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La nourriture de rue pourrait faire un retour à Montréal

Vision Montréal souhaite l'adoption d'une réglementation uniforme sur la nourriture de rue.

Photo : John T. Greilick

Radio-Canada

Les kiosques de nourriture ambulants pourraient être de retour dans les rues de Montréal après une interdiction d'une soixantaine d'années. Devant une demande de plus en plus forte, le comité exécutif de la Ville de Montréal lance une étude sur la vente d'aliments sur le domaine public. L'opposition officielle réclamait déjà un débat sur la question.

Le comité exécutif a indiqué mercredi avoir confié l'étude à la commission permanente sur le développement économique et urbain et sur l'habitation.

« Depuis quelques années, la bouffe de rue gagne en popularité. Ce phénomène s'inscrit parfaitement dans l'esprit de Montréal en tant que ville créative, festive et gastronomique », a déclaré le maire Gérald Tremblay dans un communiqué. « J'invite d'ailleurs les citoyens et les acteurs socioéconomiques à participer aux études publiques de la commission pour exprimer leur opinion et formuler des recommandations ».

Le dossier n'est pas simple et plusieurs aspects de ce type de commerce seront évalués.

« Bien que le phénomène gagne en ampleur partout dans le monde, il soulève plusieurs questions d'ordre économique, urbanistique et social qui méritent d'être prises en considération. Dans cette perspective, il est important que la commission fasse une analyse des implications et des enjeux à ce sujet », a expliqué Richard Deschamps, vice-président du comité exécutif et responsable du développement économique, des infrastructures et des grands projets.

Même si la vente de nourriture dans les rues de la ville n'a pas droit de cité depuis 1947, les exceptions se sont multipliées.

On aperçoit de plus en plus de camions-restaurants dans les festivals et lors d'événements privés. Les terrains de juridiction provinciale et fédérale, comme l'esplanade du Parc olympique et les Quais du Vieux-Port permettent déjà la présence des vendeurs de nourriture ambulants.

Depuis 10 ans, les arrondissements peuvent autoriser et réglementer la vente de nourriture. Seul Verdun s'est cependant prévalu de ce droit.

L'opposition demande une stratégie uniforme

L'opposition officielle souhaite également que revienne la nourriture dans les rues de la métropole, mais pas n'importe comment.

D'ailleurs, le parti Vision Montréal compte toujours aller de l'avant avec la motion qu'il comptait déposer au conseil municipal lundi prochain. La motion demande que le comité exécutif élabore un projet de règlement autorisant la vente, la préparation et la consommation de nourriture sur le domaine public.

Selon la conseillère Véronique Fournier, il est temps que Montréal précise ce que l'on veut comme nourriture de rue pour l'ensemble de la ville.

« Est-ce qu'on veut de la bouffe santé? Gastronomique? Seulement dans les festivals? Une panoplie de questions se posent actuellement. Nous demandons un plan-cadre pour la ville qui s'appliquera de façon locale dans les arrondissements. Pas 19 manières différentes », a précisé la conseillère.

L'ARQ s'oppose au projet

Au lendemain de l'annonce de la Ville, l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ) réitère son opposition à l'arrivée de ce type de restauration dans les rues de Montréal.

Même si elle estime légitime la démarche de la Ville, l'ARQ dit dans un communiqué s'opposer formellement « à une libéralisation aveugle de ce type d'activité ».

L'organisme craint que ces éventuels commerces ambulants viennent concurrencer déloyalement les restaurateurs traditionnels en suivant la clientèle au gré de ses déplacements.

« Nous croyons que si la Ville souhaite autoriser davantage ce type de pratique, elle devra la limiter à des parcs et des espaces publics prescrits et, par équité, obliger ces commerces à respecter les mêmes normes et à payer les mêmes taxes que les autres », a déclaré François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'ARQ.

L'ARQ entend participer activement aux travaux de consultation que réalisera la Ville.

L'organisme représente plus de 6500 établissements de restauration sur l'île de Montréal.

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