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Gros plan sur le patrimoine mondial de l'UNESCO

Le Taj Mahal, joyau le plus parfait de l'art musulman en Inde, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983

Le Taj Mahal, joyau le plus parfait de l'art musulman en Inde, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983

Photo : AFP / Andrew Caballero-Reynolds

Radio-Canada

Les habitants de Tombouctou, au Mali, sont témoins de la démolition des tombeaux de saints musulmans par des islamistes radicaux, impuissants devant le saccage de ce site classé patrimoine mondial en péril par l'UNESCO. Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse, fait maintenant partie du patrimoine mondial de l'UNESCO, tout comme le site de Bethléem en Cisjordanie, un des creusets du conflit israélo-palestinien. Mais que signifie faire partie de cette liste du patrimoine mondial?

La Liste du patrimoine mondial comporte 962 biens constituant le patrimoine culturel et naturel que le Comité du patrimoine mondial considère comme ayant une valeur universelle exceptionnelle, selon le site de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Cette liste comprend 745 biens culturels, 188 naturels et 29 mixtes répartis dans 157 pays. Depuis mars 2012, 189 États ont ratifié la Convention du patrimoine mondial.

Parmi les sites les plus célèbres, on y retrouve la grande muraille de Chine, le palais de Versailles en France et l'Acropole d'Athènes en Grèce.

Une étude réalisée entre 1987 et 1993 avait révélé que les sites européens, reconnus pour leur architecture chrétienne et « élitiste, » étaient surreprésentés au sein de la liste, alors que les cultures vivantes, et en particulier les « cultures traditionnelles, » étaient sous-représentées.

Le Comité du patrimoine mondial a donc lancé en 1994 sa « stratégie globale pour une liste du patrimoine mondial équilibrée, représentative et crédible. »

Son objectif est « d'élargir la définition du patrimoine mondial pour qu'elle reflète davantage la diversité des trésors culturels et naturels de notre monde. »

Depuis 1978, le parc national Nahanni, dans les Territoires du Nord-Ouest, fait partie de la liste du patrimoine mondialAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Depuis 1978, le parc national Nahanni, dans les Territoires du nord-ouest, fait partie de la liste du patrimoine mondial

Grand-Pré couronné

La plus récente réunion du comité du patrimoine mondial a débuté à Saint-Pétersbourg le 24 juin et s'achèvera le vendredi 6 juillet. Au cours de cette réunion, 26 sites auront été ajoutés la Liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le paysage de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse, fait maintenant partie des sites qui se sont vu accorder le statut de patrimoine mondial.

C'est dans ce village que la Déportation des Acadiens a commencé en 1755. En bordure de la baie de Fundy, le site est donc non seulement reconnu pour la beauté de son paysage, mais aussi parce qu'il s'agit d'un lieu historique hautement symbolique pour ses habitants.

Avec Grand-Pré, le Canada compte 16 sites sur la liste du Patrimoine mondial.

Le dernier site à être entré sur cette liste se situe dans le nord-ouest de la Russie, dans la taïga sibérienne. Le parc naturel des colonnes de la Lena se distingue par de spectaculaires falaises escarpées de plus de 100 mètres de haut qui longent le fleuve Lena, a précisé l'UNESCO dans un communiqué. Elles sont nées du climat continental extrême en Iakoutie, où l'amplitude des températures atteint parfois 100 degrés Celsius, allant de -60 °C l'hiver à +40 °C l'été, indique l'UNESCO.

Les sites inscrits à la liste du patrimoine mondial en 2012

Sites naturels:

  • le site fossilifère de Chengjiang (Chine)
  • le Trinational de la Sangha (Congo, Cameroun et République centrafricaine)
  • le parc naturel des colonnes de la Lena (Russie)
  • les Ghâts occidentaux (Inde)
  • les lacs d'Ounianga (Tchad)


Sites culturels:
  • l'opéra de Bayreuth (Allemagne)
  • les activités perlières, témoignage d'une économie insulaire (Bahreïn)
  • les sites miniers majeurs de Wallonie (Belgique)
  • Rio de Janeiro, paysages cariocas entre les montagnes et la mer (Brésil)
  • le paysage de Grand-Pré (Canada)
  • le site de Xanadu (Chine)
  • la ville historique de Grand-Bassam (Côte d'Ivoire)
  • le Bassin minier du Nord-Pas de Calais (France)
  • le Paysage culturel de la province de Bali: le système des subak en tant que manifestation de la philosophie du Tri Hita Karana (Indonésie)
  • les sites de l'évolution humaine du Mont-Carmel: les grottes Nahal Me'arot/Wadi el-Mughara (Israël)
  • Masjed-e Jamé d'Ispahan (Iran)
  • Gonbad-e Qabus (Iran)
  • le patrimoine archéologique de la vallée de Lenggong (Malaisie)
  • Rabat, capitale moderne et ville historique: un patrimoine en partage (Maroc)
  • le lieu de naissance de Jésus: l'église de la Nativité et la route de pèlerinage, Bethléem (Palestine)
  • la ville de garnison frontalière d'Elvas et ses fortifications (Portugal)
  • le pays Bassari: paysages culturels Bassari, Peul et Bédik (Sénégal)
  • le patrimoine du mercure. Almadén et Idrija (Slovénie/Espagne)
  • les fermes décorées de Hälsingland (Suède)
  • le site néolithique de Çatal Höyük (Turquie).


