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Grande Bibliothèque : les employés manifestent de nouveau

La Grande bibliothèque

Photo : La Grande bibliothèque

Radio-Canada

Comme tous les mardis depuis plusieurs semaines, les employés de la Grande Bibliothèque de Montréal ont manifesté pour dénoncer le fait qu'ils sont sans contrat de travail depuis un an. Cette semaine, cependant, la question du port du carré rouge est venue s'ajouter.

Le contrat de travail des quelque 400 employés représentés par le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) est échu depuis le mois de juin 2011. En janvier dernier, tous les employés de Bibliothèque et Archives nationales du Québec s'étaient prononcés en faveur d'un accroissement des moyens de pression pouvant mener à une grève.

Les 10 séances de négociations avaient jusque-là achoppé sur de nombreux points, dont le statut et les conditions de travail des employés surnuméraires.

Les employés manifestent tous les mardis depuis plusieurs semaines pour demander du progrès dans les négociations, mais cette semaine ils dénoncent également l'interdiction du port du carré rouge.

Dans une directive émise à la fin mai, la direction de la Grande Bibliothèque a interdit le port du carré rouge aux employés. Une directive que la majorité des employés ont respectée, mais les manifestions hebdomadaires ont pris une autre portée, selon le président du syndicat des employés, Jean-François Sylvestre.

« Il y a eu une baisse de mobilisation avant l'affaire du carré rouge et un coup qu'il y a eu l'affaire du carré rouge, les gens se sont mobilisés davantage », dit-il.

Dans une lettre adressée au PDG de la Grande Bibliothèque, Guy Berthiaume, M. Sylvestre précise que « ce carré rouge n'a d'autre valeur que cette accessibilité aux études ».

« Depuis quelques jours, les chefs de service demandent à ces employés - de manière non officielle - de ne plus porter ce carré rouge, car ils ne respecteraient pas l'obligation de neutralité qu'implique le service à la clientèle dans une institution gouvernementale », explique M. Sylvestre.

M. Sylvestre concède que ce symbole « peut constituer une image controversée ». « Mais devons-nous reculer, oublier notre identité sous couvert de neutralité dès lors qu'un sujet de société a été décrété comme suspect par une idéologie qui est au pouvoir et qui contrevient aux droits et traités internationaux? », demande-t-il.

Le respect des uns (les usagers) doit-il nécessairement passer par le silence des autres (vos employés)? Trop souvent dans ce monde le silence a causé violence et oppression. [...] Notre voix est désormais réprimée de toute part : 35 heures par semaine sur notre lieu de travail suite à vos consignes, dans nos rues par la police, dans les médias de masse qui l'ostracisent, dans les médias sociaux avec la loi 78. Nous sommes au bord de l'asphyxie!

Lettre du président du syndicat des employés de la Grande Bibliothèque

M. Sylvestre souligne par ailleurs que d'autres employés du gouvernement, notamment ceux de la SAQ, essayent de défendre le port du carré rouge avec le soutien de leur syndicat, alors que les professeurs des cégeps et des universités - aussi employés de l'État - n'ont pas reçu d'interdiction de le porter.

Il conclut en demandant au PDG de la Grande Bibliothèque ce qu'il adviendrait si le gouvernement fédéral présentait une loi pour abroger le droit à l'avortement. « Toutes les femmes qui composent nos services publics devront-elles oublier qu'elles sont des femmes sous prétexte qu'elles travaillent pour le gouvernement et qu'elles sont au service à la clientèle? », lance-t-il.

Renaud-Bray se défend

Attaquée elle aussi pour avoir interdit le port du carré rouge, la direction de Renaud-Bray a publié lundi un communiqué visant à « corriger certains faits et revenir sur les arguments faux et non fondés qui ont circulé dans les réseaux sociaux ».

« Contrairement à ce qui a été affirmé, il n'y a eu aucun cas de suspension d'employé suite au port d'un insigne révélant une quelconque appartenance politique ou idéologique en succursale », peut-on lire dans le communiqué de la direction de Renaud-Bray.

Un rappel de la politique d'entreprise a toutefois été acheminé aux succursales, mentionnant que Renaud-Bray « s'attend à ce que ses employés demeurent neutres lorsqu'ils sont en fonction, en évitant d'arborer un quelconque signe distinctif en support à une cause ou une autre ».

Le communiqué rappelle toutefois que cette politique a été adoptée en 2005 et « se conforme à la vaste majorité des pratiques adoptées dans le commerce de détail ».

Société