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Un enseignant suspendu pour avoir montré la vidéo de Magnotta à ses élèves

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Valérie, élève de l'école Cavelier-De LaSalle

Valérie, élève de l'école Cavelier-De LaSalle

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La décision d'un enseignant de l'école secondaire Cavelier-De LaSalle, à Montréal, de montrer à ses élèves la vidéo du meurtre dont est accusé Luka Rocco Magnotta, a provoqué une onde d'indignation dans le milieu scolaire.

L'enseignant de 29 ans a livré sa version des faits aux représentants du secteur des relations de travail de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), mercredi après-midi. Celle-ci doit maintenant procéder à des vérifications additionnelles avant de statuer.

La Commission scolaire et la direction de l'école secondaire ont condamné « d'une seule voix le geste d'un enseignant qui a fait visionner à ses élèves une vidéo au contenu aussi inapproprié qu'offensant. »

La CSMB parle d'un « geste inadmissible » et dit que toutes les options sont envisagées, allant jusqu'au congédiement de l'enseignant.

La vidéo où l'on assiste au meurtre de l'étudiant d'origine chinoise Lin Jun a été visionnée par les élèves en classe le 4 juin dernier. La même journée, la direction de l'école a mis à la disposition des étudiants une cellule de crise formée de psychologues.

Les élèves qui en ressentent le besoin peuvent à nouveau faire appel à cette équipe de psychologues mise à leur disposition mercredi.

Réagissant à la nouvelle du visionnement de la vidéo dans le cadre d'un cours, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a estimé qu'il s'agissait d'un « manque de jugement total » de la part de l'enseignant. La ministre dit ne pas comprendre ce qui a pu motiver sa décision.

Je ne vois aucune vertu pédagogique à l'intérieur de quelque chose comme ça.

Michelle Courchesne, ministre de l'Éducation

Un vote majoritaire des étudiants

Valérie, une élève de 16 ans, a expliqué à Radio-Canada que c'est à la demande des étudiants que le professeur a décidé de montrer la vidéo à tout le groupe, à l'issue d'un vote effectué dans la classe. « Les gens ont fait un vote pour voir qui voulait voir la vidéo ou pas. Au début, le prof n'était pas certain de vouloir nous la montrer, parce que c'est sûr que c'est une mesure pédagogique "moyenne". Finalement, la majorité l'a emporté, donc il nous a montré la vidéo et c'est bouleversant », dit-elle.

Sur les quelque 25 étudiants du groupe, seulement trois ont voté en défaveur de la proposition, selon Maude Aubin-Boivin, 17 ans, l'une des étudiantes du professeur sanctionné.

Je ne sais pas si c'était vraiment pertinent finalement. Au début, on voulait tous vraiment savoir ce qui s'était déroulé, comment ça s'était passé. Mais, en y repensant, peut-être que ce n'était pas la bonne mesure à prendre.

Valérie, élève de l'école Cavelier-De LaSalle

Après le visionnement de la vidéo, explique Laurent, un autre élève de la classe, le professeur a demandé aux étudiants ce qu'ils en pensaient et ce qu'ils pensaient de la diffusion de cette vidéo sur Internet.

Je suis vraiment déçu que le professeur ait des conséquences, parce qu'en fait, c'est de notre faute.

Laurent, élève de l'école Cavelier-De LaSalle

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) précise de son côté qu'il effectue des vérifications pour déterminer si des plaintes ont été logées et si, par conséquent, une enquête a été ouverte.

Les autorités veulent également voir s'il y aurait lieu de porter des accusations contre l'enseignant en vertu des dispositions du Code criminel.

Avec les informations de La Presse canadienne, et La Presse canadienne

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