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Armstrong dans le collimateur

Lance Armstrong
Lance Armstrong Photo: La Presse canadienne / Jim Urquhart
Radio-Canada

Lance Armstrong fait l'objet d'une procédure disciplinaire de la USADA. L'agence le soupçonne de dopage pour ses sept victoires au Tour de France de 1999 à 2005.

Dans une lettre de 15 pages envoyée par l'USADA (United States Anti Doping Agency) à Armstrong, et dont le quotidien américain Washington Post a obtenu copie, l'organisme fait de nouvelles allégations à l'endroit du cycliste.

Des échantillons de sang prélevés en 2009 et 2010 « correspondent pleinement à des manipulations du sang, dont l'utilisation d'EPO et/ou des transfusions sanguines ».

Ces accusations pourraient coûter à Armstrong ses sept titres du Tour de France. Il est aussi immédiatement banni de toute compétition de triathlon, un sport qu'il a commencé à pratiquer après le vélo.

Il devait participer au triathlon Ironman de Nice, le 24 juin, mais les organisateurs ont fait savoir jeudi qu'ils avaient éliminé le nom de l'athlète américain de la liste des inscrits.

« Le règlement de la World Triathlon Corporation, qui gère la compétition, stipule qu'un athlète ne peut pas prendre la ligne de départ si une procédure est engagée contre lui », a expliqué Delphine Vivet, chargée des médias pour Ironman France.

Armstrong a dit à l'agence Associated Press qu'il quittait la France pour retourner aux États-Unis.

La décision de la USADA survient à peine quatre mois après que le bureau du procureur général des États-Unis à Los Angeles eut abandonné sa propre enquête pour dopage, sans porter d'accusations criminelles.

Armstrong a réagi par voie de communiqué.

« Je ne me suis jamais dopé et, contrairement à plusieurs de mes accusateurs, j'ai participé à des compétitions d'endurance pendant 25 ans sans pic de performance, subi plus de 500 tests et n'en ai jamais échoué un. Le fait que l'USADA ignore ce fait et m'accuse moi plutôt que ceux qui ont déjà admis s'être dopés en dit plus long sur l'USADA, son manque d'équité et cette vendetta que sur ma culpabilité ou mon innocence. »

Lance ArmstrongLance Armstrong Photo : AFP / Jamie Squire/Getty Images

La lettre de l'USADA, envoyée mardi, accuse Armstrong et cinq associés, dont le médecin italien Michele Ferrari et le directeur sportif Johan Bruyneel, d'avoir fomenté un vaste complot de dopage entre les années 1998 et 2011. Une dizaine de cyclistes en auraient été témoins.

L'organisme précise qu'Armstrong aurait utilisé de l'EPO, des transfusions sanguines, de la testostérone, des corticostéroïdes et des agents masquants. Il aurait aussi distribué et administré des drogues à d'autres.

Il a jusqu'au 22 juin pour répondre par écrit aux accusations. Il attend de voir les preuves de l'agence américaine, bien qu'il dit mettre en doute ses tactiques.

Cause solide

Selon la directrice du laboratoire de contrôle antidopage de l'INRS, Christiane Ayotte, l'USADA doit juger sa cause solide pour ainsi porter des accusations.

« Si elle s'en va à la guerre et qu'elle n'a pas l'armure nécessaire, ça peut jouer contre elle et contre tout le mouvement antidopage, explique-t-elle. Alors, on peut penser qu'ils sont solidement équipés, sinon ils n'auraient pas été assez fous pour entrer dans ce jeu-là et risquer de tout perdre, même leur crédibilité. »

Grâce à l'implantation du « passeport sanguin », qui garde en banque tous les résultats de tests des athlètes sur une longue période, il n'est pas nécessaire d'avoir trouvé directement des traces de produits dopants dans un prélèvement pour porter des accusations, note Mme Ayotte.

« Des modifications qui seraient anormales pourraient être suffisantes pour porter des accusations de dopage, même si on ne trouve pas la trace de la substance qui les aurait causées. »

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