•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La ministre Bev Oda quitte la vie politique

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
La ministre Bev Oda à la Chambre des communes

La ministre Bev Oda à la Chambre des communes

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La ministre fédérale de la Coopération internationale, Beverley J. Oda, dont les partis d'opposition ont plus d'une fois réclamé la démission, quitte la vie politique.

Dans un message publié sur son site Internet personnel, Mme Oda annonce qu'elle a fait part au premier ministre Stephen Harper de son intention de démissionner de son poste de députée de Durham, en Ontario. Cette démission sera effective le 31 juillet prochain.

« En tant que ministre de la Coopération internationale, j'ai eu l'occasion de voir les difficultés des personnes les plus vulnérables dans le monde et de constater la grande compassion des Canadiens envers ceux qui sont dans le besoin », écrit Mme Oda dans son message.

Dans un communiqué, le premier ministre Stephen Harper a remercié sa ministre pour « son travail acharné et son dévouement » et a estimé qu'elle pouvait être fière de son bilan. « Sous la direction de Bev, le Canada a mis sur pied une initiative visant à sauver la vie de mères, d'enfants et de nouveau-nés dans les pays en développement. Bev a également amélioré les programmes d'aide du Canada en matière de responsabilisation et d'efficacité, en plus de parrainer les importants efforts déployés à la suite des tragédies humaines survenues en Haïti, au Pakistan et dans la Corne de l'Afrique », a-t-il souligné.

Les partis d'opposition se réjouissent du départ de cette ministre mêlée à plusieurs controverses.

Pour le député du Nouveau Parti démocratique Alexandre Boulerice, « Mme Oda va passer à l'histoire, non pas pour son travail pour soulager les souffrances des plus démunis sur la planète, mais pour ses dépenses somptueuses ». Mais ce n'est pas parce que « la ministre des scandales » vient de quitter le cabinet Harper qu'il n'y a plus de scandales au Parti conservateur, a-t-il ajouté.

« Les seuls qui sont stupéfaits et tristes, ce sont les propriétaires d'hôtels de luxe et les compagnies de limousines », a pour sa part affirmé, cinglant, le député libéral Denis Coderre.

Coûteux séjour à Londres

En avril dernier, la ministre Oda avait dû présenter des excuses pour avoir utilisé l'argent des contribuables pour payer une partie d'un séjour au luxueux hôtel Savoy, à Londres.

En juin 2011, Bev Oda s'était rendue dans la capitale britannique pour représenter le Canada à une conférence internationale sur la vaccination des enfants dans les pays pauvres. Elle devait loger au Grange St. Paul's Hotel, où se déroulait la rencontre.

Or Mme Oda a plutôt demandé à son personnel de l'installer au Savoy, près de la Tamise, un endroit qui accueille nombre de familles royales, et qui appartient au prince saoudien Alwaleed. La note d'hôtel pour le Savoy s'est élevée à 1995 $ pour trois nuits, soit 665 $ la nuitée. Mme Oda y a notamment consommé un jus d'orange qui a coûté 16 $.

Le foyer de l'hôtel Savoy à LondresAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le foyer de l'hôtel Savoy à Londres

Photo : La Presse canadienne / AP/Kirsty Wigglesworth

Un outrage au Parlement évité de peu

Au printemps 2011, le déclenchement de la campagne électorale avait permis à Mme Oda d'éviter une condamnation pour outrage au Parlement (Nouvelle fenêtre) par un comité permanent de la Chambre des communes.

Mme Oda avait admis avoir fait de fausses déclarations en comité parlementaire et aux Communes à propos du refus d'une subvention fédérale à l'organisme humanitaire Kairos.

L'opposition avait forcé la ministre Oda à admettre en Chambre que c'était à sa demande que sa chef de cabinet avait modifié la demande de financement de l'organisme Kairos. Cette dernière avait écrit le mot « NOT » (NON) sur le formulaire de Kairos, laissant croire que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) recommandait qu'on lui refuse la subvention.

La ministre avait présenté des excuses aux membres du comité permanent pour avoir laissé entendre que ce n'était pas elle qui avait fait modifier ce document.

Bref passage au Patrimoine

Issue du milieu de la télévision, Bev Oda représente la circonscription de Durham, en Ontario, depuis 2004. Elle a été à la tête du ministère du Patrimoine canadien et de la Condition féminine en 2006-2007.

Pendant ce mandat, elle avait fait l'objet de nombreuses critiques au Québec, notamment parce qu'elle ne parle pas français. Elle s'était également attiré les foudres du milieu culturel parce qu'elle avait retardé la mise en oeuvre d'un programme de subventions des festivals alors qu'une une somme de 30 millions de dollars avait été débloquée à cet effet dans le budget conservateur.

C'est lors du remaniement ministériel d'août 2007 que Mme Oda s'est vu confier le portefeuille de la Coopération internationale. Elle aura 68 ans lorsqu'elle quittera ses fonctions, à la fin du mois.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !