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Tunisie : crise au sommet de l'État après l'extradition de l'ex-PM libyen

L'ex-premier ministre libyen Mahmoudi Baghdadi au Palis de justice de Tunis le 8 novembre 2011.

L'ex-premier ministre libyen Mahmoudi Baghdadi au Palis de justice de Tunis le 8 novembre 2011.

Photo : AFP / FETHI BELAID

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'extradition de l'ex-premier ministre libyen provoque la première crise d'envergure entre le président de la République tunisienne, Moncef Marzouki, et le premier ministre, issu du parti islamiste Ennahda, Hamadi Jebali.

Au lendemain de l'annonce de l'extradition de Mahmoudi Baghdadi, le président Moncef Marzouki a réagi avec virulence après avoir appris la nouvelle par les médias, selon son conseiller.

Opposé à l'extradition de l'ex-premier ministre libyen, le président tunisien a publié un communiqué dans lequel il dénonce une extradition « illégale ». Le président Marzouki estime que cette extradition « ternit l'image de la Tunisie dans le monde ». Selon lui, le premier ministre Jebali sera responsable de tout ce qui pourrait arriver à l'ex-premier ministre libyen.

M. Marzouki s'est prononcé publiquement contre l'extradition avant les prochaines élections en Libye.

Samir Dilou, le porte-parole du gouvernement, s'est contenté de déclarer que la présidence de la République a été informée de l'extradition, en refusant de préciser clairement si c'était avant ou après l'extradition.

Les partis formant la troïka (Ennahda, le Congrès pour la République de l'actuel chef de l'État et Ettakatol de Mustapha Ben Jaâfar, président de l'Assemblée nationale constituante) doivent se réunir lundi exclusivement sur cette question.

Selon le quotidien tunisien La Presse, le président Marzouki a décidé de soumettre cette affaire, qu'il considère comme une « transgression de ses prérogatives », devant l'Assemblée constituante.

Selon le porte-parole du président de la République, « l'extradition de Mahmoudi relève de la politique étrangère de la Tunisie plus que du domaine de la magistrature et que la politique étrangère relève des prérogatives de la présidence de la République ».

Près d'un an de procédures

Dernier premier ministre du dictateur libyen déchu Moummar Kadhafi, M. Mahmoudi avait été arrêté en septembre 2011 dans le Sud tunisien alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Algérie.

Condamné à six mois de prison pour « franchissement illégal » de la frontière, il a été acquitté en appel, mais maintenu en détention à la suite de deux demandes d'extradition adressées par les autorités libyennes, qui l'accusent notamment d'avoir ordonné des viols de femmes en Libye.

La justice tunisienne a donné une suite favorable à ces demandes. Les avocats de M. Mahmoudi dénoncent quant à eux « une transaction » entre Tunis et Tripoli moyennant, selon eux, aides financières et investissements.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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