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La Commission scolaire de Montréal dépose un budget déficitaire

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Commission scolaire de Montréal

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) a dévoilé vendredi son budget prévisionnel pour l'année 2012-2013. Il accuse un déficit historique de 47,5 millions de dollars, pour un montant total de 978,3 millions. Un plan d'action va être mis en place avec l'objectif d'un retour à l'équilibre pour l'année 2015-2016.

Les difficultés financières de la CSDM ne datent pas d'aujourd'hui. L'an dernier, la plus importante commission scolaire du Québec (110 000 élèves, 16 000 employés et 200 établissements) avait présenté un budget en déficit de 19 millions. Un manque à gagner qui a été reporté dans l'exercice suivant.

La présidente de la CSDM, Diane de Courcy, met ces déficits récurrents sur le compte de ressources limitées et de dépenses en hausse. Elle évoque notamment les « sommes astronomiques » investies dans le « programme de qualité de l'air intérieur » qui vise à résoudre les problèmes de contamination fongique dans plusieurs écoles. Un « imprévu » qui a déjà coûté 8 millions pour assainir cinq établissements et nécessite d'investir 68 autres millions pour les 29 écoles identifiées comme particulièrement à risque.

La présidente met également en avant les défis particuliers auxquels la CSDM doit faire face, et qui impactent sa situation financière. Elle cite pêle-mêle l'accueil des écoliers ne parlant pas le français, le soutien aux enfants issus de milieux défavorisés, les services offerts aux élèves handicapés ou encore le transport scolaire.

La Fédération des commissions scolaires du Québec prévoyait que les commissions scolaires seraient plus nombreuses à afficher un déficit cette année, notamment en raison des compressions budgétaires de 150 millions de dollars décidées par le gouvernement du Québec au printemps.

Du côté des revenus, la commission comptait sur des subventions qui n'ont finalement pas été versées, ou dont les montants ont été revus à la baisse. Diane de Courcy souligne par ailleurs le sous-financement chronique de certains secteurs d'activités par le ministère de l'Éducation. « On avait des raisons d'y croire, et le rapport de la firme Price Waterhouse Coopers est venu le confirmer », indique la présidente. PwC évalue ce sous-financement à 14,6 millions.

Un plan d'action en trois volets

Dans ce contexte, la CSDM a mis sur pied un plan d'action pour réaliser des économies, et notamment réduire ses coûts administratifs qui sont plus élevés que ceux des autres commissions scolaires au Québec (voir encadré). « Les services directs aux élèves ne seront absolument pas touchés », tient cependant à souligner Diane de Courcy.

Ce plan s'articule autour de la simplification de la Commission scolaire. Les budgets des services centraux seront « substantiellement réduits et certains paliers, ou doublons, seront supprimés », signale le directeur général adjoint aux ressources financières, François Lavallée, qui convient que des postes vont certainement être coupées, sans préciser combien.

Il veut dans le même temps assainir la gestion de la CDSM en resserrant le suivi et le contrôle des budgets. La commission va également demander à ses employés de « faire des efforts sur l'assiduité et pour réduire les coûts de la santé et de la sécurité au travail », indique M. Lavallée.

Quant aux parents, ils seront eux aussi mis à contribution avec l'augmentation du prix des repas à partir de la rentrée ou la hausse des frais d'inscription au service de garde.

Dernier volet du plan, Diane de Courcy veut engager des discussions avec le ministère de l'Éducation pour revoir, à la hausse, les budgets alloués à la commission. Contacté par Radio-Canada.ca, l'entourage de la ministre Michelle Courchesne n'a pas souhaité s'étendre sur le sujet. Son cabinet dit surveiller de près le dossier et « travailler en étroite collaboration » avec la CDSM, soulignant que la commission avait les moyens financiers pour fonctionner et que ceux-ci augmentaient en moyenne de 3 % par an.

Du côté de l'Association montréalaise des directions d'établissement, on nourrit « un peu d'inquiétudes », témoigne son président, Gaétan Neault. « Certaines pistes avancées sont intéressantes. La structure de la CSDM peut être allégée, c'est sûr. Mais il ne faut que pas que cela se fasse au détriment de sa mission éducative », observe-t-il en redoutant que les services directs aux élèves ne soient finalement impactés.

8436 $ par élève

Selon les derniers indicateurs de gestion disponibles du ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport, ceux de l'année 2008-2009, la CSDM présentait un coût moyen par élève supérieur à ceux des autres commissions scolaires comptant 5000 élèves et plus.

Avec un coût de 8436 $ par élève par année, la CSDM, qui compte environ 110 000 élèves, dépassait de quelque 1600 $ le montant dépensé par les commissions scolaires de 35 000 élèves et plus. Plus du quart (27 %) de cette différence de 1600 $ était attribuable aux coûts d'administration liés aux biens meubles et immeubles. Ces coûts représentent 17 % du montant dépensé par élève.

À l'échelle montréalaise, le montant investi par élève à la CSDM dépassait de 885 $ la somme moyenne dépensée par les commissions scolaires de la région administrative de Montréal.

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