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Le titre de RIM chute de 20 % après l'annonce de pertes records

Téléphones BlackBerry
(archives) Photo: AFP / Damien Meyer
Radio-Canada

L'action du fabricant du BlackBerry, Research in Motion, a chuté vendredi, à la suite du dévoilement jeudi de résultats financiers désastreux, alors que les analystes doutent de la possibilité de rebondir pour l'entreprise.

L'action de RIM affichait un recul de 20,3 % à la fermeture à la Bourse de Toronto, vendredi, pour se situer à 7,54 $.

L'entreprise de Waterloo, en Ontario, a déclaré qu'elle allait éliminer environ 5000 emplois à l'échelle mondiale, soit un sur trois, pour réaliser des économies de 1 milliard de dollars.

RIM reporte aussi au début de 2013 le lancement du BlackBerry 10, manquant ainsi le marché très lucratif de la rentrée d'automne et des Fêtes. Ce nouveau produit constituait un élément clé de la relance de RIM.

La société a affiché une perte de 518 millions de dollars américains lors du dernier trimestre, alors qu'elle avait engrangé des profits de 695 millions à la même période en 2011. Ses revenus sont quant à eux en baisse de 43 %, à 2,8 milliards de dollars américains.

Lors d'une conférence téléphonique, le PDG de RIM, Thorsten Heins, a dit s'attendre à de mauvais résultats durant encore plusieurs trimestres.

Des avis pessimistes

« Du point de vue des chiffres cela pourrait difficilement être pire et cela ne va qu'empirer », commente Edward Snyder, directeur de Charter Equity Research à San Francisco, qualifiant les résultats de « désastreux ».

« Les licenciements ne sont pas gratuits », souligne pour sa part Shaw Wu, analyste pour Sterne Agee à San Francisco. « Il faut qu'ils soient très prudents avec leur solde de trésorerie. C'est à présent une question de survie. »

Au moins un analyste s'est demandé, à la suite de cette annonce, comment RIM pourra lancer son système d'exploitation BlackBerry 10 alors qu'elle procède à des licenciements aussi importants.

« Nous croyons que la décision de reporter le lancement du BlackBerry 10 a été prise récemment. Il ne reste à RIM que des produits inférieurs dans le marché saturé et très concurrentiel des téléphones intelligents », soutient l'analyste Peter Misek de la firme Jefferies.

Certains analystes se demandent même si le BlackBerry 10 verra le jour.

« Compte tenu de la situation, il y a des chances qu'on ne voit jamais un appareil BlackBerry 10 sur le marché », a écrit l'analyste Kris Thompson, de la Banque Nationale, dans une note. « Est-ce que les consommateurs et les entreprises vont encore attendre la sortie d'une nouvelle plateforme? Non! », dit-elle.

« Les perspectives pour RIM sont de plus en plus sombres », a écrit pour sa part Bank of America Merril Lynch dans un rapport vendredi matin, qui ne « croit pas que RIM soit en mesure de mettre en marché son propre écosystème » pour concurrencer les produits d'Apple ou encore Google et son système d'exploitation Android.

Plus tôt cette semaine, l'action de RIM a chuté à la suite d'une décote de la firme d'investissement Morgan Stanley. Des articles dans la presse britannique avançaient que la société pourrait se scinder et envisageait notamment de vendre sa division de fabrication d'appareils, ce qu'a démenti la compagnie.

Peter Misek juge quant à lui qu'il est peu probable que RIM soit vendue avant le lancement du BlackBerry 10, mais estime la valeur réelle de l'action à 5 $.

Par ailleurs, selon des sources interrogées par l'agence Reuters, RIM pourrait abandonner son système d'exploitation pour adopter le logiciel Windows 8 de Microsoft. Microsoft rachèterait une part du capital de RIM et financerait certaines dépenses. Une autre option serait que RIM cède son réseau à une société de capital-investissement ou une société technologique, selon ces sources.

Avec les informations de La Presse canadienne, Reuters, et The Wall Street Journal

Économie