•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les politiques de la SCHL contribuent à la crise du logement, selon l'IRIS

Philippe Hurteau, chercheur à l'IRIS

Philippe Hurteau, chercheur à l'IRIS

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les politiques d'accès à la propriété de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) contribuent à faire perdurer la crise d'accessibilité au logement au Québec et fragilisent l'économie canadienne, selon une étude de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

Ces politiques favorisent la construction de condominiums au détriment du logement locatif et du logement social, ce qui accroît la pénurie de logements et fait grimper les prix, au détriment des moins nantis, selon Philippe Hurteau, chercheur à l'IRIS et coauteur de l'étude, publiée mercredi.

« Au milieu des années 1990, le gouvernement fédéral a décidé d'abandonner la construction de logement social et de logement locatif par l'entremise de la SCHL, ce qu'elle faisait traditionnellement, pour favoriser beaucoup plus des politiques d'accès à la propriété. Le résultat est qu'il y a une pénurie de logements locatifs », a affirmé M. Hurteau, en entrevue à RDI.

« Par exemple, à Montréal, cette année, il y a 183 unités de logement locatif en construction, contre 10 000 unités en condominiums, relève-t-il. Le taux d'inoccupation des logements est de 2,2 % à Montréal, 0,7 % à Québec et varie entre 0,1 et 0,3 % en Abitibi. » Un seuil d'équilibre se situe normalement à 3 %.

« On a des politiques d'accès à la propriété qui répondent à un certain besoin, les gens veulent s'acheter des condos, ce qui laisse de côté un besoin social de plus en plus important, qui est le logement locatif, tout en créant une situation de surchauffe du marché du condominium », ajoute le chercheur.

« Avec l'augmentation des mises en marché, l'augmentation des prix, il y a aussi une augmentation des unités de condo qui ne trouvent plus d'acheteurs. Donc, la situation nous fait craindre une déstabilisation du marché dans les années à venir », explique-t-il.

M. Hurteau soutient que, puisque la SCHL garantit les hypothèques, si le marché immobilier s'écroule, le gouvernement fédéral sera ultimement responsable et devra garantir le paiement des hypothèques de plusieurs ménages. « Déjà, les ménages canadiens sont surendettés, le taux d'endettement des ménages au Canada est de 152 %, donc la situation fragilise l'économie canadienne et qui fragilise l'état des finances publiques », dit-il.

Selon lui, les mesures prises la semaine dernière par le gouvernement fédéral pour resserrer davantage les règles en matière d'emprunt hypothécaire sont insuffisantes pour régler la crise actuelle. « C'est un pas dans la bonne direction, on atténue une situation qui était problématique, mais c'est insuffisant parce qu'il n'y a pas d'intention de revenir à une politique de construction de logements locatifs, ou du financement du logement social », affirme-t-il.

Selon lui, les gouvernements québécois et canadien devraient revenir à ces politiques, et la SCHL devrait prêter directement de l'argent aux ménages canadiens à un taux d'intérêt plus bas que celui du marché, au lieu de garantir des prêts hypothécaires, ce qui permettrait de sécuriser le marché immobilier.

L'IRIS est un institut de recherche « sans but lucratif, indépendant et progressiste », selon son site Internet. « L'Institut produit des recherches sur les grands enjeux de l'heure et diffuse un contre-discours aux perspectives que défendent les élites économiques », peut-on y lire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !