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Ottawa resserre encore les règles hypothécaires

Le ministre des Finances, Jim Flaherty

Le ministre des Finances, Jim Flaherty

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour la quatrième fois en quatre ans, le gouvernement fédéral modifie les règles en matière d'emprunt hypothécaire pour éviter une surchauffe du secteur immobilier et contrer le surendettement des Canadiens.

Comme le révélait Radio-Canada mercredi, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a annoncé que la période maximale d'amortissement pour les prêts assurés par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) sera ramenée à 25 ans plutôt que 30 ans. Notons que selon l'Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités, les prêts hypothécaires amortis sur 30 ans comptaient pour 40 % des hypothèques contractées en 2011-2012.

Le ministre Flaherty a aussi confirmé jeudi matin que les propriétaires pourront dorénavant réhypothéquer leur maison jusqu'à 80 % de sa valeur, au lieu de 85 %.

Ces changements seront imposés aux nouveaux emprunteurs dont le prêt est assuré par la SCHL, et ce, dès le 9 juillet. Ceux qui renouvellent un emprunt ne seront pas touchés.

De plus, le remboursement maximal brut du total des prêts hypothécaires des emprunteurs ne pourra plus à présent dépasser 39 % de leurs revenus, alors que le remboursement total des dettes d'un ménage (incluant entre autres les cartes de crédit et les prêts automobiles) passera de 45 % à 44 % de son revenu. Cette mesure vise à rendre les Canadiens moins vulnérables à un choc économique ou à une hausse des taux d'intérêt.

Moins de 5 % des nouveaux acheteurs seront touchés par ces changements et ne pourront pas devenir propriétaires, selon le ministre Flaherty. D'autres achèteront des maisons plus petites et moins chères, a-t-il ajouté. « Et je crois que c'est une bonne chose », a mentionné M. Flaherty, en soulignant que ces mesures visent tout particulièrement à refroidir le secteur des copropriétés à Montréal, Toronto et Vancouver.

« À Toronto en particulier, ce que j'ai vu et entendu [...], on parle d'une construction continue, sans restrictions, en raison d'une demande persistante [...], ce qui déforme le marché », a commenté le ministre.

Par ailleurs, le gouvernement n'assurera plus les prêts hypothécaires pour les maisons dont le prix d'achat est supérieur à 1 million de dollars.

L'économie canadienne en santé en raison de l'endettement?

Mark Carney, gouverneur de la Banque du CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada

En conférence de presse jeudi, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a de son côté tenu à prévenir les Canadiens qu'une tempête économique se prépare, les premiers nuages provenant d'Europe.

Selon M. Carney, la performance relativement positive de l'économie canadienne depuis la fin de la récession a essentiellement été alimentée par l'endettement, une donnée sur laquelle elle ne peut plus compter pour continuer à prospérer. L'endettement des ménages canadiens atteignait un taux sans précédent de 154,3 % de leur revenu au premier trimestre de 2012.

M. Carney a ensuite prévenu qu'il pourrait éventuellement décider de hausser les taux d'intérêt. Le taux directeur a été fixé à 1 % depuis septembre 2010.

Plus tôt jeudi matin, Jim Flaherty n'avait pas voulu commenter la possibilité qu'une hausse des taux d'intérêt survienne cette année au Canada. Il avait toutefois souligné que la Réserve fédérale américaine ne comptait pas augmenter les siens avant la fin de 2014, afin de stimuler l'économie américaine.

Une analyse de Desjardins publiée jeudi affirme quant à elle qu'en raison de la conjoncture mondiale, il sera très difficile pour la Banque du Canada de remonter ses taux directeurs avant l'automne 2013.

Avec les informations de La Presse canadienne, et The Globe and Mail

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