Site mixte :
  • le lagon sud de Rocks Islands (Palaos).

Patrimoine en péril

« Les conflits armés et la guerre, les séismes et autres catastrophes naturelles, la pollution, le braconnage, l'urbanisation sauvage et le développement incontrôlé du tourisme posent des problèmes majeurs aux sites du patrimoine mondial. »

L'UNESCO a ainsi conçu une liste du patrimoine mondial en péril pour « informer la communauté internationale des conditions menaçant les caractéristiques mêmes qui ont permis l'inscription d'un bien sur la liste du patrimoine mondial et pour encourager des mesures correctives ».

La grande mosquée Djingareyber de Tombouctou.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Édifiée en 1325, la grande mosquée Djingareyber est construite à base de terre crue.

Photo : AFP / ISSOUF SANOGO

À la liste de ces patrimoines menacés, deux sites au nord du Mali ont récemment été ajoutés. À Tombouctou, les islamistes du mouvement Ansar Dine ont entrepris le 30 juin de détruire tous les mausolées de la cité. Située en bordure du désert, la prestigieuse cité sahélienne est inscrite au Patrimoine mondial par l'UNESCO depuis 1988.

En raison des combats qui font rage dans le nord du Mali, le Tombeau des Askia, dans la région de Gao, a aussi été inscrit sur la liste du patrimoine en péril. Il comprend notamment un tombeau en forme de pyramide ainsi qu'une mosquée, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2004.

Les démolitions de bâtiments religieux au Mali rappellent le sort des bouddhas de Bamiyan, dans le centre de l'Afghanistan, détruits par les talibans en 2001. Malgré leur appartenance à la liste du patrimoine mondial, aucun projet de reconstruction de ces statues géantes n'a été à ce jour concrétisé.

Controverse

Le 29 juin, L'UNESCO a inscrit d'urgence au patrimoine mondial le site de l'église de la Nativité de Bethléem, en Cisjordanie. Haut lieu de pèlerinage, Bethléem est le premier site palestinien inscrit sur la liste.

Cette inscription d'urgence a cependant suscité la controverse. Alors que le gouvernement palestinien s'en est réjoui, Israël a contesté le recours à la procédure d'urgence, qui laissait entendre selon elle qu'elle « ne protégeait pas le site ».

Ce n'est pas la première fois que l'organe des Nations Unies se retrouve mêlé au conflit israélo-palestinien. En octobre 2011, la Conférence générale a décidé d'admettre la Palestine comme membre à part entière de l'UNESCO. Suite au vote sur cette adhésion, le Canada, les États-Unis et Israël ont décidé suspendre leur contribution financière à l'UNESCO.

Le site de l'église de la Nativité de Bethléem, en Cisjordanie, a été inscrit par l'UNESCO au patrimoine mondial.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le site de l'église de la Nativité de Bethléem, en Cisjordanie, a été inscrit par l'UNESCO au patrimoine mondial.

Photo : AFP / MUSA AL SHAER

Fonctionnement

La Liste du patrimoine mondial est établie par le comité du patrimoine mondial de l'UNESCO. Composé de représentants de 21 États signataires de la Convention du patrimoine mondial, le comité se réunit une fois par an.

Les membres du comité ont un mandat de 6 ans, mais la plupart choisissent volontairement de n'y rester que pour 4 ans, afin de donner aux autres États la possibilité d'en faire partie. L'élection de nouveaux membres a lieu tous les deux ans.

Les États qui ont ratifié la Convention du patrimoine mondial ont accès, dans certains cas, au Fonds du patrimoine mondial. Selon l'UNESCO, ce fond dispose d'environ 4 millions de dollars américains par année pour favoriser la préservation et la promotion du patrimoine. L'assistance d'urgence peut aussi être accordée pour réparer les dommages causés par les catastrophes naturelles ou par l'activité humaine.

Avec les informations de Agence France-Presse, et UNESCO

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