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Un rapport relève de graves problèmes de sécurité à l'Institut Pinel

L'institut Philippe-Pinel (archives)

L'institut Philippe-Pinel (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un rapport d'enquête qui se penche sur la prise d'otage survenue à l'Institut Philippe-Pinel le 29 avril 2011 conclut que cet hôpital, qui accueille des criminels psychiatrisés, souffre de lacunes importantes en matière de sécurité.

Obtenu par le quotidien La Presse, le document rédigé par six enquêteurs issus notamment des parties patronales et syndicales, souligne que l'institut demeure vulnérable aux prises d'otage, aux tentatives d'évasion et aux attaques contre son personnel soignant.

Le rapport se penche particulièrement sur le cas d'Alain Ducap, un violeur récidiviste qui a pris en otage trois employés de l'institut en les menaçant avec un couteau et une fausse arme à feu.

« Les dernières statistiques démontrent que depuis 2008, on a eu une augmentation de 150 % de travailleurs blessés à la suite d'interventions physiques », précise Karine Cabana, présidente du syndicat des employés de l'institut, en entretien sur les ondes du Réseau de l'information.

Elle attribue cette situation au manque de formation et d'outils pour fouiller les patients, et déplore la lenteur de la direction à opérer les changements nécessaires.

« On a vu un changement majeur au cours des années 2000, où une grande majorité des gens d'expérience sont partis à la retraite, explique Mme Cabana. On a eu l'embauche massive de nouveaux travailleurs, et le transfert de connaissances ne s'est pas fait de façon normale. L'institut n'a pas adapté sa formation à cette nouvelle main-d'oeuvre. »

Une centaine de recommandations

Dans le rapport, les enquêteurs formulent une centaine de recommandations qui concernent surtout les procédures de fouille des patients et la formation du personnel. Ils proposent entre autres, en plus des détecteurs de métal, d'installer un système de scanners corporels, comme dans les aéroports, qui permettraient de voir si les patients transportent sur eux des objets dangereux.

Dans un communiqué envoyé mercredi, la direction de l'institut affirme qu'elle s'engage à examiner, dès cet été, le rapport et ses recommandations, et à proposer un plan d'action. L'institut rappelle également que des travaux d'améliorations ont été réalisés pour améliorer la sécurité de l'établissement.

Mais selon la présidente du syndicat des employés de l'institut, ces « améliorations » sont insuffisantes. « Les changements apportés par la direction - réaménagement de bureaux, installation de fenêtres dans les portes - sont seulement de nature physique, mais au niveau des formations [...], il n'y a rien qui a été changé », déplore-t-elle.

Plusieurs criminels notables ont été internés à l'Institut Philippe-Pinel, de Karla Homolka à Valérie Fabrikant. L'établissement accueille actuellement l'ancien cardiologue Guy Turcotte, qui a assassiné ses deux enfants.

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