Yasser Arafat est mort le 11 novembre 2004 à l'Hôpital militaire Percy, en banlieue de Paris, à 75 ans. Il a été enterré à Ramallah, en Cisjordanie, où se trouve le siège de l'Autorité palestinienne.

« Après la diffusion du documentaire d'Al-Jazira, j'ai rencontré aujourd'hui le président Abbas et j'ai recommandé d'accepter l'analyse du corps du président martyr Arafat », a déclaré à l'AFP Taoufic Tiraoui, chef de la commission d'enquête palestinienne sur la mort d'Arafat.

« M. Abbas a accepté, à condition que [la] veuve [d'Arafat], Suha Arafat, et son neveu, Nasser al-Qidwa, représentant de la famille, l'approuvent », a-t-il ajouté.

Des vêtements de Yasser Arafat, sa brosse à dents et son chapeau ont été fournis à Al-Jazira par la veuve du défunt président de l'Autorité palestinienne afin d'y effectuer des tests en laboratoire, les premiers depuis sa mort.

Selon le directeur de l'Institut de radiophysique de Lausanne, le Dr François Bochud, ils contenaient des niveaux élevés et anormaux de polonium-210, un élément chimique radioactif et toxique à des doses infimes par inhalation ou ingestion.

Après avoir subi, le 25 octobre, une première intervention chirurgicale dans son quartier général de Ramallah, en Cisjordanie, Arafat a vu sa santé se dégrader, se plaignant de douleurs à l'estomac et de vomissements.

Démenti d'Israël

« Arafat voulait le succès de la cause palestinienne pour [la création] d'un État palestinien et c'est pour cette raison qu'ils se sont débarrassés de lui », a déclaré sa veuve.

Israël a démenti toute implication dans la mort du leader historique palestinien.

« Le corps est entre leurs mains. Il est à Ramallah et, vraiment, toutes les clés sont entre leurs mains », a déclaré mercredi l'ancien patron du Shin Bet, le service de contre-espionnage israélien, Avi Dichter, au micro de la radio militaire israélienne.

En 2004, le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, avait estimé qu'il était « scandaleux » et « faux » d'imaginer une implication de l'État hébreu dans la mort d'Arafat.

Le cas le plus connu d'empoisonnement au polonium est celui de l'ex-espion russe Alexandre Litvinenko, mort en décembre 2006, à Londres.

Selon une enquête britannique, la substance mortelle avait été versée dans son thé, alors qu'il rencontrait un autre ancien espion russe dans un restaurant de sushi de Londres.

Avec les informations de Al-Jazira

International